Théorème citadin
Aux plantes, un petit bout de vie s’en va comme il est venu
De petits yeux curieux, de los que pueden aclarar todo
Ils ont croisé le feu des miens, repris l’avenue
Je les ai baissés, à la venue d’une autre idée
Aux plantes je les ai relevés, dans ceux d’une inconnue
A Nantes en septembre, dans une chaleur maintenue
La bise venue sur une joue à tendre, une joue tendue
Un banc tend ses deux bras, le mien
Ce banc est ma prise, à l’enfant partie
Elle se voulait possessrice du jardin
Dans cette fin de jour j’en veille au moins ce banc
Pas une brise au jardin, mes yeux s’éveillent quand même
J’invite à mon banc ces yeux, cette bise inconnue
L’invite à une rencontre, toujours un théorème
Et au rythme des plantes, on cause au jour
On passe parfois des heures, d’entente
On passe par là les fleurs, les plantes, les choses du jour
On passe par la rue, la place
Les forains sous platane, bientôt à l’automne
On place en ces pas des mots
Qui tôt ou tard se font regards
On replace des mots, on repasse des rues
On brasse mots et regards au café
On, comme une ville qui passe alentours
Une ville de passants autour d’un café
On marche, on roule, on glisse sur les heures
Au soir les mots ont fait
Nos yeux rasseoir sur des marches, effet de ?
De la nuit, de ce qu’on voudrait surseoir au temps
Souscrivant à l’instant face aux forêts de passants
Du Jardin à Royale à Graslin
Sous la nuit qui tombe, couvant l’orée d’au revoir
Pas encore, car des trombes de mots, de regards
Du Jardin à Graslin, sourds au heures
Il n’y a pas à signer, juste à sourire
Des gestes plus évanescents signent
Et puis soudain la nuit soupire
Alors Graslin s’indigne, s’allume
S’allume de sourires, pour ne pas voir le soir finir
Mais la nuit n’est pas une fin, on peut sourire encore
Au recoin de deux verres qui me regardent
De marches sur lesquelles on s’attarde
Graslin s’allume, les traits s’assombrissent
Sûrement les traits ont-ils senti la brise
Sous le vent ils reprennent un sourire
Reprennent la rue, soulevée par nos pas
Par au revoir on entend parfois d’autres mots
Un au revoir prend parfois corps
Dans un bientôt ou un encore
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle
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