Théorème citadin - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Théorème citadin

Aux plantes, un petit bout de vie s’en va comme il est venu

De petits yeux curieux, de los que pueden aclarar todo

Ils ont croisé le feu des miens, repris l’avenue

Je les ai baissés, à la venue d’une autre idée

Aux plantes je les ai relevés, dans ceux d’une inconnue

A Nantes en septembre, dans une chaleur maintenue

La bise venue sur une joue à tendre, une joue tendue

Un banc tend ses deux bras, le mien

Ce banc est ma prise, à l’enfant partie

Elle se voulait possessrice du jardin

Dans cette fin de jour j’en veille au moins ce banc

Pas une brise au jardin, mes yeux s’éveillent quand même

J’invite à mon banc ces yeux, cette bise inconnue

L’invite à une rencontre, toujours un théorème

Et au rythme des plantes, on cause au jour

On passe parfois des heures, d’entente

On passe par là les fleurs, les plantes, les choses du jour

On passe par la rue, la place

Les forains sous platane, bientôt à l’automne

On place en ces pas des mots

Qui tôt ou tard se font regards

On replace des mots, on repasse des rues

On brasse mots et regards au café

On, comme une ville qui passe alentours

Une ville de passants autour d’un café

On marche, on roule, on glisse sur les heures

Au soir les mots ont fait

Nos yeux rasseoir sur des marches, effet de ?

De la nuit, de ce qu’on voudrait surseoir au temps

Souscrivant à l’instant face aux forêts de passants

Du Jardin à Royale à Graslin

Sous la nuit qui tombe, couvant l’orée d’au revoir

Pas encore, car des trombes de mots, de regards

Du Jardin à Graslin, sourds au heures

Il n’y a pas à signer, juste à sourire

Des gestes plus évanescents signent

Et puis soudain la nuit soupire

Alors Graslin s’indigne, s’allume

S’allume de sourires, pour ne pas voir le soir finir

Mais la nuit n’est pas une fin, on peut sourire encore

Au recoin de deux verres qui me regardent

De marches sur lesquelles on s’attarde

Graslin s’allume, les traits s’assombrissent

Sûrement les traits ont-ils senti la brise

Sous le vent ils reprennent un sourire

Reprennent la rue, soulevée par nos pas

Par au revoir on entend parfois d’autres mots

Un au revoir prend parfois corps

Dans un bientôt ou un encore

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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