Théorème citadin, después
Dérive ou dérivé du Théorème citadin
Aux plantes, un p’tit bout de vie s’en va comme il est v’nu
Un grand bout d’automne, un p’tit bout d’hiver
Et puis l’on boude hier, trop monotone ?
De petits yeux curieux, ils ont croisé le feu des miens
Pas de cure à ça, le feu s’est bien ancré
La brûlure de ça, c’est d’l’encre et des pensées
Aux plantes je les ai relevés, dans ceux d’une inconnue
Et j’s’rais bien resté planté là, sur elle apparue
Mais l’Ouest s’est éventé là, sur nos corps nus
Un banc tend ses deux bras, les miens
Un blanc tend ces deux-là
Un grand élan puis l’feu l’a eu
L’invite à une rencontre, toujours un théorème
Le temps passe et rien n’est du pareil au même, hein ?
J’gravite toujours, dans c’théorème citadin
Au rythme des plantes on cause au jour
Mais on s’plante et cause aux joues, des larmes
On s’coud aux joues, les secousses qui fanent
On, comme une ville qui passe alentours
Mais tout passe et l’on vrille après un tour
Tout passe et on s’pille les joues
…sur des marches, effet de ?
Peu sûre démarche maintenant, effet de…
Effet de la fin, nos mains n’se tenant plus
Sous la nuit qui tombe, couvant l’orée d’au revoir
Sous la nuit tombée, cuvant l’or de l’histoire
Après un crépuscule brûlant, cuvée hors pair
Pas encore car des trombes de mots, de regards
Et là les corps pour ces tombes de mots
Accrochant les regards des seuls corbeaux
Il n’y a pas à signer, juste à sourire
Il y aura à en saigner, mais en sourire
Juste ce qu’il faut, de l’aura d’nos soupirs
Des gestes plus évanescents signent
On s’initiait l’un à l’autre, mais vient l’absence
Juste ce qu’il faut, de l’aura d’nos soupirs
Et puis soudain la nuit soupire
Elle s’est lassée de nous sourire
Et sous d’insensibles lueurs, nous prend pour cible
Graslin s’indigne, s’allume
Graslin ! laisse là l’humeur ! dis : fin
La liesse a pris fin
S’allumer de sourires, pour ne pas voir le soir
Là, fumées, à s’décevoir on les inspire
La fin m’est un feu, une pièce noire
Mais la nuit n’est pas une fin, on peut sourire encore
De quoi a-t-elle faim, si les soupirs la lassent ?
Peut-être de souvenirs, seul lalala qui n’passe pas
Au recoin d’deux verres qui me regardent
J’aimerais qu’ils retardent, comme une montre
J’aimerais qu’ils dardent encore, d’une rencontre
Graslin s’allume, les traits s’assombrissent
Graslin ! Eteins ton humeur et tire un trait
On était complices, seuls les yeux vrombissent
Sûrement les traits ont-ils senti la brise
Leçon prise au centuple, le sang tumultueux
Le son qu’c’t’histoire a pris, j’entends muer son feu
Sous le vent ils reprennent un sourire
Sous la fin ils se reprennent d’un soupir
Et à la fin s’désapprennent un théorème
Par « au revoir » on entend parfois d’autres mots
On s’entend, on s’entendait, on s’entendit
On sent tant d’illusions déçues dans nos mots
Un « au revoir » prend parfois corps
Dans un adieu, une fin d’accord
Dans de grands yeux qu’on lui imaginait pas pour décor
Dans un « bientôt » ou un « encore » …
Ça dit bien trop et pas assez
Ça dit bien fin, déjà lacée
Rencontre, toujours un théorème
On battait au rythme des distances
On est battus au rythme des distances
La rencontre ainsi se distend
Ils se disent tendres encore, sûrement
Ils s’irisent encore sûrement, du théorème
Mais sûrement n’est pas une réponse
Théorème désappris en quelque temps
Et dans quelque temps, des après
Dès à présent je théorise à vide
De ce souvenir qui m’électrise
D’un théorème citadin, sans plus de prise
Jules
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle