Zarautz

De passage ou de promenade

La promenade est un passage

Même aux regards seuls, assis

D’ici ou d’ailleurs, sages ou moins

Des lueurs, des bruits, des odeurs

Un ciel acier dont la fureur ne cède pas

Une lourdeur dans l’air, mais des mines légères

Le ciel acier reste là : haut, frondeur

Sans fulminer, à se fondre aux recoins de l’horizon

La mer, le ciel, le passage, ici ou au loin ils nous font l’heure

Le jour a culminé depuis longtemps

La baie dans le golfe, prête à tout cueillir

Le golf dans la baie se prête au jeu encore

La baie s’est ranimée sur le fil, s’apprête

Elle s’affaire en tenues, de plage ou soignées

Les formes féminines ressortent, aux regards seuls, assis

Dans l’aire chacun ses prismes, ses trésors ténus

Des formes de rayons, d’un ciel acier

Dans les recoins du sable, un banc esseulé

Déplacé là dans le doré, vert et occupé

Cibles de regards mais pas seuls assis

Homme et femme, désirables à leur façon : así

Visibles comme deux points, deux peaux brunies

Pas de phare par ici, alors deux points

Des regards par ci, de l’or de sable, de l’acier de ciel

A chacun sa part, avant d’en partir

Port aux regards, qu’aucun mot n’a mieux à dire

Puis quelque part tout s’assombrit, le ciel acier a mieux à dire

Tout est hangar au contre-jour

Ça sombre ici, là-haut, contre la joue du soleil

En cartes on joue le soir à des tables de fer

De jeunes filles en terrasse, petite troupe légère

A l’écart un homme aux bordures de peau blanche

L’éclat du collant noir, comme la marque maintenue

Un lecteur aussi, assis seuls ici

L’écart est mince entre un livre et l’horizon

Tous deux repères, masculins et paternels

Comme le crépuscule qui vient, comme un pagne temporel

Sur un lecteur de père et une Espagne acier dans le ciel

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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