Vendée Globe 2024 | Vendredi 29 novembre 2024

Pris d’un peu de lenteur, à maugréer après this light wind

« We are living there three months… »

Et l’on se met à poétiser sous géographie

La lande est infinie, mouvante

Mais en mer on est cette maison, ou 39

« … on this tiny island » itinérante

Chorégraphie des terres alors, ou d’extraits de celles-ci

On s’imagine territoire, on fantasme des risées

On évite à tout prix de se supposer dérisoire

Et puis l’on est vite repris par la course qui reprend

On se repenche aussi, sur ces heures écoulées

« Hier ça a été une journée incroyable »

Fier il faut dire, puisque sous les vents, les records ont volé

Dans l’éclatante vitesse « on fait 615 milles »

Cette île-là diront certains, en a fait du chemin

« temps absolu en monocoque solitaire »

Sceptique ? pas lui en tout cas

Absolvant avec trois autres, les heures tankés dans des molles

Tout est encas pour un après, mais se préservant aussi

Car tout est là : ne pas avoir effrité son île

A en soupçonner ses concurrents d’avoir ralenti, volontairement

Il suppose « des vrais soucis techniques » n’ayant pas fuité

A l’entendre on y croirait « je les ai vraiment trouvés lents »

Toute dérive est suspecte mais sous spectre de course

On se sait riverain du secret : qu’on ne sait pas tout

On n’enseigne pas aux marins à faire la limace

Juste quelques grimaces quand on dépasse à toute blinde

A peine derrière on sort d’une quasi même veine de vent

« ça a été bien sport » de l’Atlantique à l’Indien

A pleine balle à l’appel de l’océan d’après

Vers « l’arrivée dans le grand Sud » pour des séances d’âpreté

A l’appel ils répondent pour beaucoup, dessous Bonne-Espérance

Et l’on dit à terre aussi, qu’incrÔyable elle est, au fond

« la nouvelle génération de bateaux »

Ils sont un genre d’intempérance appliqué à l’élément

Appliqués chacun à générer à son marin des émotions

Dans ces temps plus resserrés, celles aussi qu’on ne communique pas

Sous scellé d’équipe ou solitaire, à l’heure où le bord n’est plus droit

En paroles on se fait déroutant, comme iconoclaste

The past is the past : what’s the point ?

On passe tout silence, on reparle des allées de mer à venir

« Les mêmes vagues qu’on a dans l’Atlantique »

Leur appétit en est creusé comme la houle à dessiner

A gué entre deux mondes : « c’est juste que là-bas… »

La porte est plus étroite « t’as pas le droit à l’erreur »

Que l’océan qui secoue est un rythme déjà pris

Mais surtout c’est « que personne ne vient te secourir »

On parle d’un mois à faire ce tour d’un pôle

L’Indien s’ouvre au large de l’Afrique, sous plus que des résidus d’air

« il est très long ce Sud » en las olas frías

« Hélas » on ne sait pas s’ils se le disent ?

Que la grande droite en a terminé de les porter

Il a été « mis fin à ce très long bord bâbord amure »

On est en droit de réparer, sortir ou ne rien en dire

« Le Gennak’ quand j’ai une opportunité »

Afin d’être mieux parés pour l’après

Après : ce mot répété, quasi mesure voire unité

Après : telle est la destination de tout mouvement

Sermon des plus répétitifs avant d’autres semonces

L’Atlantique n’était-il qu’en apéritif ?

« On a manœuvré cette nuit en tête de flotte »

L’attentisme est à bannir, dans la mer autrement tissée

On a œuvré à se rapprocher, à « l’occasion de nombre d’empannages »

Un temps à créer des isthmes, dirait l’un

En plein agencement d’anguleux tracés

A des vitesses moins langoureuses, plus entrelacées

« Les voilà tous à dessiner de jolis escaliers »

Ayant bon espoir sous le cap, de récupérer plus vite

Loin d’en finir, sous des airs autrement métissés

L’élan sous la capuche, à construire sur des lignes moins épurées

En pensées « pas tant la vitesse que le placement… »

Qui permettra de descendre en tête ?

« … qui permet de prendre l’ascendant »

Personne ne semble imperméable aux pépins

Que l’on en rie, que l’on n’en dise rien

On ne cherche ni à se poser, ni à se susurrer du vain

Mais à « se positionner stratégiquement »

Dépêcher des efforts « en vue du futur vent »

Ou s’échapper d’un peu plus loin derrière

S’en tenir à la ligne ou tenter d’innover 

« Pour se maintenir dans l’étroit couloir de vent »

Au gré comme les précédents ?

D’ « angles d’incidence bien vus »

Pour faire comme eux, précipités dans l’Indien

Qui bien avant « ont réussir à s’extraire »

Des terres qui s’extraient : des îles

Des îles qui s’extirpent de l’archipel

A croire qu’il n’y aurait guère qu’à les suivre ou imiter ?

Kerguelen dans quelque temps

Or non, tous savent que copier conduit à la bévue

Chaque sentier est unique, le reste est guêpier

« this is what the front looks like »

Même s’il faut épier l’horizon, les positions des autres

« Sunrise & sail change, we are ready… »

Pour un peu moins de sel et d’écume, moins de blancheur au sillage

« … for a day of light wind » et l’idée est celle-ci

D’admettre ainsi « that’s it we lost the train »

He must admit ? ou ment-il pour plus loin ? moins fertile en vent

« We are in a different game » ou des gammes distinctes

Diffère-t-il ? s’entend ; « but the moment itself has its beauty »

Jean-Marie Loison-Mochon

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