Vendée Globe 2024 | Samedi 30 novembre 2024
Le retard se décompte, mais pas tant sur lui
« d’environ 1800 milles au moment où le premier… »
Les comptes ont plus que quadruplé, épatants si l’on veut
Entre un dernier à la voile déchirée, puis celui qui « a franchi… »
Pas tout à fait comme une habitude, mais ses pattes en avance
« … la longitude de Bonne-Espérance » par son sillage blanchi
La saveur du lointain, d’un village quitté depuis longtemps
L’allonge qu’il a mise à des concurrents, quand d’autres à la garde encore
Le concours jusque-là était prélude
Non qu’il fût de se prélasser
Mais à la saveur d’une veine bien exploitée
« à savoir du vent bien orienté »
Et quelques espaces métamorphosés en temps
De matin en soir sur « une mer pas trop formée »
Le malin viendra plus tard, il fallait surtout filer
A la faveur de « traces dont rêvent sans doute… »
Des marins de l’arrière, ou des expérimentés partant bientôt
El mar : un théorème maintes fois pensé, une fois vécu
Par temps attendu, par temps éprouvé, pas d’une plaisance mais :
Celui du présent, ce livre qui s’ouvre et se referme dans l’instant
Comme des fenêtres sur les suivants, refermées
Pas l’enfer mais « les retardataires se sont fait aspirer… »
Aigrement, à s’en faire mal aussi pourtant, pour suivre
En route mais pris « … par du vent plus faible »
Si l’on remonte, y a-t-il quelque chose de plus fiable ?
Que d’être devant, le mont déjà entamé ou gravi :
La plaine déjà parcourue, la houle déjà montée
Pour voir avec moins de gravité la vague suivante
La peine est moindre si l’on sait avoir doublé déjà, le Temps
L’avoir étiré ou divisé, à l’inné, à la chance ou par l’intelligence
« les marins ont tiré sur les machines » et troublé l’âme ?
Des navires qui autour de l’Antarctique pourraient se dire
Que les conditions sont à sévir par trop, sous des ciels autrement étoilés
« à quel point, par exemple, il accepte de naviguer surtoilé »
Les comptes y seront faits, l’essentiel pour l’heure étant d’y être
Les étangs d’hier ou les étendues les plus altières offertes
Comme des homologues : sont derrière
Où la raison opérait, scène quittée
« fin du scenario-couloir » : l’Indien donnera-t-il aussi ?
Quitus, pour l’entrée dans cette boucle
Dans ces bouts du monde dont faire un tour, africain ou Aussie
Les bouderies de l’onde, les fâcheries des bateaux
Qui bien qu’harnachés pourraient fléchir, à trop avoir donné
« le vent ne va pas être très stable » il faut le réfléchir :
Presque en miroir, le franchir sans le toucher à l’excès
A l’excitation de « ceux qui vont vouloir attaquer »
Dans de fines poches d’air, à loucher sur la meilleure option
« Dans les prochaines heures… » le jeu, l’enjeu : j’y vais
« … de placer son point d’empannage »
Et vite, choisir, la route la mieux profilée
« plus conservatrice au nord » où s’en aller s’éloigner
Ou « face à la dépression, au risque de casser »
Haut risque de se déclasser dans les deux cas ?
Ou de passer, se faufiler à des allures enfiévrées
« Avec un vent de 40 nœuds de Nord » qui pince
« Qui me coince contre la zone des glaces »
Non pas des glas, puisqu’il vient de se faire éphémère 1er
De là-bas, il s’agirait de savoir ce que ces dépressions font
« la mer qu’elles engendrent » moins à roucouler
« probablement 6 à 7 mètres de houle » et le fatras correspondant
Choix à faire dimanche, aujourd’hui on avance
Foire des recherches et croisements, de données ou de concurrents
Il faudra choisir c’est vrai, déterminé !
Déterminer mieux, si la vie plus belle ici, là-bas
« est-ce que j’ai envie d’être là ? »
Devant ils devraient deviser ce mercredi, avec la tension
Avec toute l’attention que leur donnera cette « grosse dépression »
En direction de l’archipel autour de l’île Marion
D’où démarreront d’autres hostilités pouvant déliter
Faudra-t-il préférer la jouer « sécurité et gestion du matériel »
Ou cesser d’accentuer du plus aigu, sur la prudence un brin trop accrue
Sous ces auspices : téméraire ou parieur du long cours ?
L’imprudence jamais, mais la recherche essentielle
D’une recrudescence de vitesse, quoique celle
« sur laquelle tu te fais moins tabasser »
La base est ici : d’avancer à découvert sans trop s’ouvrir
De ses pensées, ou de semer dans toutes les têtes : du biaisé
Pour « sans doute voir des écarts en latéral »
Sur le terrain laminé de glaces au loin
Dans ces tourelles flottantes, filantes, pas tout à fait déconnectées––––––––
Du réel au temps des partages spontanés : auxquelles les équipes œuvrent
Elles sont là derrière, à des milles mais contribuent autant :
A démêler pour le grand public, ou les faire aimer
Tout en contribuant à ferrailler : entremêler des fils peut-être trop flagrants
Puisque la vérité a toujours des fragrances de mensonge
Puisse que là, vers l’itinéraire, on ne plonge pas trop dans le faux
Puis que s’en viennent ces nouvelles « de problèmes techniques aujourd’hui »
En retrait, dans une seconde flotte quelque peu semée
L’un assommé sans « pilote automatique principal »
A ces mêmes heures « victime d’un black-out » mais pas létal
Le sort sait asséner, et peut-être aux meilleures heures :
Pour eux, avant le Cap et Bonne-Espérance
Bonhomme qui oui a ses difficultés
Kiwi dont mine de rien, le bonhomme de chemin continue
Quand ici « scary & beautiful » soit sans une scarification à la surface
« it impresses me a lot » d’avoir tiré ce mauvais lot terne
Sans vent et à revers « I’m emotionnaly agitated »
Regard dans ses voiles qui se modèrent : ne faisant que giter
« Most of the time I deal with » mais sans un strapp d’air
Avance et dépression pour eux, absence pour lui « a dark strip there »
Jean-Marie Loison-Mochon