Vendée Globe 2024 | Vendredi 20 décembre 2024

Devant l’oracle a parlé, et trois courent de jour comme de nuit

La joue mise quasi dans le même vent

Le couvercle a perlé ce qu’il faut pour que ça reparte

La bise aux avaries, laissées, il « retrouve sa marche en avant »

Cercle vertueux réenclenché, c’est que même le revers du fer lui est favorable

Comme enduit d’un quelque chose permettant d’outrepasser

Il a « repris les commandes » et un bord prochain pourrait punir un défavorisé

D’une aile sur rien, quand les concurrents battent de deux

« le trio devrait repasser en bâbord amure »

Et l’amertume des bris passés pourrait monter, à mesure que l’écart ira pour croître

A 800 milles on ne fait pas une croix « ça s’active chez les poursuivants »

Chacun savamment posté sur sa petite île, dans son petit cloître

Jardin flottant, genre d’importation faite, du paradis en enfer :

Refuge autant que château, chacun son tour des pièces à réparer

L’équipée ne fait pas cavalier seul, à qui perd gagne on poursuit le vent

Relevant l’énergie comme des pions maintes fois tombés

Petite légion prête à damer l’égérie qu’est la mer

Rois ou reines, les jeux sont ouverts dans le mouvant des environs

Chacun sa mouvance, esseulant une stratégie ou ficelant une élégie

Chacun fléchit puis repart, le fou serait celui dont la folie s’incline face à la peur

L’air présent devant n’est pas l’ire présente pour les 30 à 32ème

Maugréant sous de légers rouges, des gréements prêts à se faire bouger

En Indien, les quarantièmes rugissants ou l’hydre de l’air

Ne finissant jamais de voir la tête pousser plus loin

A en perdre la sienne et repousser leurs limites

Bien au-devant de ces dernières menaces qui mitraillent

Il y a les tenaces du milieu, les tenants d’un système

Les tendances n’allant jamais du pareil au même

L’étendue des distances crée ses semis, comme elle qui « a cravaché »

Bien harnachée sûrement puisqu’elle « a souffert »

Quand le duo qui lui succède n’a pas su faire autrement

Pacifique, pacifique, qui opacifie les chemins pris

« bloqué entre une dorsale et un système dépressionnaire »

L’appréciable fût pour d’autres, et leur cheminement se fera plus délétère

De la terre on observe tout ce petit monde en repensant aux paroles

Bien précises et affables de l’un des plus proches poursuivants

« il ne faut pas oublier que ça reste une grosse aventure »

Sous hiver bientôt, parfois personne n’envierait leur été

Le sablier décompte et il se plaît à « essayer de trouver la route idéale »

La souplesse dans la virée, désir d’écornement maîtrisé

« je me fais énormément plaisir » et le résultat ?

« Le résultat… » le reste du temps, appartient au premier seul

Personne n’en est porteur sauf lui, même s’il n’est pas que cela

« il n’y a pas que la victoire qui est belle » : genre de phrase n’appelant qu’au convenu

Mis devant il en disconviendrait, car toutes les victuailles n’ont pas le même goût

Sans appel possible, devancer plutôt que devant céder : surpasse

Mais laissons dire ces petits mots de passe-passe « ce qui me plaît… »

Pour ne gâter aucune surprise future, c’est … « de régater »

D’ici à passer Noël ou après, les faits les plus durables peuvent s’effriter

Les vies des marins sont mises sur ce courant, alternatif et invisible

Mais en continu, de cette comptine usée qu’ils ne sont plus électrisés

Par les voies de la vie à bord mais devant : de la victoire

« et dès que j’ai trop d’énergie » ne pas croire qu’il ne saurait plus l’utiliser

Les ambitions, ferveurs et rêves pullulent en eux

Le retard de 1000 milles est une simple pilule à avaler

En mer vous comprendrez, que le verre ne peut jamais être à moitié vide

En ampères ils reprendront systématiquement

Mastiquant rêveurs, la pensée d’une coupe entière et bien remplie

Coups d’avance que le premier a, il est vrai

Mais personne n’a gravi l’Everest sans se soucier d’en bas

Ayant laissé les avaries dans son sillage, sûrement qu’il observe ces débats

De loin, savourant d’un rire peut-être, de continuer sur son élan

Continuum d’un trio qui pourrait rompre bientôt

« à plus de 800 milles d’écart » et l’engouement maintenu

Qui pour interrompre cette énième montée en rythme des meneurs ?

Quand pourtant tous « à évoluer dans le même système météo »

Un terrain on ne peut plus étendu « immense phénomène »

Offrandes faites aux mêmes mais partagées cette fois ?

Offrant des vues d’un rendez-vous à quelques semaines d’encablure ?

Dans ce cas brouiller tout ce qui pourrait laisser croire

Et préserver ce « qui s’étire sur une grande partie du Pacifique »

Dont trois pourraient sortir avancés, comme à deux pas du point

La météo les menant à vive allure, Némo même déjà passé

A vivre à l’unisson des retardataires toutefois

A quelle partie se fier, comment savoir qui saura ? démystifier

Ces mouvements « accaparent aussi tout le groupe des poursuivants »

Joliment dessinés, embrassant les mouvances d’une même étreinte

Cooptation par des échos et composantes de ce ciel qui les destine

Etirés quand au-devant « priorité était de veiller à une rotation de vent »

Les tirades désarticulées n’étant à lire que quand l’Antarctique moins disposé

A les véhiculer vers les valses les plus éloignées du large

Allier vécu et tentatives d’évacuer la concurrence

« après une semaine à couteaux tirés avec ses deux rivaux »

Pas excédé, pas près de céder non plus

A-coups d’eau, de voiles dont la rumeur rivale dit qu’elles balbutièrent

Sur ces temps, peut-être s’organisent-ils le bal du siècle

Quand les coudées franches ne sont pas pour deux femmes au près

« une scission s’est opérée » leur prêtant un retard accru

Acculées par le levant d’en face, le soleil fait aux deux femmes des regards aigus

Des angles réduits, crête encombrante d’un bleu qu’on prend comme une ravine

Tous avides d’avancer, en comblant par des percées dans des persiennes

Hélas « pas évidente, la faute à une succession de situations incertaines »

Quand calmement le premier affiche « une certaine sérénité »

Le sérénissime de l’arrivée n’appartenant à personne encore

« la même impression était palpable chez » un germain voisinant les arrières immédiats

A qui pensait qu’il lézardait voilà des semaines : voilà qu’en dissone l’idée

L’acquis n’est qu’un poncif, les pertes aussi, parole de renard bien conditionné

Quiconque étant quitte d’avoir avancé le sait, prêt à renaître après s’être usé

Quand il en « regretterait presque la fin des mers » au Sud

Quand le plus fin des mets peut-être, serait d’avoir su dévier la rudesse

                                                                            pour en être

Jean-Marie Loison-Mochon

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