Vendée Globe 2024 | Jeudi 19 décembre 2024
Eux ne peuvent pas sans cesse légender, les amplitudes qu’ils traversent
Chemins tourmentés dans l’inversion du monde qui les suit
Tour dans ces alternances de truculent et purulent qu’ils essuient
Comme en ces mots d’un ex-vainqueur, en course parmi les 10
Adhérence au plan ou adaptation ? il « dresse un bilan positif »
La séquence précédente l’a placé dans ce lot, mais isolé de ceux plus loin
« les écarts jusqu’au 5ème sont plutôt serrés »
C’est-à-dire qu’à part ce mur, « ce passage de dépression »
Plutôt bien servi, bien que les conditions aient été « très favorables »
A deux devant et même un autre
« pour nous la porte était fermée »
L’apport en déprimant, non, l’apport en dépressions, si
A attendre que l’épidermique de l’eau se réveille au vent
Et le mouvement suivant, pour reprendre l’épique en cours
« ne pas laisser les concurrents de votre petit groupe… »
Eloquemment ou très simplement ? rester en course
Cette importance d’être au contact et sans fléchir s’y tenir « c’est important »
Vers l’Est et l’encours se creuse « à la moindre erreur stratégique »
On capte la symphonie « moi, sur le mois qui vient de s’écouler… »
La couleur des coups a nécessité quelque temps en retrait
« … j’ai dû m’arrêter deux ou trois fois pour réparer »
Les parures du navire, la cécité soudaine sur de « petites pièces »
Pararse, contraint et forcé « à chaque fois ce sont 50 milles qui se perdent vite »
La synchronicité qui s’éprouve laissant les percées à d’autres
Qu’on ne dise pas qu’on traîne, on s’efforce d’être du train
La sainte candeur citée « avant le départ, certains disaient… »
Que l’enjeu s’élèverait avant ou après ici
« que ça allait lever le pied dans les mers du Sud »
Or pris dans un clapier ou libéré filant, est-ce la sensation ?
« Pour l’instant je n’ai pas l’impression »
Pas à en perdre pied « ça régate fort »
Et par instinct ces mers au Sud, se gâtent-elles plus ou épargnent-elles ?
« sont-elles comme dans vos souvenirs ou plus compliquées encore ? »
Pris dans un corset de carto bleu dont il s’extrait, il observe
« il y a quatre ans. La mer était aussi pourrie »
Aussi corsée car « ne permettait pas d’accélérer »
Tout risque étant à éviter mais sans se faire passer
Dessus par la mer ou au loin par la concurrence
« le bateau saute la vague et plante dans la vague d’après »
Une bague de mise par les mers, se faisant suivre avec insistance
A gratter des milles « il faut trouver la bonne toile »
L’allégresse et parler mais n’en dire pas trop
« la bonne vitesse par rapport à ça » : à sa chance et la providence
A tester ses atouts, mais attestant que « c’est dangereux pour le matériel »
Lesté de « beaucoup d’expérience d’avoir fait ces mers-là »
Sur cette matière, elle, perpétuellement mouvante, s’en inspirant
A limiter les dégâts ou mettre à profit par allure, en l’imitant
« j’ai l’impression que je navigue mieux qu’il y a quatre ans… »
Qu’aux réponses à donner il est plus précis, ou emporté ?
« Plus fort, on va dire, pour suivre le rythme »
A ces pentes à contourner, ou dévers où ne pas enfourner
Le navire « répond à vos attentes » en rebonds d’eaux arpentées ?
A sourire des soucis « descente de foils, de bouts, d’amures, d’écoutes »
Le bateau n’est pas en terrain conquis mais endure
Sa meilleure armure étant une bonne utilisation
« je commence à bien le maîtriser »
Marin : veilleur d’allures et d’obstacles
Et pour le reste à quoi ça tient ?
« C’est normal, c’est l’usure »
Ces normes-là, dans ces mers, ont l’usuel de l’habitude
En un sens, que la recrudescence des soucis est une redondance admise
Peut-être pas amie mais intégrée comme encaissée, à mi-course
A quoi s’attendre « désormais, dans l’océan Pacifique ? »
Après des armées de circonstances contraires, dans l’Indien courroucé
Pourquoi pas une section moins tyrannique pour de la « grande glissade »
Où le bateau pourrait jouer, et le marin jouir d’un élan pas contrarié
« avec de la bonne houle » dans ce mois qui a tourné deuxième déjà
Puisqu’il a le bateau pour, pas d’avaries et de quoi titiller les devanciers
« je pense que ça va aller assez vite, au moins sur la 1ère moitié »
Du passage prolifique, voilà ce qui est souhaité, sur ces premiers pas « du Pacifique »
Tandis que ni Indien ni pacifié, le « seul marin à évoluer encore dans l’Atlantique »
Lui qui en avait sué des retards pour une voile déchirée
Qui s’était resoudé dans un archipel chéri par les vents
« il devait en effet composer » en charriant son lot de vicissitudes
Or quand le vice naît, il aurait comme qui dirait l’habitude
De revenir et si ce n’est pas la voile, un charriot, cette fois son île…
« a pris la décision ce lundi soir d’abandonner »
De là l’histoire des tumeurs persistantes que le sort a fredonnée
De la classe des périples en perpétuelle pénibilité
« Avec la casse de son hauban » menant à la décision cruelle
Mis au banc des récusés par la force des choses malgré l’effort jamais dosé
« malgré sa détermination et son ingéniosité » plus qu’une seule solution
« aucune des réparations envisagées n’a permis » d’oser s’espérer mieux
Lacune, dans la fiabilité ou dans la chance : à s’en remiser
Hélas « une pièce essentielle » dans ce puzzle d’un seul en scène
Sans grâce ni honte « I have to retire from the race »
On croit qu’on grée, constat qu’on grève, hongrois bientôt ancré à quai
« en direction du Cap » d’un rêve évanoui, contrit c’est vrai
36 et puis c’est tout : la température descend, comme tous sur les océans
Contraste manifeste avec ceux aux voix épanouies
Comme un 4ème qui chercherait à se requinquer, qui « empanne pour filer plein Est »
« J’embrasse la mer pour vous » comme dirait l’un qui s’en est sorti maintes fois
Comme deux femmes qui sous Nouvelle-Zélande vont de guingois
Histoire d’ouvrir le gosier aux flammes d’un vent meilleur, travers
A 13 cent milles du leader, une autre embrasse la même voie que lui
Elle a le 11 pour dossard et cherche à s’arrimer à une zone verte
Carto chamarrée, pour quelques cartouches à tirer
Vent arrière et verve en avant, vendre hier et le présent pour s’acheter demain
Si tu demeures debout, à flot, situe-toi comme au milieu de ton rêve encore
Idem si tu te meurs et bous toujours : sais-toi près d’emboutir l’horizon d’après
Jean-Marie Loison-Mochon