Vendée Globe 2024 | Vendredi 15 novembre 2024

Ce qu’au coin d’une île, lui sait

Qu’il ne verra pas et la nouvelle « n’a fait qu’enfler »

Aucun ne se le souhaite, mais il est premier laissé

Cela couvait : « les galères » chevillées au corps comme au navire

Jusque-là pouvait, puis ne pourra plus

Quatre ans pourtant pour bien s’outiller mais rien

Non rien, ne permet d’écoper trop de circonstances

« Au point d’avoir des difficultés à bouger à bord »

Et le bord ayant la mer à boire aussi

Eclopé mais pas que, pas adoubé cette fois

Par la horde d’événements qui a coulé l’ambition

A s’en saborder l’espoir sans plus pouvoir « naviguer »

A cette étape, « … dans cet état », qui sera la dernière

Madère a pris ou protège : repli ou retrait, même donne ?

Se dérouter n’a rien fait, charriot brisé : mauvaise étoile

On abandonne et le jeu s’étiole ou

Continue pour ces autres du cortège

Qui « avance à une allure modérée » par quelle fiole bue ?

De chance, de force ou résistance : florilège flou

Sous la lune annoncée immense au prochain soir

On va cadencer « sur notre beau carrosse »

Devant au soleil et derrière sous l’insistance d’un orage

Le vent gémit moins au sud, et d’autres se font rosser

« j’ai mis un plus grand Gennak’ parce que le vent va mollir »

La rose dévente et à 7 nœuds il faut bien

Se réinventer pour forcir malgré tout, et arpenter

L’eau bien plus tiède ou bien plus terne à ceux qui luttent

Entre eux plutôt que contre eux-mêmes, en bons enfants buttés

Accoutumés aux « has once again taken the lead »

Et pas trop cupides ils se la passent, cette gagne provisoire

Est-ce la générosité en mer, ou la carto qui ne sait plus trop ?

Qu’une prise soudain sur une piste n’est qu’un mot dans l’histoire

« Very provisionnal overall ranking » alors on se mystifie

A toi, à moi, à lui ou elle qui just in time, a tout remonté

« En trombe » elle aussi même si l’on a focalisé sur un autre

Et sa « trajectoire digne d’un boulet de canon » test passé

De se prouver que quelque choix que ce soit, comme ici

« Audacieux de partir tout seul à l’Ouest » est lacé aux pensées :

On a ce sens, cette conviction, que toute distance peut se dissiper

« Coupled with faultless placement » et ce serait assez vrai

Ode aux cieux, coupole du ciel plus clémente et… la place

Wizzard on ne sait, mais une once de qui dirait quoi

Bien qu’on s’aimante tous devant, aspirés par le vide

De vent, alors qu’en sera-t-il de l’ « astonishing… » ?

De ces nomades qui gravitent ici éphémèrement

« … ability to maintain high speeds for long periods »

A dire vrai, que les mains tiennent bon est courant 

« Mais le peloton n’avance plus très vite », redécouvrant

La presqu’inertie qu’à l’arrière on méconnait moins

« Barrière anticyclonique » et la route en vient à niveller chaque effort

Quand « les derniers se sont fait piéger par la dépression »

Mentalement tout le monde tient et « ne pas voir dans sa globalité… » :

La course, ses millions de portions « car c’est abyssal »

D’ailleurs ici on s’habille léger « short sous ciré »

Les maillons du parcours sont ces marins se poursuivant

« Aller au Pot-au-noir » sans accourir cependant

A l’air au port-néant « spending the day trying to decipher… »

Des chiffres et les heures qui filent moins vite

« the best route around the Cape Verde islands »

Arrondir le dos, à l’Ouest non sous violence mais absence

D’élan, si l’on se perd dans des choix trop hasardeux

Dans ce bazar des premières places, on ne pense pas trop à l’arrière

A hier ou les « fortes rafales sous grains »

Car soudain plus rien, on se regarde saouls d’un peu d’hébètement

Fatigue, adrénaline redescendant : l’allure hagarde

Hébètement contraire plus au nord : pour lui et son croisement, au frais

« C’est un peu chaud mon histoire avec le paquebot »

16 nœuds contre 22 « vraiment pas loin […] tu regardes le bateau de croisière »

Il ne parle pas du sien utilisant le vent « qui remonte et refuse »

Dans ces heures un peu usantes « assez dur pour les nerfs »

Il ne pare pas : il change, à « sans arrêt être sur les réglages »

Et à jouer à « cravacher pour aller remonter les copains » il se remet

Avancer, comparer, changer : seul remède

Bien qu’au-devant « jamais vu une telle dépression »

Qui n’aide pas c’est vrai, les pas de ceux qui s’évertuaient à s’enfuir

« … qui bloque les alizés et qui est statique »

Les décisions se méditent et on a tout ce temps-là

Stratégique sur ces strates d’océan un peu plus plates

A ce jeu, un vieux rusé prend plein Sud : il avait 13 nœuds et plus que 8

La nuit toute grande et éclairée portera-t-elle conseil ?

Bientôt portés vers le Cap Vert, qu’est-ce qu’on scelle en s’éloignant ? 

De tous ces autres qui savourent ? d’errer dans un bord Ouest

La bourde, l’erreur, à ce stade existent-t-elle vraiment ?

« Le résultat sera sans appel » bien qu’excités ou survoltés :

« ils n’auront plus de vent devant » et l’on ne peut que citer ces mots

Survoler ? plus moyen ; sur molle voire plus rien

Personne n’est sûr de rien mais on avance quand même

Le mouvement est de ce genre de théorème :

Leur danse s’invente en progressant, mais !

Maldito viento « ils vont tous s’arrêter… »

Et dans ce bazar inertiel, est-ce qu’il y aura ?

Redite au loin : que les premiers à « ce mur »

Savamment seront les premiers acquittés ?

Les punis mais libérés « les premiers à le quitter »

Ça vous monterait à la tête

Les plus nihilistes s’en désespéraient

Mais ces gens-ci ne sont pas de cette veine-là

A « foncer tête baissée vers une vaste zone sans vent », ils savent

Les gencives soutenant ces dents bien serrées sur un couteau

Qu’on peut feindre la lenteur sur l’eau puis fendre l’air à l’heure suivante

Certains civilisés s’attendraient, mais eux moins immobilisés : s’en iront

                                                                  sous alizés ?

Jean-Marie Loison-Mochon

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