Vendée Globe 2024 | Jean-Marie Loison-Mochon

Vendée Globe 2024 | Samedi 7 décembre 2024

L’aigreur pourrait monter à certains, d’avoir pris telle route

La flotte commentée comme « étirée »

L’écœurement peut-être un peu, de quelques êtres mis au nord

« On voit bien les traits tirés » du convoi mis en orbite

L’écoulement du temps et des distances, ce qu’on voit satellitaire

On commente un peu trop vite des avancées décisives

Les voies des voiliers sont pour ça par trop imprévisibles

Dès avant, se dédouaner de pronostics trop assurés

Sur cette « trajectoire Sud très engagée » d’une empreinte à deux navires

Ceux-là qui ont emprunté au plus droit, cette « première grosse dépression australe »

Les papilles de la flotte bien aiguisées, au strass dont se dépouiller

Au plus gros des choix, les différences étaient minimes

« éparpillée » maintenant ? la flotte pourra répliquer

Toute avance est à minimiser, même si elle peut amplifier

Les galères peuvent survenir par milliers

Alors de voir quelques centaines de milles et s’emporter…

Même s’il est vrai : « ça doit être dur à vivre pour les retardataires »

Mais si l’Everest était atteint déjà, les cloches de la victoire auraient tinté

Or ils n’en sont qu’à l’orée de l’Antarctique

Et la gagne n’est qu’un son à l’oreille, prophétique

La castagne est en cours, et les glaçons pas loin parfois

« à moins de 30 milles de la zone d’exclusion »

Cet endroit où il n’est pas d’excuse si l’on y entre

C’est en soi un vrai risque pris, c’est un premier qui resquille

« entre la zone d’exclusion des glaces et des vents très forts »

C’est imprimé pourtant : deux sont passés sans y pénétrer

La fenêtre était mince mais pour l’heure, leur orbite à eux respecte

Ils ne s’y sont pas fait pincer, dans ce passage tout sauf abrité

On commence de tourner autour du pôle, alvéolé de dépressions

« la situation a considérablement évolué » tout sauf assagie

La violence a été de mise mais n’a pas démis ceux de devant

« pas sûr que les conditions aient été… » si démesurées ?

Toute mesure est relative : le répéter ne prive personne

Ils ont tété du vent et de la mer et peut-être même un peu plus en haut

Tandis qu’en bas « le rythme effréné qu’a réussi à maintenir »

Celui qui devance et passe est toujours dit devin en son heure

Tout dit combat mais à distance, selon les circonstances qu’on brasse

« beaucoup plus engagées au Sud » ? en dévier, de ces affirmations

Telles ne sont pas les données qui les ont embrassés

La donne était autre plus haut, « la dépression a levé … »

A enlevé du temps ou des milles à plusieurs

« De la mer assez forte » et de l’amertume pour seul renfort

A l’envolée on sait cependant, qu’on croisera plus loin

Ce n’est pas pour tous, sans la moindre tumeur à traiter

« des petits problèmes de pilote » pour le 2e à diriger

La course, dont les plus fumeuses secondes sont à digérer

L’encours se fait intéressant mais les intérêts sont à tempérer

Dans ces zones d’intempestives natures pouvant laisser endetté

Pour de bon, c’est-à-dire pour le pire, en des territoires hostiles

Les pensées sont stylistiques, les sentiers concrets et pratiques

Ce soir on flirte encore avec cette zone d’exclusion

Avec l’espoir que les écarts puissent enfler

Dans ce Sud où rien ne relève de l’excursion

Bien qu’en ces instants il soit « plus facile … »

De déficeler les caprices d’une ventée, qui si elle se lève sera…

Défi c’est vrai mais même si sévère, de ce râle

Il s’avèrera possible « de s’échapper, au vent arrière sous-toilé … »

En glissant pas si loin des glaces mais ne commettant pas d’erreur

« … en mettant un peu d’angle » se faire comète encore un peu

Sans un cheveu sur la langue, le mot se veut clair : filer

Compagnie des lunes ou des étoiles, fausser celle des autres

Comme à lui « ralenti dans les petits airs du centre … »

Les serres « … de la dépression » n’étaient pas falsifiés mais !

Son sein aura comme qui dirait, été nourricier

Les faussaires seraient plutôt les modèles, sourciers du ciel

D’un modèle il faut toujours douter, même si s’en inspirer

D’un mot, délier le vrai du faux pour mieux se laisser aspirer

« L’impression que les modèles ne sont pas hyper fiables… »

Des modes s’inscrivent, faut-il les suivre ?

Le ciel dit, mais la mer… d’un mot d’elle tout peut être contredit

« … dans ces contrées lointaines » où la nuit et sa suie vibrent moins longtemps

L’été se dessine, les taies d’oreillers se désirent

Les temps sont propices aux veillées puisque l’office est d’aller

Bien que dallé, le chemin ne le soit pas, et le soir passe et minuit

Les minois des marins miroitent à la frontale, pour des talents de bricole ?

« les avaries de multiplient » la voile arrive à se faire plus capricieuse

Trois lattes éclatées, la cime est à descendre

La scie métisse des sons sur ceux de la mer qui se déforme

Mais on n’oublie pas ce mot d’elle, qu’il ne faut pas croire au bonheur

Ce n’est pas rêver petit, mais à la mesure de sa grandeur

En soi, sur l’eau, de savoir que tout change et que l’on vise la joie

Les saveurs incertaines ou erratiques : peut-être indociles mais si réalistes

« cette séquence dans l’Indien est difficile pour tous »

Dans l’un des propos on entendrait l’indéfinissable son de la sagesse

Dont la définition est sur cette page qu’on a laissée trop loin derrière

Personne n’était venu pour s’assagir ou se conforter

Mais bien pour se confronter « nerveusement avec le risque permanent »

Permanecer, dans ce couple que sont ciel et mer, c’est accepter

C’est une tasse de bue, cette erreur aspirée « d’abimer le bateau »

Et si l’on s’en plaint, c’est qu’on a tôt fait d’oublier le sens à l’action

La sensation passagère et féérique, celle qu’au présent…

Celui des tempêtes les plus colériques, ou des enlisements les plus apathiques

La sensationnelle perception, qu’on était fait pour être ici, coûte que coûte

Et coule que coule, une larme ou la goutte d’une sueur arrachée au froid

« le matériel commence à souffrir, après presque un mois de mer »

On se susurre des maux qu’on ne partage qu’avec des soifs, ou soi

Comme ensemençant le mouvement d’après d’ « une nouvelle dépression… »

D’ici à ce que ça joue à nouveau « … d’ici cinq jours »

Théorie déjouée, celle des passions tristes, orienté Est

Théorie des joies c’est selon : le linceul d’ombre, vers l’orient, s’estompera

Jean-Marie Loison-Mochon

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