Vendée Globe 2024 | Samedi 28 décembre 2024
Le duo qui s’oppose se distend par moments
Quelques dizaines puis cent, milles les séparant
Par monts et par vaux « dû à un vent très capricieux »
Les espoirs en vie cependant, puisque ces distances n’étant rien
« derrière les reliefs de la Cordillère des Andes »
Des repères et couloirs où les attendent d’autres systèmes
Configuration distincte, en temps et en navire
Remettre le bateau « en conditions medium »
Et s’ausculter après des eaux elles-mêmes sculptés :
Après « un mois à cavaler au portant dans de la mer formée »
La meilleure forme est pour eux, rien à dire
Veilleurs « sous l’effet de la dépression »
Se préparant à des radineries au près, en bleu
Puis une « zone de transition qui devrait ouvrir le jeu »
Et si moins puissant, en rien des badineries
S’approchant « avant l’entrée dans les alizés »
Autre effet, autre fin ? le deuxième se l’espère
A l’aise et déterminés tous deux, à rentrer vers le trophée
Rien n’a « permis de déceler de dégradation des bateaux »
Au sortir des mers sauvages, graduation des pénibilités ?
« même s’il doit y avoir quelques bobos » mais l’ébriété d’être devant
De tout ça vous ne saurez rien et ça ne cause pas entre eux
La radio ne traverse pas l’aérien ; qué miras bo… ? no
Quand derrière, le troisième « dans une position assez enviable »
A distancer un vulnérable, ému de passer el Cabo de Hornos
L’émulsion de la course est totale après lui, près de l’Argentine
La prairie n’est pas accueillante et l’un d’entre eux serait cueilli ?
« avarie de système de barre » pour le précédent vainqueur
Qui a déjà eu des précédents ces jours-ci
Pour la suite, il en étudie tout sans négligence
Ce qu’il peut et « a pu mettre en place une solution provisoire »
Au rétroviseur plus personne exactement, fermant la marche des 11
On se rêve moins consterné après tant de mer
Les galères plus concises et le cuir bien tanné
Et puis en avoir « constaté un souci de peau sur le bordé arrière »
L’effectif ne manque pas : le corps entier pour tout gérer
Mais « ça fait effectivement beaucoup pour un seul homme »
Une sale ombre à ses performances et avancées
Depuis qu’il a croisé un lointain germain qu’il y a quatre ans il dépassait
Personne ne trépasse en ces eaux du Horn, dans son sens favorable
Même si rien n’a l’apanage des mers calmes
Les cannes aux navires se faisant nécessaires
Dans ce froid où l’on s’envierait le tropical
Où l’on s’enverrait d’une traite le passage
Dans un canal de Panama, pas agité mais d’un trafic débordant
Or, de n’en avoir pas démordu, l’une a su aboutir :
« ce matin le port de Melbourne » à la fortune d’un mât fait main
L’original ayant subi les morsures du vent et retombées de houle
Depuis « la compétition s’est arrêtée pour elle »
A gravir des centaines de milles pour rallier l’Australie
Où « elle a reçu un accueil chaleureux »
On salue dans les lignes et commentaires « son courage »
Sur son char, heureuse de l’avoir ramené
« et sa détermination » sans qu’il soit besoin de dire plus
Comme des spirales d’emphases trop modernes
De porter, inspirer, en faire des mots ternes
La voile au repos et le navire sans plus de risque d’être aspiré
Autrement dit des conditions n’ayant rien à voir !
Avec celles qu’une autre maudit, mais le maniant avec ironie
Pacifique pêchu, charnu voire chatouillant frisquet
« C’est de la neige… » se demande-t-elle
« … ou de la grêle ? » qui assourdit sous l’habitacle
Grésil sans susciter de débandade
Le banc de la 12ème place tenu
Quoique dans un écart ténu en distances
Avec le suivant qui ne s’écarta pas plus du rougeoyant
Le rouge ayant la vertu de faire avancer, ou faire casser
Verre à moitié plein ? en direction d’un bleu qui se propose d’éteindre
Au large d’où il n’est personne, après Némo, une a pris Nord
Britannique orientant sa course comme aucun
Est-ce un vieux réflexe cocardier, de ne faire comme personne ?
L’Europe est loin mais les mouvances européennes se retrouvent
Au Cap Horn sans épouvante, s’éprouvant à la mesure des autres
« désormais face à un nouveau défi », le même qui défile pour le duo devant
« le vent décide maintenant de leur barrer la route »
Après « cette fameuse pointe légendaire »
Tout le genre d’air auquel on pouvait s’attendre
L’Atlantique montrant sa tendresse à ses natifs ?
« ils vont devoir cravacher au près » en rien naïfs
« tirer des bords et subir des secousses »
L’ire est contrariante cette fois, ces coups se faisant différents
Débordant de fatigue, aussi du soulagement post 3ème cap
L’âme entière, l’Allemand « auteur ces derniers jours »
D’un genre d’élan insatiable « d’une remontée spectaculaire »
Spectacle unique « d’une traversée de la flotte »
Les travers sémantiques ou philosophiques d’avant le Sud ?
Oubliés, semant mieux ces forces dans les sillons climatiques
A trois semaines de l’arrivée, comment statuer sur la gagne ?
Le mot se faisait jusqu’à lors un peu mythique ou chimérique
Mais la toile a vu les mers aux pointures féroces
Pour que maintenant la peinture de chacun s’incruste
Appât dur à imaginer pour certains peut-être
Mais en se faisant un peu véloce, aidé par quelques stops mis au deux devant ?
Bien que le premier « semble en ce sens parfaitement inspiré »
Aspiré, pour un mot juste cette fois, apprêtant ses mouvements
A prêcher régate et empêcher la suite de s’en revenir ?
« en se replaçant avec justesse au nord » : gagner, comment ?
ne pas se le dire
Jean-Marie Loison-Mochon