Vendée Globe 2024 | Dimanche 29 décembre 2024

Juste en retrait des deux les plus intraitables

Dans un déduit de portant, le plus rapide des 36

A presque rien, 500 milles soit trois fois moins que d’autres

Todos son cazadores, tous sont des chasseurs

La fresque est ce lien entre eux, océane et au trait

Tous poursuivant, pour un casse à l’heure dite ?

Certains mis en de petits alpages, de houle

Certains misent de peut-être alpaguer un élan meilleur

« chaque option compte » et qu’on se le dise même quand on s’enlise

Tous en lice, pour la primauté 

Le lys à celui qui devance mais celui arrivera, surtout

Sur tous, une impression de dominer ; précaire

Un jour « une brique ajoutée à l’édifice »

Jusqu’à des points d’inflexion, pour certains déjà passés

Mais personne ne le sait, alors tous poursuivent

A jouter avec qui devant, qui derrière

« ceux qui naviguent loin des groupes »

Les sols mouvants sont des cités de murs ou plaines, à traverser

« isolés dans l’immensité » qu’ils découpent en une part à croquer

Chacun son quelque part, aucun ne s’espérant quelque port

Autre que celui de l’arrivée, au train qu’ils sauront adopter

Or « la moindre baisse de régime peut coûter cher »

Au contraire d’un livre à parcourir : ciel et mer  

Qui sont d’abord à lire puis à imprimer

Des chances pouvant se brûler, ou le papier du rêve se détremper

Relance alors, à l’orée du dernier océan ?

« galvanisé par le fait de naviguer sur son bon bord »

Bombant le torse et les privations les plus retorse

Ces lieux ont l’art de tisser des fils sincères ou foncièrement faux

Plombant les enthousiasmes par d’artificieux sortilèges

Une sorte de légère plaie s’ouvrant

Une sorte d’éphémère place, se découvrant

Tous espèrent du jour suivant, la recouvrance due

Sur des navires de plus en plus décharnés

En voiles, de moins en moins dodus

A l’image on voit la différence, les charnières des cernes

La liberté, l’aventure, le danger sont ainsi, tordus aussi

Qui décernent des maléfices sur ces petites cellules

Ces vaisseaux sont des cages autant que de petits forts

A résister à de grandes forces mais soumis à leurs propres faiblesses

Le découragement est impropre à ceux qui les habitent

Le sort sourit mieux quand la volonté leur est abri

Le vent s’établit ou se fait moins capricieux

Ou parfois s’est tari car une casse était à rafistoler

Le pistolet des aléas toujours chargé, la roulette engagée

Au jour 50ème quand certains même proche des 60ème

Mugissant la peine d’un problème de barre

La piste tolère bien que depuis le départ, 4 furent pris

D’un sommeil prolongé, d’une folie tombée d’en haut

Chaque jour peut donner de quoi être surpris

Mais doux est le lendemain, le passage au rétablissement serein

« Me duele, me duele, me duele, me duele… »

Assailli encore par une douleur bien en place

« Me duele : hasta que no me duele más »

Mais les doutes, mêlés d’outrances invisibles

L’assaillant l’est parfois : vent ou faille interne

Et du monde pourtant, il faut en faire un tour

Qu’il faille un tour de lune ou un siècle de passé

Bien qu’au Horn, celui-ci n’ait pas ce temps pour un cycle

Handicap au guidon, l’oraison à refuser

La raison n’est plus de se faire fusée mais de régler

Le cyclique des maux, le critique des malédictions

Tout est marécage mais dans les sueurs et lassitudes ?

Des baies comme celle d’Ushuaïa pourraient être protection

El mar está agitado : et le logis est à deux doigts du rien

Du rire au larme la vie passe comme en course : en accéléré

Désaxé d’une erreur ou d’une casse imméritée

« le chasseur acharné qui rêve » doit aussi se préserver

Ici-bas les dunes n’effleurent pas : les balles sont réelles

Certaines réparations reportées, d’autres nécessitant de se déporter

« une petite dépression qui doit le cueillir » nombreux ainsi

Pris dans des serre-têtes et circonvolutions à la carto

Arc-en-ciel de couleurs, ou de douleurs à tolérer

Tous les ramdams du ciel à subir ou les rames presque à ressortir ?

« cette dynamique haletante » ou le sale temps homérique

Qui « génère des rebondissements et des luttes intenses »

A qui saura le mieux apprivoiser l’éphémère

La vie sourit à ceux qui cherchent l’intensité légère

Soit l’insouciance combinée à l’efficiente effervescence

La voie s’ouvre à eux comme un trou de souris

Plutôt qu’à ceux qui s’espèrent une légère intensité, et se perdent

« Ici personne n’est à l’abri » du Némo à quasi-Rio

Rendement désespérant si l’on ne sait y faire face

« rendant la course aussi imprévisible qu’implacable »

Un taquet de l’océan pouvant vous mettre au placard

Et « le suspense n’épargne personne » dans cette course éclatée

13 000 kilomètres suspendant le fil des concurrents

En d’éclatantes concurrences, en des écarts tançant les esprits

En décadence ou résistance, combat face à soi et face aux cieux

A s’en voir effacées les joies, par tout le facétieux qui menace

Se replacer dans « cette tension entre son instinct »

Et l’insistance de tout un monde à parcourir

« et la nécessité de s’imposer une discipline plus sage »

Faire vœu de ne pas s’emballer quand l’un dépasse

Faire voie et faire voile, effervescence préservée

L’effet vrai est ici, de celles ou ceux qui endurent et tracent

Les places sont une chose et les milles amassés, une autre

« Y’a pas qu’un chemin… » mais la page s’essaime bien : solitaire

Sous désert ou fureur : « …mais y’en a qu’un quand même »

Puisque le clinquant te porte un temps, mais toi seul sous les airs, t’emmènes

                                                                                     plus loin

Jean-Marie Loison-Mochon

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