Vendée Globe 2024 | Samedi 23 novembre 2024
Plus nihilistes pourraient être ceux du Nord
Est-ce à la traîne vraiment ?
A foils ou à dérive, dans le Pot ou à sa sortie
« c’était horrible aujourd’hui » véhément presque
Il décrit ses gréements et les caprices du ciel
« J’ai hissé le code 0 puis pas de vent »
La voie n’est pas limpide : aux prises avec… ?
Au détour de rien « un grain est arrivé »
La voile est changée, rechangée ; ça vide
« je suis fatigué » de répondre à ces tours de passe-passe
Certains visages se rident, en sommeil peu irrigués
A se sentir faire le passe-plat pour que le navire ne veuille rien
« l’angle du vent étant mauvais … » quelle guerre mener ?
A foilers ou à dérive, changer, rechanger
« … j’ai affalé le Code 0 » : il n’y a guère qu’à persévérer
Une ode aux eaux aurait-elle un quelconque effet ?
Les premiers verraient ça comme un naguère
« Je navigue au près » et que faire de plus ?
« Mauvaise journée au bureau » quand l’air ne veut plus
Quand plus Sud on admire le mauve étincelant
« Ciel de dingue » au premier, son crépuscule est intense
Il ne s’agit pas de narguer, c’est un temps simplement différent
C’est un peu de déférence témoignée, un salut envoyé du large
Pour eux qui envoient, histoire de se faire quasi convoyer
« Là-bas il y a le Brésil » et leur attraction Sud est irrésistible
Le pôle qui les attire est « … cette dépression en formation… »
Ils ont enclenché tous la même marche
Pour l’ « attraper dimanche matin » et s’acheminer vite
Depuis le « Nord de Rio » s’éviter plus compliqué
Une fois happés, il y aura moins à calculer
« On va essayer d’attraper ça » et se faire lointains aux plus reculés
« ça va nous emmener au moins jusqu’au Cap »
Se faire témoins à dix ou quinze d’une traversée sur « route assez directe »
Lassés diraient-ils, d’une tranche nord pas toujours record
L’indice est cette masse qui se forme à la carto
L’écart tend à s’accroitre avec plus haut : « s’est creusé »
Le pôle en trombe ? « le peloton de tête et les autres »
Depuis longtemps ils essayaient de ruser, fuser
Ils s’usaient un peu mais y croyaient : « seront concernés … »
Quand ailleurs on se dirait plutôt consternés
Des airs faibles et chamailleurs contre des « conditions… »
Qui emmènent maintenant sans s’éterniser « de vent et de mer… »
Les sourires s’irisent car ces faits « … favorisent cette accélération générale »
Cela génère à l’humeur des mouvements plus cohérents
« la tête à l’envers dans le Sud » découvrant ou redécouvrant
On ne cherche plus une brise, c’est plus grand
A les voir « qui sera à l’heure » ?
« Au-dessus de l’équateur » les souplesses sont moindres
Du temps, avec cet ensemble qui « est particulièrement groupé »
Et ce depuis ce passage de la grande ligne pour les leaders
Certains semblent se dire être du bon convoi
Cette route « elle n’est pas très large » mais les ailes y deviseront
De terre on voit qu’elle n’est « pas une vraie dépression australe »
Mais au peu de strass qu’on a Nord, on préfèrerait toujours ça
La pression monte et si jusque-là « on a rarement vu… »
Les navires s’orchestrer sur un tempo « super serré »
« … une flotte aussi compacte après bientôt deux semaines »
On peut sérieusement penser que la compétition tinte autrement
Que le son émis, reçu, soit plutôt « avec deux courses distinctes »
Et que ceux qui seront remis plus vite, iront plus loin pour l’heure
Avec « pas mal d’empannages à faire » vers ce Cap à l’Est
Ils ne léviteront pas tout de suite mais s’invitent en avance
Emplis d’un genre de rage d’avancer, ce qui implique
D’en être, en cadence avec les autres
Comme un pli adressé, aux heures du ciel rosé du soir
A la concurrence tout aussi pressée : « bien doser… »
Par une ferveur qui se renouvelle, ou des faveurs faites par là-haut
« entre la force du vent, l’état de la mer et l’angle »
Et l’engouement reparaît, l’amorce est proche
Pour dévaler en concert ce chemin unique
Par avaler ce mince sentier d’Amérique à Afrique
« tous les favoris sont aux avant-postes »
Et vont s’en tirer mieux que d’autres
Les voiles vont rire, se gonfler d’un regain
Le classement était haché, mais « il y a du match »
On longe et se dévoie, le temps d’accrocher
Cette voix qui va chanter dans un autre système
Monter en rythme, un peu plus fort, un peu plus lourd
Les théories ne sont pas nombreuses : deux camps
Deux chants distincts vont s’ourdir et s’éloigner
Dès que cultivé, le champ 1 va s’effacer
Sillonné par la tête : il va sans dire qu’elle ne s’en privera pas
Alors un champ 2 à inventer, à dessiner, élaborer
« pour le groupe […] à dérives ça risque… »
A l’orée de cette traversée, de devoir labourer autrement
« de ne pas passer » puisqu’en effet la mer est cette fée…
Merveilleusement changeante ; et adorée pour ça
« parce que l’anticyclone de Sainte-Hélène va se regonfler »
A en faire enfler la zone et les temps de trajet
Mieux vaut ne pas le dire à ceux sur un étang sous grain
Dans des cycles qui reprennent leurs souffles, des heures chafouines
Il n’y aurait rien de tel qu’une nouvelle identique
Pour leur filer une morosité un peu chagrine
Alors ignorer
La porosité des places était jusque-là manifeste
Or il semble, comme cité, qu’une manivelle opère sur ce scenario
De l’Ouest à l’Est, on manipule une nouvelle phase
On s’inquiète d’une fissure, ou d’affaiblissements
Dans cette flotte à bientôt deux mandibules, en éclosion
Evident ou pas ? « de se lancer dans le Sud dans ces conditions »
Jean-Marie Loison-Mochon