Vendée Globe 2024 | Mercredi 4 décembre 2024
Dans ces troupes avancées, à ne bomber ni le torse ni le dos :
« préparation du bateau, du gros temps … »
Avant l’avènement de la bête, peut-être tyrannique
Un grand temps ce jour permettant d’ « … installer les voiles qui vont avec »
Toute la clique a pris vers le haut, à « essayer de gagner un petit peu au Nord »
Une horde réduite, éclatée, certains sous des lueurs éclatantes
« j’ai pris mon petit-déj en terrasse »
On déracine les mauvaises herbes, les semis de soucis futurs
Après tout « il n’y avait pas de passage au Sud »
Alors passager du courant opposé, avant dépression
Le but ? « se placer pour arriver à la prendre au portant »
Soit moins forte, moins rude, d’ailleurs :
« Il y a des calmes qui vont nous arrêter tous »
La météo s’amusant à prendre un souffle, avant de vrombir
« dans des vents qui soient négociables » et des airs plus intenses
L’air de discours amenés à revenir, se reproduire
« Sur les derniers fichiers ça a l’air de le faire »
On a mené le navire par ici, on s’est fiché par là
On amasse de l’influx avant des heures plus belliqueuses
« il y a des grosses masses nuageuses » et des heurts pressentis
En d’autres latitudes, on s’en tire comme on peut
Souffrance des safrans dont se départir
Car « après Cap Town il n’y a pas d’échappatoire »
Le Cap de Bonne-Espérance passé, on ne pourra plus que se fier
A soi-même ou au bateau lui-même fiabilisé
La démarche toujours la même, régler, avancer
« On croise les doigts pour que ça marche »
Dans une veine similaire « un gros choc »
Alarmes à tout va, à voler à l’intérieur
« Vacarme indescriptible » et torpeur soudaine
La coque a gémi « ça a touché devant, c’est sûr »
Faut-il vraiment savoir ce que c’était…
« J’ai mis le bateau à la cape » assez vite
Fautif d’être là, au mauvais endroit, au mauvais…
« J’ai valsé » vitupéré sûrement
Bien que tu vives pour aller, non pour prélever
Du bateau, de l’homme ou de…
Qui sait si les trois sauront récupérer
Etant dit que la coque fût plus solide
Restant ici à savoir ce qu’en dirait le futur
Ailleurs aussi « il suffisait de dire que tout allait bien »
Et puis des casses élisent domicile dans le quotidien
Une hélice fracturée, non dans l’eau évidemment
La vie de marin sur cette course, un plus ancien l’a dit
C’est « une emmerde par jour »
Mais l’on s’emmène vers la suite tant que ça tient
Sapiens est ainsi fait, même si ceux-là ne s’en tiennent pas aux terres
Et bien qu’ils aillent aussi, vers les étendues les plus austères
« in the middle of the Indian ocean » ça ne tergiverse pas trop
On fait mine de lever le pied, dans une journée de molle
Ambiance bon enfant avant un bon affrontement, avec l’élément
Tout comme les autres, on sourit d’un « nothing major »
« How much to come north » pour ne pas paraître trop effronté
Sourire et face plutôt sereins
Face à ce « passage de front à faire »
On n’est plus tout jeune après trois semaines, on s’y fait
A l’alternance des temps morts et de ceux qui mordent
Bien que rien encore n’ait autant vociféré
Que ce mouvement qui s’en vient « entre trois et six mètres de mer »
On y entrevoit de « passer avec un peu moins de vent »
Il est vrai qu’on « est monté dans le Nord »
Mais pour gravir l’Everest, au Sud, il faudra
S’orienter après pour redescendre, à la croisée de tous
Tandis que certains partent encore plus haut, plus loin
C’est qu’un jour après le départ, il en avait fait de même
Faire la nique au large : l’inventeur des pistes d’élan
La sensation de forte pesanteur prendra tout de même
Sous 12 à 14 heures on dit jusqu’à 25 nœuds
On se déroute mais le déroulement sera pour tous
Un grand enroulement sur cette carte extrême
A vrai dire ils se sont tous enrôlés pour ça
Et pour ça, la portion va se faire vilaine
Les écarts en tête mais surtout la carto plus seulement rouge
La violence à plus de 50 nœuds : la virulence d’un violet
Bien qu’ayant tous manœuvré, bougé de ligne
A cette virulence-là ils pourraient échapper
On manœuvre aussi tout au Sud de l’Afrique
« pretty big operation this morning » une voile remballée
« Strapping it on » et l’appétit d’un peu de sommeil
« Will have a nap » après n’avoir pas vraiment été en balade
Sur un certain courant, un goulot entre deux océans
« Agulhas Current » : s’y relient l’Atlantique et l’Indien
It was « really bouncy » et l’on suit diverses flottes
« Water coming over deck now » dit l’un des quatre sous ce vent
La suite s’ouvre, et le vent s’enfuirait-il pour eux ?
Dans des enfilades plein Est, ils verront
« Wind is up and down » les verrous fermés, rouverts
Puis l’on s’adonne à sombrer un peu, sous inconscient
« the reality of it » de ce qui peut être frappant :
« Southern ocean here we come » in that corner
Accord donné à ceux-là donc, de s’en aller sans trop de fracas
Even if it was « much rougher than I remembered »
La mémoire démembre certains de ses éléments
La mer est une histoire qui à chaque fois s’écrit différemment
Plus de la moitié passe ce cap, dans cet hémisphère
Manquent encore certains qui pourraient se faire tancer un peu
Ici l’on disait avoir valsé, ou là voir le vent s’étendre
La voie les mène en orbite au plus Sud du planisphère
Il n’en est pas un qui s’en plaigne, mais s’agissant de l’espérance ?
On s’agite en songeant que tout replat sous vent serait un genre de chance
Jean-Marie Loison-Mochon