Vendée Globe 2024 | Mercredi 1er janvier 2025
D’un jour à une nuit à un jour « dans leur quotidien salin »
Dans un tour du monde, soudain et sans un bruit
L’année passe, délaisse ; pasteles y delicias ?
Pour certains dans la molle, pas d’hélices
Bien loin de tout soir d’alcool, des liesses
Ou alors dans les extrémismes d’un cap quasi passé ?
En approche à deux nœuds ; approche-t-on, à deux nœuds ?
Cette année nouvelle, la mer se l’amorce à la manière du tout possible
Ses tannées couvent les uns, s’oublient des autres
Conditions « pour le coup un peu trop clémentes »
De sacrées montagnes passées, sur l’eau
Puis se réacclimater, montant vers Buenos Aires ou Rio ?
800 milles devant, cherchant à s’éviter les vitesses anarchiques
Orage ou anticyclone, creusant pour s’inventer une voie
« la délivrance semble encore loin » dans ces ventées
Des plages immenses et patagonnes, alternance de tout et rien
Tout est rythme et perte de rythme
Tout terrien ne le sait pas, tout marin voit
De devant ce qui l’en sépare « qui avance péniblement »
Au près ou plein dedans, pour une balade peu enfantine
D’un extrême à l’autre, à l’orée d’un temps nouveau ?
Telle est l’idée d’une argentinité, ou de la latinité des mots
Fuego, fuego, fuego… la grinta dans les veines
Y grita fuego, mantenlo prendido
« Avec un départ d’incendie dans son bateau »
De petites peines, qui se succèdent
De petites pannes, que suceden
Peu de succès dans ces aires : elles menacent
« il y a de quoi être plus refroidi » que plus Sud
Les soucis se faisant tenaces et s’y ajoutant « les concurrents »
C’est un jeu tant répété, de la carte qui remet un jeton
Une pièce dans la machine, un rejeton de vent
Ils « sont là, juste à côté » de l’Argentine
Sans que rien retombe, on s’en convainc
Qu’on vaincra en poursuivant, malgré l’agglomérat
De conditions et compétitions, observant les choix là-bas
D’aller choir dans la tempête et ses pires inflexions
Ou flirter avec et sans s’y précipiter, la laisser électrique
Sensible précipité de temps et d’énergie, la pagaille
« Y no lo dejes apagar » sans plus se situer par rapport aux autres
Non sans cible tu erres, en ese viento
Que « viene con to’ » or il faut le cœur
Dans toute cette courbe à opérer
« Cumbia y folclor » tout en s’écartant des tourbes et marécages
El mar ! Encage ou cajole, cautionne ou commotionne
Comme au son de la jaille partout à terre
La joie là, les vœux d’un avenir meilleur en mer
L’aveu à ce soi, même dans « les premières heures d’une nouvelle année »
Les vols en escadrille, problèmes en un terme rendu poli
Loin des jolis cols et espadrilles, d’une Europe blême effleurant la folie
Les fleurons de trajectoire pour deux toujours
Bien que tout joue contre eux aussi
Ou que les contrées leur établissent des heures de repos
Replat, repas, répit et puis repartir ?
Si le temps le veut, au large del Cabo Frio
Car l’aval n’est pas toujours donné, la répartie : belliqueuse
L’un menait dans la vallée des lenteurs, à plus de 100 milles
Et sans miroir, l’inversion, l’autre emmenant à 80
La carte est verte et bleue, l’air n’est pas un vertébré
Pas même pour eux qui s’espèrent décrocher
La teinte bruyante du vent dans les voiles ; au bout la timbale ?
« Adrénaline de course en perfusion » les corps et navires en percussions
Latin balbutié au sortir des siestes, et dans les bals du ciel : des options
« il est difficile de tenir le décompte des journées »
L’attente n’est pas du siècle, l’empressement fait fonte des cycles
Le courant remonte ou circule « à l’échelle de leur vie »
Est-il une marche forcée ; plaît-il ? dirait le vent
Qui n’aime à se corser qu’à sa guise
Guilleret ou furieux, déguisant les mers aux aléas divers
Dégrisant les meilleurs ou accablant d’épuisement, les non-moins méritants
« la nuit ne fut pas vraiment différente » pour les 35 restants
Conjurant les gisants que l’esprit s’imaginerait
Dans ce sprint de nocturnes et leurs « cinquante-et-une précédentes »
Pressés d’en finir ? parfois
« on galérait au large » pas aux abois mais réduisant la toile
Arpenter l’infini se fait à la fois en ignorant, et à la foi
En y croyant dur comme l’hiver, qu’on décrit été
Dans ces latitudes et longitudes, les saisons sont un terme décrié
A terre on crayonne des envers, des croquis en verve
La stridence est une habitude, le silence humain : rêve ?
Les corps qui craquent autour, mais pour personne
Le si lancinant refrain des solitudes, aménagées de satellites
« une belle dépression et de la houle à foison »
Le frein mis mais freiner se faisant inutile, sous la fureur
« Que es un poder » et toujours à pas d’heure
« Que es una bomba atómica » quand on a tout mis là
Avant, pendant, après ou au milieu, de la Terre de Feu
Le vent crie ou se renfrogne « sigue, sigue »
Continu continuel d’une comptine éculée mais bien réelle
« prendiendo está fiesta » oui ce ciel a pris de haut
L’écuelle est aléatoire, les coups hèlent certaines embarcations
Le chant perpétuel, le chantre : à défaut d’être omniprésent
« ahora te canto pa’ que te des la calentada »
Il est omniscience, con un teclado delirante
Il est la mollesse et la pesanteur
Il est le mot liesse et la plus puissante heure
Des traces, du premier au dernier aimant voilé qu’eurent ces airs
L’amour en laisse à ceux « qui auront le temps de méditer »
A cette date anniversaire pour tous : d’une année qu’on célèbre
A ces pattes qui se saisissent l’ivresse dans une cure de coups : le goût céleste
qu’ont ses lèvres
Jean-Marie Loison-Mochon