Vendée Globe 2024 | Jeudi 2 janvier 2025
Et puis devant, ça perdure
Le vent plus épuisé qu’eux, filon perdu ?
Deux paires d’yeux, filant au ralenti
Même s’ils ont « enfin réussi à s’extirper du front froid »
Alanguis tout de même pas, les vagues en guise de claques
« du Cap Frio » disons libérés, quand le troisième la frôle
Cette zone, à mi-journée, comme voulant ne pas trop calquer ses pas
« entre vents capricieux » et l’inexactitude que vendent les fichiers
A l’idée de rallier les alizés « sauf qu’en réalité »
Le manque de rectitude défie ces chairs humaines et de carbone
En d’autres temps de cette course, ils eurent de meilleures faveurs
Presque à dire que les cieux les avaient en de bonne grâce
Quand bien plus Sud, c’est la glace qui en aurait à la bonne
Iceberg aperçu, ou icerberg apercevant de petits points mouvants tout près
Ayant le toupet de le photographier mais pas plus
« pour éviter ces mastodontes de glace » : passer, passer, passer
L’obsession soudaine et passagère, de ne pas flirter avec les ingérences
De masses tout sauf légères, porteuses de mémoires fraichement anciennes
Passez ! telle est l’antienne, quand talent ou non…
L’inertie de cette chose, fiévreux, aurait tôt fait de faire fondre des espoirs
Ce ne sont pas des rives vers lesquelles circuler
Force ballotée « dont la dérive calculée le plaçait… »
¿El placer? ninguno
Extraction des calottes et tous craignant l’extinction des feux
Un goût au palais, d’une fin de règne qui guette
Peut-être l’inerte n’en a pas l’air, mais il révolutionnerait en grand
Les milles engrangés, les trajectoires envisagées
Dans des émulsions de fracas, implacable sans vie ?
Sage est la décision de s’en éloigner, ça joue de bon sens
« garder ses distances, c’était bien l’intention »
Temps suspendu, au moment d’évaluer la houle et le courant et le vent
Et ce qui en découlait, un tant soit peu… menaçant ?
Que la glace entrait dans le champ des possibles
« Cargo de glace bleutée » : gare aux impasses feutrées, en apparence
L’échange doit se faire au loin, visuel, sans que l’appât rentre
Tout garrot serait inefficient « bien logiquement »
Estrellas de hielo, près desquelles ne pas patauger
Le bateau ne pourrait pas gérer
« partagé entre fascination et stress »
Assassine vision, alors qu’en serait-il d’une collision ?
Plusieurs qu’ils sont, à s’espérer une tout autre destination
Que celle de se faire aspirer au sillage
« même sensation de vertige » pour un suivant
Point sur le mouvant quand eux s’en émeuvent
Poinçon à l’échelle de l’océan, qui lui reste de glace
Mais apparition pince-sans-rire dans ces extrêmes inhospitaliers
A se faire le vœu d’être taillé pour d’autres auspices
Par ici où il ne serait d’hôpital qu’une brasse coulée vers concurrent secourable
Pas de place alors, pour les admirations trop appuyées
« un peu plus au nord » lui aussi « le corps encore bien meurtri »
Pas plus un choc envié, en ce deuxième jour de janvier
La mer « l’avait fait voler dans son » navire
Visite intérieure mais aérienne, de la coque à l’heure d’une sieste
De là à s’en aller croquer des glaçons, toujours pas
Sous ces cieux toujours pâles, essieux à leurs voiles
Et Sud ça dévale à des vitesses différentes
En des trajectoires agaçantes pour certains, qui tirent et tirent encore
Des bords, des aléas de petites percées
Quand le plus ancien traverse ça comme l’eau une passoire
Segment tout droit, sans la frayeur glacée, à la faveur d’un vent graciant
Gratifiant sûrement, de s’en aller rejoindre des bateaux ailés
« dans le royaume du gris » on veut préserver le joyau de tout dégât
Bien qu’apparut « un deuxième iceberg dont la présence … »
Plus que par bienséance, a été signalée aux voguants des environs
Les satellites aux grands yeux surveillent, mais les pépites dans l’émail ?
De petites touches, les appendices laissés se verraient faire des entailles
De satanées modèles réduits qui crépitent à l’abri des repérages
« n’en jetez plus côté grand spectacle » ça tarit les désirs ?
D’en voir plus, encore et toujours, de la couleur des coups ?
« une aurore australe » aux allures de crépuscule
A l’aube d’un cycle nouveau
Un groupe a basculé depuis longtemps, en Atlantique
D’autres groupuscules saluent le vide et l’infini
Dans le Pacifique la vie de marin s’avère plus sévère que prévue
Non qu’on ne savoure pas, et sûr qu’on ne s’avoue pas vaincu
Mais vaincre une distance demande la détermination forcenée
Et que les forces mères, océaniques, n’effacent pas l’abnégation
Au risque sinon, sur le dos d’un glaçon teigneux…
Avec lequel être aux prises ? d’en déduire la négation du jour d’après
Et de ce qui « promet de réserver de belles surprises »
Au loin de Rio, pas ce genre de trauma
Mais pas de trot non plus, passage échevelé comme brouillon
Les chevaux pas si nombreux dans les voiles et cheveux du devant
« c’est un fait » ou c’est infect, d’en passer, repasser par là
« où une masse d’air froid dense et lourde avance »
En passe de lasser « et remplace une masse d’air chaud plus léger »
Ce qui les réchauffe, les emplit fort d’enthousiasme ou de questions :
Pas l’effroi des glaces pour eux, mais comme diaspora d’options parfois
Les pensées prises dans « cette zone de transition au large »
Où l’Argentine s’éloigne, où ces lignes prochaines sont à imaginer
Poche animée de bleu et de vert à peine, porche peu miné
A moitié plein de rien, pas à plaindre ; mais à enrayer
Cette carte étrange où les changements sont incessants
Incessamment aussi, ils iront osciller nord pour un tracé à établir
Géométrie de planète, ou des plans ne tournant pas comme ils veulent
D’eau ou de vent, des étangs puis des étendus
Désirant tant du ciel qu’il touche en de belles proportions
Leurs ailes ou leur plumage, entre eux qui n’ont que peu de marge sur l’eau
« Difficile en effet de tracer sa route » sous ces ficelles de marionnettiste
« Engagé dans un jeu de chat », en gageant de savoir démêler l’honnête courbure
d’un sourire
Jean-Marie Loison-Mochon