Vendée Globe 2024 | Mardi 19 novembre 2024
Et si sous les paupières on collecte un peu
D’électricité, de regain, dans l’arène immense et entêtante
Il arrive a « Tuesday morning » qu’un feu soit contrarié
Le contrat est signé : aller au bout
But « it’s very easy for the mind to draw… »
Une humeur un peu plus lourde, sur l’eau floue d’une nuit
Un peu plus low « … the potential risk to be left behind »
Un nuage ici peut ourdir sans être apparu, gris, nasty
Tout brille et puis s’éteint, la lune pas encore au rendez-vous
« Where’s is this cloud on the radar ? … » : nasse titanesque
Où distinguer la masse, si la fresque noire la cache ?
« The sail was just flapping » hachurant la vitesse : et le moral
Trois nœuds soit presque rien, mauvaise passe à siffler
« Up to 5 :00 AM » jeu stupéfiant dans lequel il s’est pris
Or toute braise doit s’entretenir, quand bien même sur l’eau
« Is that bad luck, is that skill ? » sans retenir ses pensées : les relâchant
Et c’est souvent que de là change une trajectoire
Non dans le cap, qui sera vert à l’éveil pour tous
Le sens de la chance aussi : even if it « existentially touches me »
Quelque événement que ce soit, avec ou sans vent
Excite en soi l’initiale du mot : mouvement
A l’écrire cette lettre tire des bords and « the race is still long »
Mais il est, bon gré, mal gré, positif de se questionner
Douter « what do I want to turn my attention to now ? »
Bon grain mauvais grain, se livrer sous ivresse ou dans l’ivraie
Du sans vent, puisque tout tourne avec, au dehors, en dedans
The mindset is the point : la main s’étend sur le front
A plat et soucieuse, ou ! relevée et curieuse de l’horizon
A part du monde on pourrait douter d’en être
Ou d’être à l’heure of « this culture of being a race sailor »
Human being avant tout : c’est qu’on est fait d’inconstance
Et tout vent tourne, à qui prend le temps de plus :
Non du culte usurpé des champions mais de l’humain bien armé
« what do I want to look at when I get up ? »
Parce qu’on se lève : on se relève, toujours
Toujours « mentally feeling the race » mais éveillé à plus
A la recherche d’une jolie place, non sur la mer mais sur le pont
Mental sinueux et ces nœuds-là sont si normaux
« I was rewarded by the boat accelerating really nicely »
Le talent est aussi là, d’à la moindre paille reprendre feu
D’en bailler encore un peu « the wind is from the left »
De sentir poindre un regain et de voir avec d’autres yeux
Le ciel ou these « sails harmonicaly together »
Et cette folle glissade par instants « to feel the power from the foils »
Tout gazouille à nouveau dans les voiles, ou sur la voie des poissons volants
« Like a silver bullet » qu’il boit comme du petit lait, enfantin
A fouiller en soi, we « feel the fresh air »
Et la fraîcheur enfante un jour nouveau, comme un reflux sur les flots
« they just take advantage of the air flow on the surface »
L’avantage ici, de s’observer en miniature, refaire surface
Et si « during the day you have a shade »
Dans cette aventure tout sauf minimale il faut
S’en faire du bien : un abri, un bouclier
Danser tant qu’on peut, déboucler le sombre et le laisser crier
« I need to catch some sleep » en tout cas il y est :
Il en est revenu, de cette baisse pour maintenant descendre
Comme cette flotte dont l’un dit mardi « on a trouvé du vent »
« une belle journée commence » et l’on commente son enthousiasme
Au trait semblable à peu près tous pour « un bord très sympa »
Or si l’on ne ressentait pas, on n’aurait rien à faire là
Et les voiles sont tout sauf affalées, on bat le fer sous un ciel bleu
« Le vent est rentré après cet anticyclone » et l’effet remonte
Les fées de la vitesse qui comptent et comptent
« 26, 27, 28,5, 29,5 » on effleure plus qu’une belle allure
« ça file à bord de l’IMOCA » on immole la fatigue et l’aigreur
Les heures vont s’égrener plus vite, la molle est derrière
Ou devant à « moins de 400 milles » ; charnière ?
« Petit saut de vague on ne s’en lasse pas » et hier ? laissé
Les segments des marins se font similaires ou diffèrent, mais ils convergeront
« obligés d’aller un peu de travers » et « il y a une porte qui est juste là »
Qui de ceux passés entre « les îles du Cap-Vert et la côte sénégalaise »
Ou ceux de l’Ouest, sauront « se positionner pour le traverser » ?
Tout faire pour ne pas être pris comme dans la glaise
« Telle est la question » et « les paris sont ouverts »
Ces variations de vent, les extensions de la zone vide
Pot-au-Noir avide « traditionnellement plus large à l’Est »
Sévère inaction à prévoir, sauf à s’extirper par le bon angle
La flotte ne s’étire pas tant avant, la gagne est pour plus tard
Et il est vrai que « dans le petit temps », la voie est libre mais plus
Pour « les bateaux à dérive, privilégiés » : pourvus pour moins mais en vue toujours
« Les foils alourdissent » mais ce qui n’est pas léger ce jour ?
Dans d’autres mers, d’autres temps, d’autres humeurs venteuses
Il est probable que leurs marins en ourdissent des traces folles
« J’ai sorti toutes les voiles que j’ai, qui peuvent servir »
Propres à l’Est à capter le moindre jet de vent
« Tant que les autres ne sont pas encore à haute vitesse »
On joue à s’adapter, à s’appliquer « concentré sur le réglage du pilote »
Tous en chœur à l’Ouest, et lui là, riant
Car oui « c’est là que je peux encore rattraper le retard »
« On fait cravacher le bateau comme on peut, avec ce qu’on a »
Avec ce ton-là on va toujours plus loin
Et dans la nuit on se fond, un peu plus contemplatif
« Lever de lune à bâbord » : on épluche le lointain
Le long teint blanc qui s’étire depuis un cercle au ciel
On tient bon quand le sommeil fuit, s’empêche
On sait le prix « comme c’est beau », on scelle l’instant
De prochains éveils recèlent d’autres hausses et redescentes
Sous le porche des habitacles, on ne prie pas au miracle
Mais dans la poche sans vent à suivre, on aimerait avoir appris
Par la meilleure approche à en filer et par sa voie y percer
Jean-Marie Loison-Mochon