Vendée Globe 2024 | Lundi 18 novembre 2024
« L’idée c’est de repartir en mode course »
Même pour lui en ce lundi, après les craquements
L’hydre est de fissures, ou était ! « résultat des réparations »
L’écartement des bouts de coque, aux « outils, consommables et composite »
« Nid d’abeille cassé », observable après palpation
A même la peau voire les os « séance de ponçage »
Les océans l’ont laissé faire sur « l’âme du bateau »
Le savoir-faire montré, filmé : la débrouille inévitable
Puis aux « stratifications sur la coque » on tressaille au son de l’eau
Après la découpe et pour dépouiller la faille
Pour oublier le bruit d’au-delà entendu soudain
La ténacité « deux lattes découpées, boulonnées, en miroir »
Et l’espoir, après deux nuits un jour, miroite aussi
A nouveau « après avoir travaillé », le nid d’abeille consolidé
Au gré d’un peu de rappel, de l’aérien en mer
On solde ici les embrouilles sur ce pont, sur ce point ?
Quand le sort est différent près d’un archipel plus Nord
Aux découpe et ponçage et colle, une voile à recoudre
Une école de couture, l’appel des aiguilles sur un décor de mer
A moudre un savoir de plus, déport d’encore un peu du temps de course
« A skipper may put into port at anchor or on mooring post »
Mooring mais il ne se morfond pas, encore que la toile soit éventrée
Atout d’importance, et qui garde fixe à poste
Une défaillance qu’on ne cherche pas à éventer ni dissiper
De ce point de vue certaines choses se disent et d’autres sûrement…
« without any outside assistance » évidemment
Pleine initiative au marin & « remote techical advice is authorized »
So that the sun will rise again in the sail
Activité récréative ? pas sûr
Sodade, sodade, même si le Cap-Vert lui est lointain
La main tient l’aiguille, tout « by his own means »
Avertissement tranchant en cette première semaine
Et maintenant refaire le vent, la voile, la mer : solvants
« Enabling the skipper to solve alone »
La solution à trouver seul, à l’aune d’une descente
Quand déjà 38 sont engagés sur cette pente, Sud
Cela dit pas en fuite, enragés ou apaisés ?
De ce « vraiment pas beaucoup de vent, d’air dans le coin »
On se rassure d’être engagés tous dans le même bain
Vamos al Sur, en recherche de carburant
Sachant que « les copains n’en ont pas beaucoup plus »
On se cherche dans l’horizon et s’aperçoit parfois
On se coupe un invisible ruban « belle 4ème place ce matin »
Bien conscient cependant, que ça perd de son sens à la fin
« Positionnement dans la flotte » mais parle-t-il des 36 autres ?
La barre n’est pas levée encore, de ce vent alternatif
« Comme un lundi » qu’on affirme un peu dubitatif
Lundi méchant ? en cela pas vraiment, trop doux
« Il fait beau, il fait chaud » et tout doucement
« on essaie de descendre dans le Sud » en quasi méditatif
Quoique « pas de stratégie à vitesse nulle »
Mais on voit que deux ou trois s’avancent un peu plus
C’est un péplum au ralenti, un peu la vie de l’Homme en condensé
Le négatif on l’annihile ou l’annule
Seul le soleil le soir est incandescent, pour le vent beaucoup attendent
Beaucoup d’attente et « d’activité la nuit »
Qui s’accumulerait au point de ne « pas trop dormir »
Dans les cavités des navires « on vit comme des loups »
Ces invités du large se disent « pas toujours facile de garder la patate »
Ce ne sont pas des coups lourds de houle mais plutôt la hâte
Quasi qu’on prendrait de l’âge tellement qu’on avance lentement
« On se fait complètement avoir » puis là « j’ai touché du vent »
En matière de poésie, le mot aurait comme des arguments
« Les alizés » pas couchés mais « pas très bien établis »
On s’aiguille Ouest-Ouest, ou un et un à l’Est
« On tricote un peu » dans ce « bleu azur magnifique »
Tandis que « les deux partisans d’une route très Est »
Au classement se trouvent un peu moins d’aise, tenaces ceci dit
Celui-ci : Kiwi déçu, car « les All Blacks lost »
Bien qu’il couve l’enthousiasme « it’s a new day… »
En toute simplicité, s’osant à un « … because the wind is back »
Pas un voile noir ou une saucée non plus mais ça avance
« Direction les îles du Cap-Vert et puis après… »
Dans quelques jours, quelques soirs, la tendance pour presque tous ?
A atteindre « le Pot-au-Noir » malgré toutes ces latences
Même en bon état, on tendrait à soigner sa monture
« un peu de travail sur mes descentes de foil »
Rien d’une fioriture, au moment où il faudra envoyer fort
Car la pagaille sans vent finira : le raffinage bientôt
« Du carburant pour les voiles » ou l’affinage d’anciens mouvements
Peu de commotions mais « l’ascenseur émotionnel »
D’avancer, progresser, ralentir : se faire dépasser
L’ascenseur quand on voudrait descendre, et des autres s’espacer
« Alors que débute la deuxième semaine »
On coudrait des songes plus véloces, les voiles recousues
On finirait de buter cette sale rengaine : « dans un vent faible à très faible »
On ne se longe pas mais « les croisements sont nombreux »
La flotte ces jours-là n’est pas mer à boire non plus
Mais dans ces mois d’autonome, d’un monotone un peu pompeux
On fait c’qu’on peut « poursuit sa route » alléchés
Pour ça du coup on garde « un esprit plutôt léger »
On n’ébruite pas trop les choix : puisqu’ils sont déjà lus
On n’y coupe pas : on n’écourtera pas, l’unanime étendue
Sauf quelques-uns qui très Ouest feraient des jaloux
Quand un autre n’écoute pas et prolifique à sa façon
« on va jeter à l’eau cette bouée scientifique » comme un jalon
Aucune écoute dedans « balise qui va émettre »
Et s’il tient promesse, après un long voyage à l’ombre
A ce point « je reviens dans deux mois »
En espérant comme tous que la soupière soit moins gluante
Au retour à l’assaut, glissant reines ou rois : remontant la pente
Jean-Marie Loison-Mochon