Vendée Globe 2024 | Dimanche 17 novembre 2024

Et la journée passe, ou repasse et pèse

Du jour naît « une superbe lune »

Les errances se poursuivent, brassent l’humeur

Et l’herbe n’est pas plus verte ailleurs

Les ronces d’un vide de vent pour tous, bien que… !

Les rébus des carto s’élucideront, s’élucideraient ?

« pas une insomnie volontaire que d’être sur le pont »

Presque plus tard que tôt, le vent revenant, repartant

Vent fantomatique ou apparaissant « en fin de nuit »

A l’Ouest lui s’aventure à dire « the wind is back »

A l’inverse à l’Est on n’est pas accrochés, ni approchés

L’élan se dit à 3, 4, 5 nœuds : « englués »

Près du désert, le lead était-il une illusion ?

Les lenteurs ont contaminé, cruellement

« Les skippers se partagent toujours en trois groupes »

Qui au matin dimanche ne se départagent pas

They would like to skip this part, and go forward

« L’idée, c’est de chercher les premiers fronts froids… »

Toujours en tenues chaudes, loin du grésil des mers du Sud

On attend la fin, que fonde cet épisode figé

Que « se forment au large du Brésil » des trajectoires nouvelles

Des voies à ériger et « se positionner »

Dixit un expérimenté à terre, qui comprend leur irritation

Les rangées d’heures plates, de trop de replats

« Le petit temps est très agréable… » à toute embarcation

Croyez qu’on y embarquerait à souhait, pour les pôles

« … mais la pétole est très usante » : on se sent parqués à son bord

C’est une patrouille à 39, et encore, presque -1

Avec une voile éventrée, ce serait moins simple

Par un peu de couture s’en dépatouiller, les paumes agiles

« Las Palmas » où tout près « il a jeté l’ancre »

Entre les îles et le large, au milieu d’un temps mort général

Il n’est pas à quai et s’enquerra bientôt à nouveau

De se générer l’allant, ou à son navire tendu vers plus loin

Tandis qu’un « crac » est survenu sur un autre pont

La langue du bord effectue sa « série de vérifications »

La comptabilité des pépins serait sans fin sûrement

Pas en vain cela dit, de chercher l’élucidation

S’assurer de « l’intégrité structurelle » du navire

Plutôt qu’être empêchés à des heures de plus lourde navigation

« Les bateaux ont été plus que fiabilisés… » en ce sens que

« … la flotte a gagné en connaissance » et viabilisé

Des allures plus envolées encore

Dans « l’exigence aussi et ça permet aux marins »

Dans l’azur, le grain, la sûreté, ce rien de sérénité supplémentaire

D’aller, soutenus, portés par « les équipes… » et quatre années

« … sont plus conséquentes et le niveau de préparation »

A cru encore « a monté d’un cran »

Car derrière quatre ans et un vaisseau, ils sont nombreux

Les travaux, les efforts, les plus ingénieuses attentions

Or ici, il devra « faire face à des fissures »

S’espérer qu’elles ne soient pas trop insidieuses et les régler seuls

Défi sûrement pas insurmontable sauf à ce que fatales

Quand dehors à cette heure où les nuages défilent moins

« les partisans de l’Ouest… » agenceront la suite 

« Accélèrent » et s’éloigneraient de cette « satanée zone »

La chance ils l’ont, d’avancer pas trop endommagés

Enfin quitter cette tannée « de molle » et « sur le qui-vive… »

Ils visent de vivre un peu plus vite, partout

Car « tout peut arriver, tout le temps »

L’ivresse pour plus tard, mais tout de même on repartirait

« Lorsqu’on traverse ce genre de zone, on essaie… »

De livrer ses forces à l’instant choisi

« … de fuir et de ne pas rester bloqué »

On s’efforce, en instance alors ?

Loquet levé dans les lourdes serrures du ciel ?

« La houle de Nord nous pousse vers le Sud-Ouest »

Dans les alentours de cette flottille, qui s’extirperait

La mer « n’aide pas à stabiliser les voiles »

De ces petites îles qui flottent, dont « les voiles flappent »

Ce sont des petits fils ténus, ces calculs que l’on projette

Quand « les alizés ne seront établis… » que plus tard, plus Sud

« … qu’à partir du Cap-Vert » et l’atelier mobile mieux lancé

Avec un établi pas trop rempli « un bateau en bon état »

Pour se départir des autres ou la lenteur, des repères et certitudes

« … de rentrer dans les mers du Sud » sans port d’étape

Car là-bas sans porte d’échappatoire : furieuses latitudes

L’entrée vers l’après, l’émerveillement sur du plus rude

Encore qu’on « ne sait pas du tout ce qui va se passer »

Ensuite ? à verser des flots d’énergie et délasser les quilles ennuyées

Défendre une position, étendre des écarts

Descendre en nuée « avec le Pot-au-Noir à traverser »

Tout ça n’est qu’illusoire encore, qu’une histoire qu’on se raconte

Et « à quelques milles de distance, un marin »

Se rend compte qu’il se fait dépasser, dans une mare incessamment tranquille

A quelques milles quasi 10 nœuds de différence

Il y a quelque part un vœu à faire, une espérance à conserver

Pour que les choix dans cette errance permettent de faire mieux converser

Le navire et l’eau et l’air, et la joie d’en sentir toute la puissance

Mon temps, son temps, un même espace

« Montrant la barre de nuages qui le sépare de son concurrent »

Les spasmes soufflant plus dans cette voie là-bas

La base est d’en céder le moins possible

Mais la voile est là « à quelques encablures »

A s’en excéder ou en sourire « le chassé-croisé se poursuit »

Chat sait jouer, mais la chasse pour sûr n’est pas jouée

La souris d’hier, féline à la nuit d’après-demain

Episode ici qui passe et repasse, se reproduit sans fin

La carto des concurrents en sourdine : mieux vaut

Dans cet exode qu’on court : concours qu’on aimerait qu’il termine bientôt

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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