Vendée Globe 2024 | Mardi 17 décembre 2024
La misère et l’évitement des misères : serrures à crocheter
Un hook s’est emballé, brisé, grand-voile en rade
A s’en faire décrocher durant la nuit
C’est rude, écorchée mais pas une blessure décisive
Dans ces eaux virulemment adressées aux marins
Elle, voit comme une césure se faire avec ce groupe qu’elle suivait
Comme un effet de coupe de par l’ivresse frustrée
L’usure est là, les faits sont clairs
Les façons de faire divergent, hurler, pleurer, n’en rien montrer
La sûreté avant tout, et des ourlets à faire, dans ce tissu mécanique
Alors qu’ailleurs, près d’une zone de glace à l’imaginaire voix rocailleuse
Certains s’aperçoivent sur la carte, dans ce round inédit
« Il y a une forme de sérénité… »
La suave n’est pas à la carte pour eux, dans leurs écarts minimes
Les pages s’enchaînent et le leader est à peine passé
Par un deuxième qui a su avancer par meilleur profit
« qui se dégage de l’aventure » ?
Aucun des trois, bien que l’inventaire des bris en ombrage un
La régate fait rage alors qu’au Sud extrême du monde
« Aventure que mènent tambour battant les trois premiers »
L’un plumé d’une aile, troisième, sur un bord pas pénalisant
Et deux à presque rien devant, trois îles ou presqu’îles
Enrhumés pas le moins du monde dans ces zones
En téméraires mais bien avertis des autres archipels mouvants
A franchir l’antiméridien, à reverdir sans cesse
Le revers du sort à d’autres et « les jours passent »
Non pas en timides mais à 600 milles fois de petits riens
La petite répétition, de l’impertinence des systèmes
« le constat ne change pas » les pétitions aux cieux n’y font rien
Devançant un front ou pris dedans, à tout faire comme on le penserait
au mieux
De pensées en relances « il faut prendre son mal en patience »
On a beau scander l’envie d’en être, la course se découpe
Pas dispensés d’intense pourtant « au coude-à-coude »
Bien que d’autres accourent à l’arrière, profitant de la rayure
Bleue à la carto « la grande dorsale anticyclonique continue »
D’attiser les partisans d’une poursuite resserrée
Puisqu’aux 4, 5 et 6ème à « leur barrer la route »
Pour se situer bientôt dans un même regroupé
« déterminé » comme lui « à rester à l’avant du front »
A refuser d’en terminer ou « laisser s’échapper »
Le Pacifique infuse de prévisions bonnes à dire
Que le chemin, si trop lent, « équivaut à rester bloqué »
Dans des fuseaux et perceptions peu satisfaisants
Quand ce mince instant où s’engager peut changer la donne
Se la donner pour éviter un plus long temps de cette « zone de vent perturbée »
Se faire évincer n’étant pas le souhait, on étend la foulée
Les précipices ici ne sont pas des à-pics, ni même les abysses
Mais plutôt les aires contrariées, un environnement houleux
« beaucoup moins propice à progresser sereinement »
Le désert bleu du satellite pour un désir de feu à revisiter
La mer est éloquence ou mutisme, a ses accointances et dédites
Certaines « en ont fait l’amère expérience »
La meilleure expérience étant du prisme qui avance sans casser
« L’écart va donc irrémédiablement se creuser »
Entre les matrices du devant, et l’écarlate auquel s’exposer
« entre les deux navigatrices » et ceux choisissant leur sort
En quelque sorte, écartèlement entre espoir et réel
« difficile à encaisser » pour elle et sa « succession d’avaries »
Le succès a son coût, l’arène l’a dit et répété
Se faire respectueux ne donnant aucune garantie
Le cercle est vertueux pour d’autres « à l’arrière de la flotte »
L’étau du temps se resserre, le taux de compétition augmente
Bien en avance sur un vieillard en carrosse et sa hotte
L’ancien d’ici cadence sévère et tous « redoublent d’intensité »
La transe se mérite à faire « face à des vents d’une trentaine de nœuds »
Sûrement des centaines de vœux dans ces mers, de ne pas briser
Bien que repriser soit possible souvent, la saveur de l’intact est précieuse
« en attendant, il faudra résister » persister, d’un tact hauturier
« à l’accumulation des efforts » qui ciblent aléatoirement
Aller à terre ne s’accepterait qu’en remontant, dont acte
Alors de l’océan ils tolèrent les remontrances et « ennuis techniques »
De longues séquences plus droites ou emportées pouvant récompenser
L’Indien est un genre d’hydre au génie tourmenté
Le meilleur des endroits pour planter, se relever, piquer
Puis recoudre une trajectoire, hanté par le vœu de s’envoler
L’époque est à l’adaptabilité pour eux tous
« nouveau problème d’hydro générateur » ou gêne occasionnée
Que le navire tousse ou soit fiévreux, 37,5 encore sur du flot courroucé
On couve au milieu des autres, son mal ou ses ambitions
Quand vers l’Australie, sans son mât l’une court, puisqu’il s’est fait la malle
Le son des désagréments a ses variantes, ses va-et-vient
Ici « avarie de vérin hydraulique de quille »
De qui, de quoi, les problèmes émergent sans submerger
Le Sud héberge des maux, dans sa poésie libre et tortueuse
La prose acide pour tester la fibre des brebis : ces îles voyageuses
Sait-il de tout à l’avance ? ou séquence-t-il les malédictions qu’il réserve
Des conséquences qu’elles engendrent, par un jeu divin d’aviné
Il les voit là « batailler dans du vent fort au sein d’un système dépressionnaire »
Des pressions neuves ou ressassées, des passions éprouvées pour les déclassés
« Ces conditions concernent aussi » ceux qui les aiment à terre, épouvantés parfois
« encore aux prises avec l’océan Indien » pour s’assurer d’une leçon bien apprise
Au corps « les jours se suivent et se ressemblent » la suée forte dans le froid
En chœur « tous n’ont qu’un rêve » s’espérant la suite
S’essuyant le front, fuyard des circonstances d’ici
Depuis le départ, la fugue a l’intensité variable et décille ou repose
Des cris de joies, des rires, d’écrire des voies le Sud s’amuse
Il n’est pas dit qu’il s’amenuise mais eux s’espèrent
Par une arithmétique lointaine « entrer dans le Pacifique »
Nourrissant l’espoir de moins d’arythmies provoquées
Tout bruissants du vent tout puissant qu’ils ont convoqué, pour leur épopée
Jean-Marie Loison-Mochon