Vendée Globe 2024 | Lundi 16 décembre 2024
Certains ont des casses moindres, et certains des phrases majeures
Pas loin d’une île qui se dit Saint-Paul, dans des pagailles de grains
La sympathie d’un marin pour son mât
« J’ai un rail… j’ai un rail ! »
L’ascension tout en haut du tipi flottant
En tenaille entre éléments et disgrâces du sort
L’ascenseur dans l’autre sens
Entaille défaite, changée, fixée
Et l’absence de représailles ? ça…
En faille ils s’y connaissent, en résilience autant
« tous une pensée pour… » elle
Evénement de taille trop importante
Déveine monstre ou danger manifeste
Le navire n’a plus rien d’un bien portant
Le navire n’a plus de liens avec l’air
Mais elle dessus toujours « qui a démâté la nuit dernière »
Des marques effrayantes de griffes invisibles
La suite est une errance prévue, après l’atterrement
« route sous gréement de fortune »
En fuite de cette malchance au périple
Son infortune est la pire
Mais les labyrinthes de l’Indien en réservent à d’autres
Quelques sévères visibles et pleines d’huile
« problème de vérin hydraulique » et toutes les peines d’une nuit
Lui, la course il la continuera bien que les plaies !
S’accumulent sans tant discontinuer
Sentences répétées, à se faire tancer par des monts liquides
Pas moyen de parlementer, sous tension avec l’océan
Son temps se prolonge, à balancer de sourires et galères
« aidé par son équipe technique à terre »
Sans atermoiement possible, les soupirs à évacuer
Hué par les vagues et le vent, le pont enduit de graisse
Conspué peut-être mais aidé aussi par le plus ancien
L’expérience, pour encaisser ou l’enseigner, sert son marin
Le jeunot, à sauter dans des cerceaux de feu
Est-ce pour tester le maintien de son humeur ?
Le jeûne d’opportunités plus douces, pour faire pester, hurler
A devoir faire mille ourlets dans du métal, des serrages anarchiques
L’Est est à portée en permanence, mais la lubie de ces jours est claire
Frapper comme en orages sur les permanents du voyage
Happé plus encore qu’appelés, par les « terres australes et antarctiques »
Qui ne sont parlées par personne ici, puisqu’on y vit à peine
Cet autre y voit un navire de pêche
Tandis qu’il répare son mât, se filmant les yeux gros
Filament d’espoir et de lutte, perché dans la hauteur
Aussi près du firmament des peurs que des cieux colériques
Finalement, les spores d’un meilleur sort ont daigné se poser
Sur lui, qui « a pu repartir en fin de matinée »
Aucun final ne manque et les mâts en ont pour d’autres
D’autres silhouettes perchées « pour changer sa girouette »
Les masses en ont après la flotte
Sous la houlette des problèmes, cette autre en direction de ses îles
Un homme du Sud dans ses mers mais ses soucis faisant marmaille
Cette course n’a rien d’enfantin, les voiles se parant de cris déchirants
Une complication en enfante une autre, on l’affronte à l’aube ou à la nuit
Et quand la coque et le mât et la toile se tiennent tranquilles ?
La complexion fait dans ses complications, du jeu naissant des douleurs
Lui qui « souffre du genou » à force de se faire bringuebaler
Les fées du sort dansent sûrement, d’une sorte d’amusement
Au son de toutes ces difficultés prêtes à s’emballer
« Alors que débute la 6e semaine de course » à suivre la muse : le vent
Non sans bailler on poursuit ou se poursuit
Elle, quête le refuge « à 700 milles des côtes australiennes »
Le tout pour le tout pour son bien
« qu’elle devrait rallier dans une dizaine de jours »
Le tour de la question, le tour du monde
De l’introspection grandeur nature
Le tout jusqu’à l’exhaustion
Sans candeur permise, à la dure
Jusqu’à épuisement des solutions, des remises de peine
Ils récoltent, récoltent, jusqu’à ce qu’ils s’en prennent une de trop
Quand un, deux, trois, devant sont à filer
Sous voltage modéré mais mot soumis à modération :
Des risées suffisent pour l’heure à les maintenir dans le vert
La carto n’impose pas tant de pondérations à ceux qui mènent
Les statistiques leur sont alliées, peut-être aussi sont-ils taillés pour
« on constate pour l’instant que les skippers qui ont… »
Le moins l’incurie et des goûts de jaillissement permanent
« Qui ont de grosses écuries et les budgets » :
Qu’ils sont épargnés par le dégoût des dieux d’ici
Pas de sinécure cependant pour le haut du panier
Le premier poursuivant « allonge la foulée »
« Et progressivement il revient » sûr de lui et de son bateau
Sur le seul qui le devance, au gré de cadence de vent le favorisant
Les favoris s’empoignent non sans peine mais entier
Pas un pour être à « jamais rassasié »
Les loups d’éphémères trajectoires, qui s’observent : se regroupent
Sûr qu’il « ne boude pas son plaisir » mettant les distances au brasier
A 500 milles ou des poussières voilà un temps : à dix maintenant
Accent mis sur la joie en des instants pareils
Puisque rien ne semble vouloir les séparer ?
L’accentuation constante d’une rivalité
Elle est à faire écho si l’on étend la vision
Entre une poignée d’alter ego près d’« une grande zone bleutée »
Prédateurs sommés d’une attente de plus
« la bulle anticyclonique » incante ses magies de ralentissement
Un conte pour rois, une mauvaise histoire dans d’autres froids
« il faudra être patient » pour des bras armés et prêts à naviguer
Quel bazar mis dans ce classement et ses revirements
Voyant de basses heures à certains, remisés, quand d’autres en pleine vigueur
électrisés
Jean-Marie Loison-Mochon