Vendée Globe 2024 | Lundi 23 décembre 2024

Diamétralement opposés

La planète a le mot pour ça

El planeta mais des émotions d’autres mondes

Deux distincts dans un même hémisphère

Mais de distances, commotionné

L’un dans l’Indien quand à des milles de là

Le Horn et ses stances vont rugir au premier

L’endroit doit lui paraître étrange, dans cet envers du monde

Écorné par certains vents quand dernier

Qu’en dire à part en être toutefois 

Sans lyre ni rien, il s’imagine une bouche toute joufflue

Il dit que le scénario se répète, al viento qui soudain forcit

De golpe, des coups comme soufflés du haut

De l’invisible dans des prévisions qu’il décrit imprécises

Décrire un plaisir se fait aussi par ce qui le contrarie

Contrit de recevoir ces si précises rafales

À s’en coucher dit-il, à s’en relever son île, chaque fois

Pas d’absence en ces eaux : elle se paierait

Cet océan s’en est déjà payé quelques-uns

C’est une séance à distance de tous

Drôle d’existence dans ce contexte de course

Certitudes abolies, pas tant d’avoir molli mais c’est ainsi

D’autres ont des bolides ou des aptitudes différentes

Pas d’attitudes déférentes : on s’affronte et s’éloigne

L’empoignade est telle qu’elle se reproduit de tout partout

Au tour par tour on se ramasse de la molle

Baignade exclue mais végétatif contaminant

Et quand on t’a mis dedans, va-t’en sortir

La zone d’exclusion regarde de loin, à 300 mille et plus

Freinant à profusion, ceux qui à son large écument

Personne ne feignant l’effort, ni elle qui une fois déjà fit le tour

À manquer le train disent-ils

Un manque et le teint change à la carte

À la tête, du criant ou caressant mais de l’avancée

À la sienne, du liant perdu, son groupe éphémère a eu de la chance et ?

Elle comme d’autres, sont à héler le ciel ou la mer

Facile amertume, comme un mot empreint d’existentiel

Commun qu’au milieu de rien on se dise soudain

Que d’autres ont tout : et les circonstances et les atouts

Et qu’au plus vite tu passes en ces lieux, moins ils te flouent

Son île à elle était dans un groupe de quatre

Pas le plus fougueux, pas le plus rugueux mais à tracer ensemble

Son aile a-t-elle faibli ou son heure était-elle écrite quelque part ?

Dans un quelque part qu’aucun sondeur du ciel ne peut s’accaparer

La moquant presque sans vent, sans la saveur de cette compagnie perdue

D’un « t’as qu’à barrer » puis tu verras

L’océan étant taquin, perdant même les satellites pour les conditions

Qu’il fixe ou solidifie les positions : enlise ou renvoie sans solde ici

La pépite de temps était-elle unique et destinée aux devanciers ?

L’appétit frustré, il n’est rien à faire que ne pas renoncer

Peu probable de se remonter le temps avec deux océans entiers

Mais si les marins cherchaient du palpable ils plongeraient

Plutôt que quêter, ambitionner l’insaisissable

L’air est affable ou non, les riens font partie de la fable autant que la folie

Les tempêtes les attendront, quand le Horn va pour être tendre au duo devant

Le 3eme dura au mieux mais s’est pris un mur pour l’heure

Les étendues s’accentuent, les angles et bords chafouins

Les axes enduits de vitesse ou de prouesses

Ça chuintait en dépression, ou chantait le refrain du bon choix

Certains loin, se désaxant même plus Nord encore, n’en sont pas là

Chaque dans son palais flottant, un goût dans la bouche

L’eau ça pour sûr mais avec quels aliments ?

La concurrence à deux, comme de milles d’écart

Des miettes de carte avant la remontée à venir

Mais avant, les remontrances de cette Terre Sud ?

Secteur sous des dimensions de gigantisme

Éteignoir à tant, et eux n’auront pas le temps d’attendre

En pleine mer, en pleine nuit, peut-être même ne la verront-ils pas

Cette terre noire qui a coulé bien des espoirs et surtout des vies

Surtout ne pas dévier de l’idée d’y passer au plus vite

L’éternel attendra, eux courent encore l’hydre des vents

Ils couvent le vœu de se séparer en s’expliquant

Le Pacifique pour une fois fidèle à son grand nom

Ne leur a pas fait faire des jeux stratégiques ou curieux

Combat des chefs pour qu’on batte l’échiquier :

Sur un Atlantique moins enclin sûrement à les faire s’affronter

Dans les faits, la frontière de l’océan précédent annonçait pareil

Et ils n’ont fait qu’amasser l’avance, comme des canons sifflants

La ronde est loin d’être terminée et les retards amoncelés pas plus

Si un monde se ligue soudain contre eux, il faudra encaisser le raffut

La page est facile et vite tournée ici, pas trop d’alpages sur l’eau

À voir comment l’océan se creusera la répartie

Repère terrible en vue déjà

Pas sûr qu’il veuille déjouer et ça c’est dit

Jusque-là beaucoup ont fait sédition à contre cœur

Et jusqu’au Horn, les lieux pourraient leur en conter encore

À plusieurs jours de distance et quelques milliers de milles

El sabor, des aléas vils ou de bon vouloir

La volonté au milieu, les mises à faire monter

À combien met-on les paris, qu’untel arrive plus tôt que toute édition ?

Et à combien sinon, que l’un contrevienne au scenario présent ?

Deux étoiles filantes et d’autres dans la pétole fielleuse

Puis entre eux, dans le ventre du Pacifique

L’étoffe lasse des poursuivants, comme un peu de colle aux basques

Pas de pétrole mais des idées, et désirs d’en finir avec l’écartement

Pour sûr que les écarts te montent à la tête

Quand les cartos te montrent que certains sont à la fête

Et qu’en fait de récompense à l’effort fourni, on n’en est que puni

Bien que tous se sachent en cendres un jour, puis à renaître au suivant

Devant pour l’heure descendre et puiser, jusqu’au Horn réputé bestial ou puissant

Jean-Marie Loison-Mochon

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