Vendée Globe 2024 | Lundi 2 décembre 2024

S’enfermer séance tenante dans une voie Sud ?

Ou « prendre la poudre d’escampette » dans ce qu’on entrevoit plus sûr ?

Les sens fermentent, la tension monte

Aux avant-postes ou avant Cap, on prend le pouls des tempêtes

L’intention toujours, de s’engager sauf et de s’en sortir intact

Aux savants postulants de « ce Grand Sud aussi espéré… »

Que redouter ? peut-être l’impact de ce qui s’en vient derrière

La flotte est à jaillir vers une échappée, passage aussi beau ?

« … que redouté » car les environs n’auront pas ce tact-là

Laissant les envies rêveuses au placard : on s’active

Avant le Cap ou juste dessous : de juteuses rafales à siffler

On faisait des calembours encore voilà quelques journées

Mais sans crier on en revient

D’ouvrir des calendriers, n’était-ce pas enfreindre ?

Jour après jour, la primauté que se réserve l’avant ?

Ainsi, est-ce la volonté de réprimander ou prélever ?

De l’espoir dans des esprits, ou « tour à tour »

Les affres d’une vilaine avarie, les safrans relevés ?

On n’est pas en balade ici, et l’on ne bat pas l’ode aux mers

Les balafres peuvent se faire réelles, déboires manifestes

Au gré de « violentes sorties de route », on en boirait l’eau de mer

On emploierait des jurons, devenant autant victime que bâton

Devant, deux manœuvrent Est, avec cette manie d’échanger

On empannera plus tard peut-être

On en reparlera demain, après-demain

Quand on en parle au présent derrière « se rendant coup pour coup »

Dont certains croyant à tort qu’on put ne plus avoir l’âge

On ne le croit plus, sous « … les empannages à la faveur des forces »

De l’expérience ou du « vent qui les accompagne »

Ayant pourtant porté bien du retard, même sous une seule forme de dérive

« accusé jusqu’à 400 milles de retard » sur des sols moins formés

On en aurait des rires si l’on ne se concentrait pas sur ce qui arrive

De derrière et dessous, se formant ou déformant la mer bientôt

« les leaders de ce paquet » réforment les anciens constats

Les constantes du ciel sont incertaines, entre terre et ciel tout est instable

Les îles s’éparpillent sur certaines portions

On a laissé Prince ou Marion, avant la pluie de coups ?

Vers celles aux Cochons, ou de la Possession

Purple veins dans les tracés du crépuscule

El color de los golpes, quizás, pour ceux qui en profitent de trop

De temps, de matériel, d’avance ? sera-t-on dépossédés ?

Ce râteau dans le ciel va passer finement, tout un chacun

On saura bien assez tôt de cette « jolie dépression bien enroulée »

Pour beaucoup, on fait que l’élan dure, et l’on cherche l’esquive

Aux rouleaux et creux, au boulot pour plus long

Est-ce moins audacieux ? est-ce qu’ils vont se la payer pareil ?

Saveur ou goût, plutôt indigestion ?

« Tous savent qu’ils vont au-devant… »

De l’aventureux, ou de l’urgence d’en resquiller

« … du grabuge », on s’avance vers, voire on s’en va

On sait qu’elle n’est pas vraisemblance, cette tempête

Mais bien premières saillies des contours de l’Antarctique

On sème ses concurrents, qui seront les premiers à y goûter

Ça y est : « les premiers jours de conquête » dans ces mers au Sud

On s’emmuraillera bientôt dans de petits habitacles faits pour

Conçus pour mais qu’en dira la réalité ?

De ce qu’on supporte à ces latitudes, il faut l’avoir déjà éprouvé :

Le jardin est ouvert, le genre d’endroit dont on rêve ?

« J’aime bien l’exotisme et l’imaginaire autour… »

Il y a de la sève de romantisme dans les cartes et ce qu’elles ourdissent

Les heures disent qu’on en approche, pour elle

« Ma foi, on va bientôt passer le Cap » et coulisser

Vers l’Indien, en compagnie de quelques-uns, petit convoi

« Je sais que ça peut être un endroit dangereux »

Ne se limitant pas à « tous les noms qu’on voit »

L’enjeu reste de demeurer sain, entier, préservé

« Rester dans le rythme » et sans balancer trop de toile

« bientôt devoir faire place à une voile plus petite »

L’essaim des bateaux a l’allure disparate

Antes de que los disparos… « on ne s’emballe pas trop »

On s’embrasse des yeux à la carto, sembrados

Des semis sur l’Atlantique Sud, seule l’unité en est décimée

On veille consciencieuse à ne pas dépasser la mesure

« Ne pas m’écraser dans l’eau » et laisser au bateau

De l’espace et de quoi respirer, le nez plus en l’air

Quelques volatiles s’en viennent raser les eaux, flairer ces bizarreries

Ces gros oiseaux pour certains presque ailés, tournant à plein

« Je retourne à mes petites occupations » dans un langage bigarré

On brigue un maintien, un mieux, on sirote le calme avant…

L’attente et toute cette distance jusqu’à… « ma tasse de thé »

On s’irrigue de vent, on s’abreuve de chaleur

On sait être en passe de se faire éprouver

Le Grand Sud bientôt à l’œuvre, le pouls verrouillé ?

L’imminence toujours plus imminente de cette tempête conquérante

En d’autres temps, l’aurait-on su prête à frapper si précocement ?

Tant de précautions ! d’espoirs de mansuétude ?

En d’autres termes, on a beau savoir que ça va tomber…

« Le navire glissant sur les gouffres amers » vous savez ?

Devant l’antre qui les attend, de houle ferme

Pourvu qu’ils suivent et poursuivent « indolents compagnons de voyage »

Un doux leurre laisserait penser, sans les systèmes téléguidant

Qu’intrépide en ces eaux, on pourrait aller sans s’attirer la foudre

Mais la leçon à tirer en sera plutôt : tête dans le guidon

Leur marge est une coupe ou un écart : storm in a tea cup

A ces heures prochaines où le trépidant t’occupe

De l’âge, les mots n’en prennent parfois pas trop

Il ne sera pas question de Patrocle mais de leurs talons d’Achille

De l’agilité qu’ils auront, à se faufiler ou essuyer à l’ombre du ciel

A redire que ? « ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! »

Mais princesses et princes des nuées : c’est ainsi qu’ils se veulent

Jean-Marie Loison-Mochon

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