Vendée Globe 2024 | Jeudi 21 novembre 2024

Certains y ont déjà erré, d’autres vont s’initier

En décalage à divers groupes, s’insérer dans ce « front… »

Un terme peu amical, ici épousant celui « chaud et humide »

« … intertropical » et du temps, ne pas s’en faire trop piquer

Epoussetant ses souvenirs, un marin résume l’idée

« Je n’ai jamais rien compris au Pot-au-Noir »

Un terrain face auquel comprimer l’impatience

« Interface entre » deux anticyclones

On te rince, on te vente, on t’arrête ; on repart

« Un petit peu au p’tit bonheur la chance »

La danse est celle-ci : imprévisible et d’une durée indéterminée

Dans la flotte on y contracte un genre d’allergies

Pris entre « Açores » et « Sainte-Hélène » agités en esprit

On s’espère garder le contact et la nuit vient

Et lui tient son carnet « we are officially inside »

Dont acte : de longues heures à se faire essorer

Non par un temps trop fort mais sans cesse changeant

On pactise avec le sort car « la zone défavorable… »

Ne naît pas avec justesse « n’est jamais au même endroit »

On balise d’ennui ou d’être pris, dans ces « roues d’engrenage »

Engageant Equateur, dans l’Atlantique et ses torpeurs

Un gage à celui moins touché par le vent que la malchance

On vit en y pensant presque trop mais rien !

« for what might be an intense night »

Non rien, ne « devrait leur être épargné »

L’endroit s’entend usant « nerveusement et physiquement »

Le haut du panier fournit ses efforts, dans une pesante tension

« manœuvres, ne pas dormir, du vent, pas de vent »

A l’envers du monde, ou du sens, on souhaite la dépression

« au large du Cap Frio » mais avant : « concentration »

On s’entretient avec soi-même cette nuit, comme nimbé de force ?

« … de cumulonimbus » et l’on frise l’agacement plus que le rire

« Le Pot ça commence à suffire » et cette fuite d’ici pèse

Sous cette masse de nuages qui « anarchise la circulation… »

La romance avec la mer n’est pas pour ici ou alors pour du conflit

La résonnance des mêmes humeurs sur les navires : « il a fallu… »

Faire les marins veilleurs « … sur le pont toute la nuit »

Faire face aux airs bailleurs de l’obscurité sur zone

« Je suis sortie du Pot-au-Noir ce matin »

Place aux airs nouveaux alors ? devant seulement

Car nombreux sont ceux encore dedans « de gros nuages noirs… »

Faussaire de météo, la zone ne régale pas

« et les vents erratiques » dont « l’accumulation fait parfois douter »

Tout est dans l’esprit, surtout quand rien n’est dans les voiles

Elevant le philosophique pour s’enlever un peu de la souffrance

Nerveuse ou physique, sans lever la hâte « à s’en sortir »

La zone ne régale pas tant mais « régate d’acharnés »

Certains y entrent à peine, en sortiront-ils aussi ?

Avec peine, ou au contraire comme elle qui comptait !

« 250 milles de retard » et rencontrant mieux les airs…

En comptant maintenant trois fois moins

Reste qu’on n’est pas rouillé mais un peu lassés sûrement

« certains sont parvenus à mieux se dépatouiller »

C’est un constat en sortie pour les premiers

Et cette inconstance au classement va-t-elle durer ?

Et c’est un comble de rattraper pour se faire distancer

« On est à la bataille » on se laisse happer

En photo, ou à la radio, la voix hachée de zef ou d’ondes

On se nargue ici d’avoir taillé sa part dans un record nouveau

VHF ou vidéos, nouvelles circulant sur tous les fronts

« J’ai vu tes moyennes cette nuit », c’est-à-dire au-dessus de moyennes

Et « je me fais doubler par des algues » sur fond de rien en vent ici

Au-devant on s’enthousiasme de l’après « pour une course… »

Où l’on imprime autre chose que des contrariétés de temps

« où c’est la vitesse qui prime » car tel était le contrat en fait

« Ce matin on est dans le Pot » entendrait-on derrière

Et dans ces solitudes, ce que la vie tisse à bord ?

« Faire un état des lieux des écarts » : dans les temps ou non ?

Et retrouver ceux qui sortent trop, escortés par de meilleurs vents

Il n’y aura pas revanche mais « prochaine échéance »

Séance tenante, filer vers un autre « franchissement »

Des écarts d’heures encore à peine, et que dit l’équateur ?

S’élance une lente percée, vers une avancée plus véloce

Il s’agissait d’être le moins en retard

Il s’agirait d’être le plus précoce

En regard « l’autre hémisphère »

Les causeries moins fréquentes peut-être

Sauf au dialogue des distances sur le Sud de la sphère

La course va-t-elle se faire enfin ce meneur ou cette meneuse ?

A 19h et des poussières, esquisse trop brumeuse encore

On les sent impatients d’en découdre

Avant que ne se découvre « l’Atlantique Sud »

« La longue descente » ; marre de faire des ronds dans l’eau là-bas

Direction Fernando de Noronha

Dire action et Cap Frio et Rio de son état, plus si loin

On ne s’attend pas au pugilat mais que cesse le dos rond 

On n’a plus l’âge d’attendre, on ne l’a jamais d’ailleurs

On a le pelage doré ou mat, la peau exposée aux fièvres de moiteur

Mais on veut « la dépression qu’ils pourraient accrocher »

L’approcher « un peu au Nord de Rio de Janeiro »

On se met ainsi en ordre, en capacité de se projeter

D’empocher des places ou des avances, vers le grand froid

La lenteur est douce puis insupportable

« Les regards sont surtout portés sur la suite »

Un Pot où l’on s’est lessivé ce qu’il faut

Où l’on a tout fait pour esquiver bien que certains y ouvrent une bière

Mais pour devant, tout ça c’était hier et l’on veut !

L’enterrer, ne plus lanterner : en glissant sur « un meilleur angle de progression »

Faire immixtion en tête ou y rester

Poursuivant, au contact : en jeu, pour croiser le fer et se tester

Jean-Marie Loison-Mochon

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