Un piège en liège
Tu m’as attendu, pensais-tu
Du temps a passé, tu t’pensais libre
Tu m’as tendu, vers toi, vers une voie libre
Du temps passé, lui t’est resté, là brûlant
Tant a passé mais ta fibre est brûlée
Tu m’as tendu, m’fis bredouiller
Comme un feu à la mèche mouillée
Tu m’as tendu vers toi puis l’vide
La vie dicte au présent des choses passées
Tôt ma vindicte aura été tue, tassée
Auras-tu été autr’ chose qu’appréhension ?
Le désir fût comme du vin, dictant l’instant
Mais l’instant suivant tu n’l’as pas attendu
L’instant sans ça, sans l’sas de l’ivresse
L’instant t’aura été comme une sensation trop ardue
Toi trop perdue, moi trop perclus
Tu m’as tendu, j’t’ai cherchée, j’t’ai voulue
J’t’ai voulue libre et cherchée comme à l’été
J’ai tendu vers toi, mais ta peur était verglas
D’là, vers la fin il n’y avait plus…
Qu’les refrains purs et légers d’la peur
Ta peur qui m’a tendu
Peur v’nue d’un passé d’Liège, hors sol hors d’âge
Ta peur a tendu un piège à nos étendues
Et j’ai t’nu, j’ai eu beau t’nir au cordage
J’ai eu beau t’dire que j’t’nais à ces étendues
Tu m’as tendu, ta peur me distordant
Ta peur discordante, d’un av’nu, d’un vécu
Des corps dansent sur ces av’nues, vaincus du venin
J’suis v’nu, j’ai vu, j’suis perclus
J’voulais pas vaincre mais être à nu
Je n’suis plus à nous, tu n’étais pas à nu
Ta peur m’a tendu
Quand tu n’m’attendais pas
Tu n’m’entendis pas, sous ta peur m’distordant
Et moi je n’mendie plus d’puis longtemps
Alors j’me dis qu’y’avait plus
J’me redis qu’ta peur m’a tendu
Qu’ta peur nous a tendu un piège
Et si du liège on eut l’ivresse
Demain que rest’ra-t-il du vin ?
Oui dis, que rest’ra-t-il demain, d’l’ivresse ?
Que rest’ra-t-il d’nos liesses ?
Un temps d’Ouest à délaisser ?
Ou est-ce une lésion nouvelle ?
Ou est-ce toute une légion maintenant
Qui t’portera toute entière, au-d’vant
Qui t’portera demain, dans des joies au vent ?
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang