Tu ne dois plus espérer
Tu ne dois plus espérer, sera le dernier texte de la série Les voix d’Agustina. Au loin dans les montagnes avec son groupe, Andrinople XXI, elle encourage Jules peut-être autant qu’elle s’encourage elle-même, à regarder la sincérité et la profondeur de ce feu dans le sang, qu’ils auront eu.
Version originale (ci-dessous)
« Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais »
B.
Tu ne dois plus espérer
No debes
Non, délaisse, la esperanza
L’espoir est une chose du futur
D’un futur au crépuscule ou à la nuit
Futuro como… un feu d’artifice des possibles
Quand vos y yo, on l’a dépassé
Vos y yo, on l’a dépensé
Ici au fond des montagnes, pasé
En las montañas, mes pas émiettèrent la neige
Como un fuego, tout fantôme est mis à terre
Otra Tierra de fuego, tu vois ?
D’où je viens, où je vais
Por donde huyo, tu ne sais pas
Por donde vas, je ne sais pas
Es necesario que sepas, chat noir
Que ces pas sur la neige, déjà sont d’anciennes traces
Separarse es así, no pararse demasiado
La nieve déjà fond tu sais, nos traces
La neige déjà ruisselle, senderos
El pasado, c’est comme l’eau
A sangre y fuego, on l’incendie
El pasado, sus senderos
Sans dire un silence, il se déroute
Sans dessiner une once de sens, otras rutas
Sens se dessiner en toi, en moi, gato negro
La patte de otro destino
La pata d’une autre destinée
Des cimes par ici, vos y yo décimés
Dessine par là-bas, otras palabras
Par ici ou par là-bas, ne plus s’espérer
Vos y yo, separarlos
C’est par là que l’eau s’en va
Par ici ou par là-bas, en toi, en moi
Vos y yo, vois ces chemins nouveaux
Blancos en mis montañas
Negros comme à ta patte
De esas noches, nous ne sommes pas apatrides
Ne plus s’espérer, ne sois pas triste
Nuestros pasos nous demandent d’errer ailleurs
Et d’aller rire en de meilleurs futurs
Hacer reír d’autres crépuscules
De faire rire, otras noches
Un crepúsculo, c’est comme la fin d’un ciel
La noche, le début d’un cycle
Habremos empezado, cette nuit
Cette nuit, de un abrazo
Como un fuego, dans notre ciel
Cielo, qui a pris la couleur sang
La sangre, que ce début de nuit boit
Il y avait ce début de nous ? Quiza
Il y aura eu vos y yo, déjà
Le crépuscule et la nuit, ya confundidos
Nubes en bousculade
Nous baisse, como la luminosidad
Ya sabes, ce que tu m’as été ?
Ya sabes, homme au large maintenant
A lo largo del tiempo, vos y yo
Toi et moi, ha pasado
Alors gardons en nous ces regards
Los, de la luna, de la nuit là-bas
Los, de toutes ces fois, de tous ces soirs
Miradas suaves, étreintes et espoirs
Un futuro, qui ne doit plus s’espérer
Un futur alors, au goût d’autres espoirs
Futur au goût d’hier, gardons-en le meilleur
Gato negro, fais toi nuit, fais tes yeux à la nuit
Me fui, tu le sais, me voy, tu le savais
Ya sabes de mes je ne sais pas
De mes jolis pas dans le crépuscule
De ces joies qui partent dans la nuit
De ces voix de vos y yo, guardemos
De ces fois qui brillèrent, en los crepúsculos
De ce vos y yo qui erre au loin, gardons
Guardemos, les parts d’ombre
Compartamos tout le reste
Qu’on parte dans je ne sais quel Ouest
Compartamos, comme en une étreinte
Como en ese abrazo, qui s’espérait seul et unique
Un abrazo alors, à ce qui ne s’espérait qu’au présent
Recuerdos, comme des présences douces
Olvidemos, les présentes secousses
La vie dément ce qui était falso
La vie efface au loin ce qui était faux
Pero la vida guarda le feu dans le sang
Le sang ne s’en vide pas, de ces fois-là
De esas veces, de ces feux-là
De ces fougues-là, de esas ternuras
De ces fous qui dans les bras se prennent
De ces fous-là qui, de un abrazo, s’apprennent
Même quand todo se fue
Même quand tout d’un coup ils se reprennent
Car tout dans ces feux est verdadero
Jusqu’à cet abrazo qui au futur
Gato negro qui au futur, s’il le faut
Cette étreinte qui nous sera brasero
« Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais »
B.
Tu ne dois plus espérer
Tu ne dois pas
Non, délaisse, l’espoir
L’espoir est une chose du futur
D’un futur au crépuscule ou à la nuit
Futur comme… un feu d’artifice des possibles
Quand toi et moi, on l’a dépassé
Toi et moi, on l’a dépensé
Ici au fond des montagnes, je suis passée
Dans les montagnes, mes pas émiettèrent la neige
Comme un feu, tout fantôme est mis à terre
Autre Terre de feu, tu vois ?
D’où je viens, où je vais
Où je fuis, tu ne sais pas
Où tu vas, je ne sais pas
Il est nécessaire que tu saches, chat noir
Que ces pas sur la neige, déjà sont d’anciennes traces
Se séparer c’est ainsi, ne pas trop s’arrêter
La neige déjà fond tu sais, nos traces
La neige déjà ruisselle, sentiers
Le passé, c’est comme l’eau
A feu et à sang, on l’incendie
Le passé, ses sentiers
Sans dire un silence, il se déroute
Sans dessiner une once de sens, d’autres routes
Sens se dessiner en toi, en moi, chat noir
La patte d’un autre destin
La patte d’une autre destinée
Des cimes par ici, toi et moi décimés
Dessine par là-bas, d’autres mots
Par ici ou par là-bas, ne plus s’espérer
Toi et moi, les séparer
C’est par là que l’eau s’en va
Par ici ou par là-bas, en toi, en moi
Toi et moi, vois ces chemins nouveaux
Blancs dans mes montagnes
Noirs comme à ta patte
De ces nuits-là, nous ne sommes pas apatrides
Ne plus s’espérer, ne sois pas triste
Nos pas nous demandent d’errer ailleurs
Et d’aller rire en de meilleurs futurs
Faire rire d’autres crépuscules
De faire rire, d’autres nuits
Un crépuscule, c’est comme la fin d’un ciel
La nuit, le début d’un cycle
Nous aurons débuté, cette nuit
Cette nuit, d’une étreinte
Comme un feu, dans notre ciel
Ciel, qui a pris la couleur sang
Le sang, que ce début de nuit boit
Il y avait ce début de nous ? Peut-être
Il y aura eu toi et moi, déjà
Le crépuscule et la nuit, déjà confondus
Nuages en bousculade
Nous baisse, comme la luminosité
Tu sais déjà, ce que tu m’as été ?
Tu sais déjà, homme au large maintenant
Au fil du temps, toi et moi
Toi et moi, a passé
Alors gardons en nous ces regards
Ceux, de la lune, de la nuit là-bas
Ceux, de toutes ces fois, de tous ces soirs
Doux regards, étreintes et espoirs
Un futur, qui ne doit plus s’espérer
Un futur alors, au goût d’autres espoirs
Futur au goût d’hier, gardons-en le meilleur
Chat noir, fais toi nuit, fais tes yeux à la nuit
Je partis, tu le sais, je pars, tu le savais
Tu sais déjà de mes je ne sais pas
De mes jolis pas dans le crépuscule
De ces joies qui partent dans la nuit
De ces voix de toi et moi, gardons
De ces fois qui brillèrent, dans les crépuscules
De ce toi et moi qui erre au loin, gardons
Gardons, les parts d’ombre
Partageons tout le reste
Qu’on parte dans je ne sais quel Ouest
Partageons, comme en une étreinte
Comme dans cette étreinte-là, qui s’espérait seul et unique
Une étreinte alors, à ce qui ne s’espérait qu’au présent
Souvenirs, comme des présences douces
Oublions, les présentes secousses
La vie dément ce qui était faux
La vie efface au loin ce qui était faux
Mais la vide garde le feu dans le sang
Le sang ne s’en vide pas, de ces fois-là
De ces fois-là, de ces feux-là
De ces fougues-là, de ces tendresses-là
De ces fous qui dans les bras se prennent
De ces fous-là qui, d’une étreinte, s’apprennent
Même quand tout s’est en allé
Même quand tout d’un coup ils se reprennent
Car tout dans ces feux est véritable
Jusqu’à cette étreinte qui au futur
Chat noir qui au futur, s’il le faut
Cette étreinte qui nous sera brasero
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang