Tu ne dois plus espérer – version traduite
« Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais »
B.
Tu ne dois plus espérer
Tu ne dois pas
Non, délaisse, l’espoir
L’espoir est une chose du futur
D’un futur au crépuscule ou à la nuit
Futur comme… un feu d’artifice des possibles
Quand toi et moi, on l’a dépassé
Toi et moi, on l’a dépensé
Ici au fond des montagnes, je suis passée
Dans les montagnes, mes pas émiettèrent la neige
Comme un feu, tout fantôme est mis à terre
Autre Terre de feu, tu vois ?
D’où je viens, où je vais
Où je fuis, tu ne sais pas
Où tu vas, je ne sais pas
Il est nécessaire que tu saches, chat noir
Que ces pas sur la neige, déjà sont d’anciennes traces
Se séparer c’est ainsi, ne pas trop s’arrêter
La neige déjà fond tu sais, nos traces
La neige déjà ruisselle, sentiers
Le passé, c’est comme l’eau
A feu et à sang, on l’incendie
Le passé, ses sentiers
Sans dire un silence, il se déroute
Sans dessiner une once de sens, d’autres routes
Sens se dessiner en toi, en moi, chat noir
La patte d’un autre destin
La patte d’une autre destinée
Des cimes par ici, toi et moi décimés
Dessine par là-bas, d’autres mots
Par ici ou par là-bas, ne plus s’espérer
Toi et moi, les séparer
C’est par là que l’eau s’en va
Par ici ou par là-bas, en toi, en moi
Toi et moi, vois ces chemins nouveaux
Blancs dans mes montagnes
Noirs comme à ta patte
De ces nuits-là, nous ne sommes pas apatrides
Ne plus s’espérer, ne sois pas triste
Nos pas nous demandent d’errer ailleurs
Et d’aller rire en de meilleurs futurs
Faire rire d’autres crépuscules
De faire rire, d’autres nuits
Un crépuscule, c’est comme la fin d’un ciel
La nuit, le début d’un cycle
Nous aurons débuté, cette nuit
Cette nuit, d’une étreinte
Comme un feu, dans notre ciel
Ciel, qui a pris la couleur sang
Le sang, que ce début de nuit boit
Il y avait ce début de nous ? Peut-être
Il y aura eu toi et moi, déjà
Le crépuscule et la nuit, déjà confondus
Nuages en bousculade
Nous baisse, comme la luminosité
Tu sais déjà, ce que tu m’as été ?
Tu sais déjà, homme au large maintenant
Au fil du temps, toi et moi
Toi et moi, a passé
Alors gardons en nous ces regards
Ceux, de la lune, de la nuit là-bas
Ceux, de toutes ces fois, de tous ces soirs
Doux regards, étreintes et espoirs
Un futur, qui ne doit plus s’espérer
Un futur alors, au goût d’autres espoirs
Futur au goût d’hier, gardons-en le meilleur
Chat noir, fais toi nuit, fais tes yeux à la nuit
Je partis, tu le sais, je pars, tu le savais
Tu sais déjà de mes je ne sais pas
De mes jolis pas dans le crépuscule
De ces joies qui partent dans la nuit
De ces voix de toi et moi, gardons
De ces fois qui brillèrent, dans les crépuscules
De ce toi et moi qui erre au loin, gardons
Gardons, les parts d’ombre
Partageons tout le reste
Qu’on parte dans je ne sais quel Ouest
Partageons, comme en une étreinte
Comme dans cette étreinte-là, qui s’espérait seul et unique
Une étreinte alors, à ce qui ne s’espérait qu’au présent
Souvenirs, comme des présences douces
Oublions, les présentes secousses
La vie dément ce qui était faux
La vie efface au loin ce qui était faux
Mais la vide garde le feu dans le sang
Le sang ne s’en vide pas, de ces fois-là
De ces fois-là, de ces feux-là
De ces fougues-là, de ces tendresses-là
De ces fous qui dans les bras se prennent
De ces fous-là qui, d’une étreinte, s’apprennent
Même quand tout s’est en allé
Même quand tout d’un coup ils se reprennent
Car tout dans ces feux est véritable
Jusqu’à cette étreinte qui au futur
Chat noir qui au futur, s’il le faut
Cette étreinte qui nous sera brasero
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang
[…] Version traduite […]