Les voix d'Agustina - A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Tu ne dois plus espérer – version traduite

« Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais »

B.

 

Tu ne dois plus espérer

Tu ne dois pas

Non, délaisse, l’espoir

L’espoir est une chose du futur

D’un futur au crépuscule ou à la nuit

Futur comme… un feu d’artifice des possibles

Quand toi et moi, on l’a dépassé

Toi et moi, on l’a dépensé

Ici au fond des montagnes, je suis passée

Dans les montagnes, mes pas émiettèrent la neige

Comme un feu, tout fantôme est mis à terre

Autre Terre de feu, tu vois ?

D’où je viens, où je vais

Où je fuis, tu ne sais pas

Où tu vas, je ne sais pas

Il est nécessaire que tu saches, chat noir

Que ces pas sur la neige, déjà sont d’anciennes traces

Se séparer c’est ainsi, ne pas trop s’arrêter

La neige déjà fond tu sais, nos traces

La neige déjà ruisselle, sentiers

Le passé, c’est comme l’eau

A feu et à sang, on l’incendie

Le passé, ses sentiers

Sans dire un silence, il se déroute

Sans dessiner une once de sens, d’autres routes

Sens se dessiner en toi, en moi, chat noir

La patte d’un autre destin

La patte d’une autre destinée

Des cimes par ici, toi et moi décimés

Dessine par là-bas, d’autres mots

Par ici ou par là-bas, ne plus s’espérer

Toi et moi, les séparer

C’est par là que l’eau s’en va

Par ici ou par là-bas, en toi, en moi

Toi et moi, vois ces chemins nouveaux

Blancs dans mes montagnes

Noirs comme à ta patte

De ces nuits-là, nous ne sommes pas apatrides

Ne plus s’espérer, ne sois pas triste

Nos pas nous demandent d’errer ailleurs

Et d’aller rire en de meilleurs futurs

Faire rire d’autres crépuscules

De faire rire, d’autres nuits

Un crépuscule, c’est comme la fin d’un ciel

La nuit, le début d’un cycle

Nous aurons débuté, cette nuit

Cette nuit, d’une étreinte

Comme un feu, dans notre ciel

Ciel, qui a pris la couleur sang

Le sang, que ce début de nuit boit

Il y avait ce début de nous ? Peut-être

Il y aura eu toi et moi, déjà

Le crépuscule et la nuit, déjà confondus

Nuages en bousculade

Nous baisse, comme la luminosité

Tu sais déjà, ce que tu m’as été ?

Tu sais déjà, homme au large maintenant

Au fil du temps, toi et moi

Toi et moi, a passé

Alors gardons en nous ces regards

Ceux, de la lune, de la nuit là-bas

Ceux, de toutes ces fois, de tous ces soirs

Doux regards, étreintes et espoirs

Un futur, qui ne doit plus s’espérer

Un futur alors, au goût d’autres espoirs

Futur au goût d’hier, gardons-en le meilleur

Chat noir, fais toi nuit, fais tes yeux à la nuit

Je partis, tu le sais, je pars, tu le savais

Tu sais déjà de mes je ne sais pas

De mes jolis pas dans le crépuscule

De ces joies qui partent dans la nuit

De ces voix de toi et moi, gardons

De ces fois qui brillèrent, dans les crépuscules

De ce toi et moi qui erre au loin, gardons

Gardons, les parts d’ombre

Partageons tout le reste

Qu’on parte dans je ne sais quel Ouest

Partageons, comme en une étreinte

Comme dans cette étreinte-là, qui s’espérait seul et unique

Une étreinte alors, à ce qui ne s’espérait qu’au présent

Souvenirs, comme des présences douces

Oublions, les présentes secousses

La vie dément ce qui était faux

La vie efface au loin ce qui était faux

Mais la vide garde le feu dans le sang

Le sang ne s’en vide pas, de ces fois-là

De ces fois-là, de ces feux-là

De ces fougues-là, de ces tendresses-là

De ces fous qui dans les bras se prennent

De ces fous-là qui, d’une étreinte, s’apprennent

Même quand tout s’est en allé

Même quand tout d’un coup ils se reprennent

Car tout dans ces feux est véritable

Jusqu’à cette étreinte qui au futur

Chat noir qui au futur, s’il le faut

Cette étreinte qui nous sera brasero

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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