A l’appel de como un pulso nuevo – version traduite
Ici dans les montagnes, tout est blanc
Et quand il monte en moi encore, ce rêve
Je me prends à rêver que je peux l’semer
Que toi et moi, ce temps je peux l’saigner
Toi et moi ou elle et toi, comme une pulsion
Tu es dans mon pouls, c’est réel
Et si tu passais, fantôme ?
Passe, passe, goût de mon passé
Passe, passe, bout de mon passé
Je veux pouvoir te bouder, de silence
De silence au loin, te soumettre
Te mettre à feu et à sang, fantôme
Que ces rêves en moi que j’amasse…
Que… comme une masse de neige
Que comme dans la neige, tu te confondes
Qu’au fond de ces montagnes, tu me laisses
Que blanc sur blanc, fantôme
Que dans le blanc, tu disparaisses
Je veux te voir plus comme… une rareté
Que tu fasses moins escale avec elle
Fantasma, au loin fantasme-moi si tu veux
Fantasme encore, dans le silence
Si l’on n’se revoit jamais, que moi je te reste
De comme me restent, tes mots de désir
De comme… nous voir comme deux îles
Je me souviens, mon fantôme
De ta force d’homme, que je sentis
Et de tes mots, comme me caressant
De tes mots caressant mon dos, mon corps
Caressant le dôme de mes pensées, mon esprit
Comme de pouvoir m’y blottir, chatte
Fantôme, poudreux encore de mots en moi
Fantôme, pouvoir, que j’ai encore sur toi
Comme dans le blanc de la poudreuse, qui m’est tout
Ce blanc qui m’étourdit
Quand de moi, tu voulais faire encore
De mon corps, comme des tours d’île
Mais tout est dit au loin, il distend ce mot
Et tu es digne au moins, en distance mon beau
Tout est vide ou blanc ici, nuit ou neige
Je t’aimerais vite oublié, fantôme
Mais dans le blanc, cette montagne
Je t’ai aux flancs comme une comète
Tu commets un acte de… présence
Fantôme et si tu te gommais tout entier ?
Dans le blanc, un acte de bonté
Disparais, veux-tu ?
Quand mes pas laissent ce bruit dans la neige
Je peux entendre comme un crépitement
Ou comme des bulles au dernier soir, dans nos verres
Et de mon rêve tu crépites, tu montes
Sous mes cils je te vois, feu
Nous crépitons comme de l’écume
Est-ce pour moi que tu reviens, dans la nuit ?
Dans la nuit ou le matin, dans la neige?
Me décocher ta présence, fantôme
Toi présence, souvenir
Ta présence, mon absence
Ou dans cette anse mince
Tout près dans la rade, avec son phare
Petite embouchure, qui se pare au soir
Au crépuscule, son petit nom félin
Petite anse, pleine d’écume
Petite once de ce que tu m’en racontas
Et ça mousse dans les vagues
Comme la mousse sous mes pas
Mais non, ce n’en est pas
Non, c’est seulement de la neige
Comme de la mousse, de l’écume
Comme une mousse où glisser
A la plage de novembre
Où tu ployas sous les vagues, pour moi
Toi et moi, joyaux dans la mousse
Toi à me pousser, dans les vagues
Le blanc de la mousse à la baie
Emulsion de toi et moi, dans le blanc
Tout est blanc ce matin, dans les montagnes
Tout est silence mais le souvenir me tient
Le souvenir il me serre, dans le vide
Une étreinte émoussée, dans le blanc
Emulsion de toi et moi, nos sexes essoufflés
Emulsion de toi et moi, au matin décuplés
Tes mains sur moi, mes mains sur toi
Une étreinte d’au moins toute la mousse du monde
Ultime nœud, ce jour-là, un monde décuplé
Ultime étreinte, presqu’un monde découplé
Sous des couleurs pôle, dans les montagnes
Tu repasses dans mes pensées, chat noir
Tu ressasses plus que moi, c’est certain
Quoique ce matin je n’en suis pas sûre
Dans les montagnes, c’est courageux de partir
Dans la montagne à se perdre dans le blanc
Je veux que ton fantôme se perde
Chat noir, je n’te veux même plus phare aux nuits
Phare, comme à la rade où tu aimais
Où tu aimes à courir, près du phare au drôle de nom
Nom de vagues, nombre de vagues le disent
Embouchure, petite
Jamais tu ne m’y emmenas, à la petite embouchure
Son phare, son pont, petite plage féline
Phare où tu vas, chat noir ?
Comme d’un jour qui se termine, ou naît
Au Minou, les vagues moussent sûrement
Comme la neige crisse sous mes pas
Au Minou, jamais tu ne m’emmenas
Mais au matin de novembre, si
Les vagues effacent les traces mais pas les souvenirs
Dans la neige mes pas seront retenus
L’hiver passe au long de deux contrées
Horizons, un d’océan, un de ces montagnes
Montagnes et refuges, d’indociles neiges
Toi peut-être, les yeux dans un refuge au loin
A l’Ouest quand on regarde, c’est vers demain
Mais moi, je sais à l’Ouest
Or, il se peut déjà tu appartiennes à mes hier
Mais mes yeux errent à l’Est à l’Ouest
Car dans le blanc, toute direction est neuve
Je ne pense déjà plus au neuf
De janvier, quand l’étreinte cessa
Quand ces sens-là se départirent
Mais ça ne se contrôle pas, de se souvenir
Je n’ai aucun contrôle sur le rêve d’où je le sens venir
D’où je sens venir et repartir, ces matins-là
Un peu du goût d’hier, comme de tendresse
Comme de tendre un instant, vers hier
Me souvenir, c’est un peu comme des acacias
Alors j’ai demandé aux montagnes de s’armer
De comme un manteau de neige, doux
Comme pour qu’à mon esprit, ça pique moins
L’acacia du souvenir ces matins-là
De cette manie qu’il a, ton fantôme
Des fois, des fois, de cligner comme un phare
Comme un phare qu’au loin à l’Ouest, jamais je n’ai vu
Mais en moi j’ai vu c’t’ombre, de toi
Homme, cette étreinte d’une ultime fois
Mais dans la neige, les vues bientôt
Je verrai seulement l’horizon, tout blanc
Quand le soleil opère et l’aura fait fondre
L’aura fait fuir, ton fantôme son ombre
Ombre qui dans la neige se dilue
Fantôme qui maintenant se dit lueur d’avant
Je reprends place en moi, j’avance dans la neige
J’avance, dans la joie et la neige qui m’empoignent
Et cette étreinte s’éloigne, dans mon dos
Ce n’est qu’un rêve, que le soleil fait fondre au jour
Seuls nous en savons le goût, écume
Et la montagne, de ses poumons blancs
Expire, inspire pour moi, ces moussons de pas
Comme une pluie, dans des montagnes d’hiver
Comme un ajout doux et avenant
J’avance dans ces montagnes, la joie la neige
Quand là mes pas n’ont plus le son des vagues
Quand mes pas sont des pulsions au blanc
Des impulsions blanches, un pouls nouveau
Que la montagne impulse en moi, ces matins-là
Et moi j’émane dans la neige, montagnes d’hiver
Qui m’emmènent en moi, impulsion nouvelle
Qui m’emmènent, en découvrirent la belle blancheur
Comme à l’appel enjôleur, de comme une vague
A l’appel de comme un pouls nouveau
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang
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