A l'appel de como un pulso nuevo - version traduite - A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

A l’appel de como un pulso nuevo – version traduite

Ici dans les montagnes, tout est blanc

Et quand il monte en moi encore, ce rêve

Je me prends à rêver que je peux l’semer

Que toi et moi, ce temps je peux l’saigner

Toi et moi ou elle et toi, comme une pulsion

Tu es dans mon pouls, c’est réel

Et si tu passais, fantôme ?

Passe, passe, goût de mon passé
Passe, passe, bout de mon passé

Je veux pouvoir te bouder, de silence

De silence au loin, te soumettre

Te mettre à feu et à sang, fantôme

Que ces rêves en moi que j’amasse…

Que… comme une masse de neige

Que comme dans la neige, tu te confondes

Qu’au fond de ces montagnes, tu me laisses

Que blanc sur blanc, fantôme

Que dans le blanc, tu disparaisses

Je veux te voir plus comme… une rareté

Que tu fasses moins escale avec elle

Fantasma, au loin fantasme-moi si tu veux

Fantasme encore, dans le silence

Si l’on n’se revoit jamais, que moi je te reste

De comme me restent, tes mots de désir

De comme… nous voir comme deux îles

Je me souviens, mon fantôme

De ta force d’homme, que je sentis

Et de tes mots, comme me caressant

De tes mots caressant mon dos, mon corps

Caressant le dôme de mes pensées, mon esprit

Comme de pouvoir m’y blottir, chatte

Fantôme, poudreux encore de mots en moi

Fantôme, pouvoir, que j’ai encore sur toi

Comme dans le blanc de la poudreuse, qui m’est tout

Ce blanc qui m’étourdit

Quand de moi, tu voulais faire encore

De mon corps, comme des tours d’île

Mais tout est dit au loin, il distend ce mot

Et tu es digne au moins, en distance mon beau

Tout est vide ou blanc ici, nuit ou neige

Je t’aimerais vite oublié, fantôme

Mais dans le blanc, cette montagne

Je t’ai aux flancs comme une comète

Tu commets un acte de… présence

Fantôme et si tu te gommais tout entier ?

Dans le blanc, un acte de bonté

Disparais, veux-tu ?

Quand mes pas laissent ce bruit dans la neige

Je peux entendre comme un crépitement

Ou comme des bulles au dernier soir, dans nos verres

Et de mon rêve tu crépites, tu montes

Sous mes cils je te vois, feu

Nous crépitons comme de l’écume

Est-ce pour moi que tu reviens, dans la nuit ?

Dans la nuit ou le matin, dans la neige?

Me décocher ta présence, fantôme

Toi présence, souvenir

Ta présence, mon absence

Ou dans cette anse mince

Tout près dans la rade, avec son phare

Petite embouchure, qui se pare au soir

Au crépuscule, son petit nom félin

Petite anse, pleine d’écume

Petite once de ce que tu m’en racontas

Et ça mousse dans les vagues

Comme la mousse sous mes pas

Mais non, ce n’en est pas

Non, c’est seulement de la neige

Comme de la mousse, de l’écume

Comme une mousse où glisser

A la plage de novembre

Où tu ployas sous les vagues, pour moi

Toi et moi, joyaux dans la mousse

Toi à me pousser, dans les vagues

Le blanc de la mousse à la baie

Emulsion de toi et moi, dans le blanc

Tout est blanc ce matin, dans les montagnes

Tout est silence mais le souvenir me tient

Le souvenir il me serre, dans le vide

Une étreinte émoussée, dans le blanc

Emulsion de toi et moi, nos sexes essoufflés

Emulsion de toi et moi, au matin décuplés

Tes mains sur moi, mes mains sur toi

Une étreinte d’au moins toute la mousse du monde

Ultime nœud, ce jour-là, un monde décuplé

Ultime étreinte, presqu’un monde découplé

Sous des couleurs pôle, dans les montagnes

Tu repasses dans mes pensées, chat noir

Tu ressasses plus que moi, c’est certain

Quoique ce matin je n’en suis pas sûre

Dans les montagnes, c’est courageux de partir

Dans la montagne à se perdre dans le blanc

Je veux que ton fantôme se perde

Chat noir, je n’te veux même plus phare aux nuits

Phare, comme à la rade où tu aimais

Où tu aimes à courir, près du phare au drôle de nom

Nom de vagues, nombre de vagues le disent

Embouchure, petite

Jamais tu ne m’y emmenas, à la petite embouchure

Son phare, son pont, petite plage féline

Phare où tu vas, chat noir ?

Comme d’un jour qui se termine, ou naît

Au Minou, les vagues moussent sûrement

Comme la neige crisse sous mes pas

Au Minou, jamais tu ne m’emmenas

Mais au matin de novembre, si

Les vagues effacent les traces mais pas les souvenirs

Dans la neige mes pas seront retenus

L’hiver passe au long de deux contrées

Horizons, un d’océan, un de ces montagnes

Montagnes et refuges, d’indociles neiges

Toi peut-être, les yeux dans un refuge au loin

A l’Ouest quand on regarde, c’est vers demain

Mais moi, je sais à l’Ouest

Or, il se peut déjà tu appartiennes à mes hier

Mais mes yeux errent à l’Est à l’Ouest

Car dans le blanc, toute direction est neuve

Je ne pense déjà plus au neuf

De janvier, quand l’étreinte cessa

Quand ces sens-là se départirent

Mais ça ne se contrôle pas, de se souvenir

Je n’ai aucun contrôle sur le rêve d’où je le sens venir

D’où je sens venir et repartir, ces matins-là

Un peu du goût d’hier, comme de tendresse

Comme de tendre un instant, vers hier

Me souvenir, c’est un peu comme des acacias

Alors j’ai demandé aux montagnes de s’armer

De comme un manteau de neige, doux

Comme pour qu’à mon esprit, ça pique moins

L’acacia du souvenir ces matins-là

De cette manie qu’il a, ton fantôme

Des fois, des fois, de cligner comme un phare

Comme un phare qu’au loin à l’Ouest, jamais je n’ai vu

Mais en moi j’ai vu c’t’ombre, de toi

Homme, cette étreinte d’une ultime fois

Mais dans la neige, les vues bientôt

Je verrai seulement l’horizon, tout blanc

Quand le soleil opère et l’aura fait fondre

L’aura fait fuir, ton fantôme son ombre

Ombre qui dans la neige se dilue

Fantôme qui maintenant se dit lueur d’avant

Je reprends place en moi, j’avance dans la neige

J’avance, dans la joie et la neige qui m’empoignent

Et cette étreinte s’éloigne, dans mon dos

Ce n’est qu’un rêve, que le soleil fait fondre au jour

Seuls nous en savons le goût, écume

Et la montagne, de ses poumons blancs

Expire, inspire pour moi, ces moussons de pas

Comme une pluie, dans des montagnes d’hiver

Comme un ajout doux et avenant

J’avance dans ces montagnes, la joie la neige

Quand là mes pas n’ont plus le son des vagues

Quand mes pas sont des pulsions au blanc

Des impulsions blanches, un pouls nouveau

Que la montagne impulse en moi, ces matins-là

Et moi j’émane dans la neige, montagnes d’hiver

Qui m’emmènent en moi, impulsion nouvelle

Qui m’emmènent, en découvrirent la belle blancheur

Comme à l’appel enjôleur, de comme une vague

A l’appel de comme un pouls nouveau

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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