Trois femmes de mai (II) – Déraison au sang sain

Fragment

 

Argentine, croqueuse pimpante.

Brésil vulnérable, l’âme au Sud.

Hongrie fragile, douce hésitante.

 

Argentine, qui tend à séduire.

Brésil quitté, liberté nouvelle.

Hongrie qui, tentée, s’en tient à luire.

 

Am’ Sud, tu m’entretiens de tes chants.

Âme Sud, j’écoute tes appeaux.

Occidorient écourtant le temps,

Mouvement cartographiant le Beau.

 

Am’ Sud, car tôt ou tard : mon retour.

Âme sud, car tout résonne à plein.

Occidorient, carte aux cent détours.

Mouvement, déraison au sang sain.

 

Une dame-sud fait chanter son âme un ton au-dessus d’elle-même. Comment ? En créant.

L’autre dame de là-bas se fait oratrice un ton en-dessous, pour raconter son âme déçue. Larme-Sud.

Tout autour, l’Occidorient nous accueille dans ses hameaux. Il y tinte jusqu’au dernier son de nous : ces voix, nos pas sur nos chemins, les appeaux et la poussière que soulèvent les fantômes en nous poursuivant. Le mien erre de la silhouette à volonté, il est entraîné par les airs d’une danse nouvelle.

Il fût un temps où Elle voulait danser, mon Am-Sud, la voilà servie. Et moi, moins asservi par ses envolées.

L’Occidorient, cela dit, on m’en vole une part.

Si j’hésite à la cueillir, à me coller contre son sein, non pas que « c’est tout ce qu’elle avait », mais plutôt ce qu’il n’y a plus : une part de Merci est ailleurs dans Budapest. Alors, je m’en tiens à faire sonner ce qu’elle me fait entendre d’Occidorient, puisque son âme est au Sud pour une autre personne, qui n’est pas même encore fantôme.

 

Véritable Europe, femmes d’Occidorient,

La Fosse aux étoiles, la dame en Mouvement.

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Vulnérabilistan

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