Larme-Sud (III) – Un pont en Occidorient

Fragment

 

Un pont construit en Occidorient,

Deux points-Mouvement, rue Kiraly,

Reliés par un état persistant,

 

Mâle imposé, jupitérien.

Félonne et agressive d’abord,

La vulnérabilité fait lien.

 

Abolissant orgueil et vanité,

On pâtit de ses paralysies.

Puis, d’amabilité, d’empathie,

Puisant en soi : un nouvel été.

 

Puissant érable, extrêmes terribles,

Poussant les pierres du puit de l’âme,

De racine à cime, écorce au crible,

Le cœur, vulnérable, cible l’âme.

 

La vulnérabilité est d’abord un état faisant monter haut le vénéneux. Les fièvres et redescentes vous exposent à des choses qui ne vous auraient, en temps normal, pas affecté le moins du monde.

Puis dans l’eau de ses larmes, l’Hâme[1], âme travestie et malade, purifie la sève en un onguent réparateur. Elle commence alors de se trouver, dans un nouvel éveil ; de percevoir ce qu’elle était auparavant incapable de voir.

La vulnérabilité est alors tantôt toujours destructrice, tantôt cette sève salvatrice. Mon Argentine chanterait amour et puit divin. J’écrirais ici vulnérabilité, appui divin, permettant le retour à l’amour : celui que l’on se voue à soi.

La vulnérabilité rapproche de l’acceptation, fille de la volonté, et éloigne de la résignation, harpe ne sachant jouer, pour toute partition, que celle de l’abandon. D’un extrême à l’autre, se départir, tel est l’effet de la vulnérabilité. Nouvelle donne, nouvelle répartition.

Madone aux chants lourds mais sincères, conjurant les sirènes sifflant des appeaux en chorales. Aller en soi, chercher plus loin encore : le trésor de Thaïs trouve un écho fraternel dans mes confins.

 

Gouffre de tristesse, forteresse peinée ?

Ou fosse à richesses ? Vulnérabilité.

 

 

[1] S’il y a l’Hamour pour l’Amour (Montherlant), il y a l’Hâme pour l’Âme.

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Vulnérabilistan

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires