Travail pour du sel

Je crois qu’ils ne comprennent plus

La logique du temps perdu, consacré

Puisqu’à leur temps, ils ont renoncé

Par contrats, scellé, cela au soutien d’une nécessité

Pâleur dense des jours où l’on s’enferme

Dans l’assurance de sécurités qui paraissent solides

Pardon, mais où est la saveur ici ?

Ça vous rentre dans la tête comme un calendrier

Savourez-vous les jours s’ils vous sont acquis, à acquérir ?

Peut-être seulement aux arrêts, ne croyez-vous pas

De par cette douce sensation qu’est resquiller

Puisqu’à dire non, se rendre, vous, ils, ont accepté de ne plus refuser

Et aussi de se plier à des formules de tant de trouvailles juridiques

Pour s’aménager une protection, un statut, un confort

Une servitude, même si le mot n’est pas dit

Et que ce paradigme n’est pas écrit ainsi

Mais qui osera dire qu’il est des heures où il n’est pas aigri

Dans ce paradis-guimauve, d’enquiller les décomptes

Sous mollesse ou énergie, sans choix, il faut dompter les semaines

Et pour cela je crois qu’ils ne comprennent plus

La logique du temps perdu, puisqu’il était perdu déjà

Puisqu’à leur temps ils ont renoncé par contrat

Que les minutes valent tant, ni plus ni moins

Qu’une seconde en vaut une autre, comme intangible

Alors que rien n’est plus faux, s’ils s’extraient du carcan

S’apercevant que le cadran défile ou freine, au gré des intensités, des forces

Des baisses, des fébrilités, regains … mais les aiguilles ! comme des épées sœurs pour eux

Ne percevant plus que sans limitation, l’épaisseur se majore, ou le creux

Et que la vie est un chemin plus vaporeux, plus dense

Que cette version-là qui a renoncé pour eux

Jean-Marie Loison-Mochon

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