Car je l’écrivis déjà

Tu me parlais de mer l’autre soir

De ce désir de faire un jour ce que tu n’as jamais fait

La voisiner, un peu comme aujourd’hui une voie lactée

Immensité si présente et si lointaine, habitable des yeux pourtant

Et je ne pourrais que te rejoindre, dans la véritable attraction que cet espace émet

La mer, et mille visages qui s’y déploient

Ce soir j’irai, la voir, lui caresser la côte

Je me demande quel est le rapport d’une femme à cette entité

Qui à moi m’est -banalement qui sait ?- terriblement féminine

Le trouble m’en secoue souvent, d’une beauté inquiétante car mystérieuse

Solitaire ténébreuse, sous vent ou sous rayons

Pour toi je lui regarderai la chevelure d’éclats, en cet endroit tout près d’une île

J’espère qu’un jour tu lui viendras, j’espère qu’un jour tu viendras

En cet endroit-là, où mille vies pour moi s’agglomèrent

Parfois d’à comme errer, d’autres à boîter, d’autres encore à voir des joies éclore

Il s’agit d’un décor à part, où j’ai dessiné cent parts de moi

Sur ce sentier qui creuse un sillon à ceux cultivant l’horizon

D’un désir, d’une ambition, d’une oisiveté

Quelque chose ici s’empare de moi, et je sais que ce soir cela se produira

Il n’est pas de chant, pas de sirène à même ici de me naufrager

De terre à terre, dans le trop concret d’une peine

Quand bien même les temps se croiseraient, je crois que je saurais me détourner

Je souris en me tournant vers ces heures qui viennent

Je m’imagine à te les dire, peut-être mieux qu’en images

Ce bord de mer est un paysage sonore, à l’Ouest

C’est un nord à mes souvenirs mais aussi à mes rivages d’envies

Superposition de tracés réels, jusqu’à ceux même que je n’ai pas encore caressés

Un jour, d’un autre endroit, j’ai parlé d’immatériel littoral

En soi ici, à perler d’encre, j’aimerais te partager les émanations

Passées, présentes, futures

J’aimerais que tu me montres un visage que je ne connais pas à ce lieu, d’un repérage inconnu

Sur ces portions de dunes et plages et criques

J’espère que tes yeux cligneront un jour dessus

Je ne connais pas de déçus ici, juste des intrigués, curieux

Sur ce trait d’union d’un territoire

Et j’irai ce soir, aux dernières heures de l’histoire de ce jour

Et sur la joue de cette immensité, j’apposerai une brise de foulées

Comme pour faire à la mer une bise, par toi donnée

Comme une introduction à un monde dont la vision m’est inconnue

Car je l’écrivis déjà, qu’il s’agirait d’un trait d’union

Jean-Marie Loison-Mochon

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