Ton souffle sur cette fleur
Au milieu des Andes et des sept lacs
¿La ruta… siete ? La route à mille lieux du monde
Et nos regards sans satiété
Au milieu des sept lacs, ici ou là arrêtés
Garés là dans mille reflets, comme si le ciel voulait s’y voir
Comme en de toutes petites flaques, apprêtées pour lui
Et une hauteur aérée, des forêts aux allures douces
Dans un regard comme accru, tu les dis mousse ou matelas
Toi et ta beauté de Buenos Aires
Ici perdus comment as-tu pu croire ?
Que la caresse de ces paysages pouvait…
Se croire indépendante de ton visage ?
De la caresse que je posais sur tes pentes
Au milieu des Andes et des sept lacs
Comment as-tu pu la croire moins fervente, pour une fleur ?
Je puisais en ces lieux des litres d’un fluide
Commençant du bout des doigts, par ce pissenlit
Quand toi, plus rapide qu’un rayon tu vins lui rappeler
Qu’il était vain d’être à moi, par cette puissance illisible
Un torrent et ses rapides crayonnaient les Andes
Et toi là, comme une puissance invisible
La prédation d’un souffle
Tu l’étoilas comme une poussière, prise pour cible
Mise au crible de ta soudaine jalousie
Soudée à nos deux regards, la fleur s’allégea
De ta vaine puissance invisible, la tige resta
Au bout de mes doigts, comme un dard de beauté
Dont je ne gardai que l’émoi, déjà soufflé
Dis-moi, pourquoi la jalousas-tu ?
Légère et grisante, là au bout de mes doigts
Au milieu des Andes et des sept lacs
A mille lieux de BA, c’est là que je ne saisis pas
Le sens illisible de ce souffle que tu lui fis
Amie seulement, cette fleur prit cette claque
C’eut été risible si elle n’était pas vivante
Si ce souffle n’avait pas étayé ta soudaine jalousie
Que sensible, je n’ai pas comprise
Car en ces lieux brillants nous étions seuls
Cette fleur et toi et moi, étoilions l’endroit
Et toi d’un rayon de vent, tu soufflas
Comme d’une vindicte inquiète ou apeurée
Que pour une fleur ici ou là, je puisse te quitter
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle