Ton souffle sur cette fleur - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Ton souffle sur cette fleur

Au milieu des Andes et des sept lacs

¿La ruta… siete ? La route à mille lieux du monde

Et nos regards sans satiété

Au milieu des sept lacs, ici ou là arrêtés

Garés là dans mille reflets, comme si le ciel voulait s’y voir

Comme en de toutes petites flaques, apprêtées pour lui

Et une hauteur aérée, des forêts aux allures douces

Dans un regard comme accru, tu les dis mousse ou matelas

Toi et ta beauté de Buenos Aires

Ici perdus comment as-tu pu croire ?

Que la caresse de ces paysages pouvait…

Se croire indépendante de ton visage ?

De la caresse que je posais sur tes pentes

Au milieu des Andes et des sept lacs

Comment as-tu pu la croire moins fervente, pour une fleur ?

Je puisais en ces lieux des litres d’un fluide

Commençant du bout des doigts, par ce pissenlit

Quand toi, plus rapide qu’un rayon tu vins lui rappeler

Qu’il était vain d’être à moi, par cette puissance illisible

Un torrent et ses rapides crayonnaient les Andes

Et toi là, comme une puissance invisible

La prédation d’un souffle

Tu l’étoilas comme une poussière, prise pour cible

Mise au crible de ta soudaine jalousie

Soudée à nos deux regards, la fleur s’allégea

De ta vaine puissance invisible, la tige resta

Au bout de mes doigts, comme un dard de beauté

Dont je ne gardai que l’émoi, déjà soufflé

Dis-moi, pourquoi la jalousas-tu ?

Légère et grisante, là au bout de mes doigts

Au milieu des Andes et des sept lacs

A mille lieux de BA, c’est là que je ne saisis pas

Le sens illisible de ce souffle que tu lui fis

Amie seulement, cette fleur prit cette claque

C’eut été risible si elle n’était pas vivante

Si ce souffle n’avait pas étayé ta soudaine jalousie

Que sensible, je n’ai pas comprise

Car en ces lieux brillants nous étions seuls

Cette fleur et toi et moi, étoilions l’endroit

Et toi d’un rayon de vent, tu soufflas

Comme d’une vindicte inquiète ou apeurée

Que pour une fleur ici ou là, je puisse te quitter

 

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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