Là où ta peur affleure - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Là où ta peur affleure

La nuit s’ouvre et tu ne sais plus

Par quelle fuite aller

De quelle fuite te couvrir

Il est normal de s’effriter quand vient la nuit

Ce sont tous les crachats du jour qui fissurent

La norme a le don de couvrir de honte et culpabilité

Ce sont des toux à l’âme, des brisures mesquines

Mais ce qui ne se dit pas c’est qu’elles…

C’est qu’à la nuit, les séquelles du jour cicatrisent

Cela ne se dit pas car les gens ne dormiraient plus

Ils se font des légendes de la nuit, dangereuse

D’un genre de monde parallèle, à fuir

Alors ils fuient, dans des rondes ensommeillées et vaporeuses

Mais c’est un jardin qu’ils fuient, d’incertitude

Alors ne fuis pas, toi, et fonde un regard nouveau

Fais un report de toi, à la bordure du temps

Que la norme en fonde comme sous une lave

Car à l’éveil la norme n’a plus de valeur

La lave est noire mais non dormante

L’or monte à l’heure où le soir disparaît

Or il transparaît que tu y es

Là, prêt à tutoyer la nuit

Prêt à tutoyer ce qui réside en toi

Peut-être y trouverais-tu des résidus de foi

Peut-être s’y couve-t-il bien plus

Ou peut-être rien de plus que ce qui pourrait

Ce que ta peur effleure, là où ta peur affleure

C’est que ton influx se doit d’aller

Du doigt, goûte la lave et ce fluide

Tout est là, à portée sans rien de futile

Dis-moi, qu’aurais-tu besoin d’objets ou de toit ?

Lourde est la porte et tu peines

Tu vitupères et ne comprends pas le sens

Mais vois-tu… peine encore

Car la désorientation dévoie, et n’a pas de corps

Le sens est une illusion

Seuls comptent tes sens en fusion

Et c’est en allant t’esseuler là où la nuit s’ouvre

Qu’à ces mots, ta puissance ne sera plus sourde

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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