Rien de suranné
Dans cette chambre tu le lis
Enrobée de draps couleur ambre
Comme un drapeau couvrant le nu de notre nuit
Ecoulant tes regards dans cet infini de lignes
Dans cette chambre tu l’élis
D’aucun le disent éculé, trop dense et même fini
Mais cet homme a les lignes voyageuses
Le lit d’or à chacun de tes yeux, les odeurs du pays
Cette somme, alegría pourvoyeuse
D’Argelia traversant les décennies
Jusqu’au travers de cent ans et plus
De ce nid qui est le mien, tu traverses la mer
Le seul aérien y est d’une averse de pensées
J’ai mis du temps à faire le lien
Entre lui, toi et votre Méditerranée
J’entrevois que tu luis de ses lignes
Et tu vois bien qu’elles n’ont rien de suranné
Entre voiles et marées de désir, on parle d’un pays
Ce pays-là dont tu me dévoilas un puits
Sans savoir encore que ce genre d’image, chez moi
Qu’au beau milieu du mirage qu’est mon corps, ce puits
Est un port ou une porte qui n’a pas de prix
Et tu lis encore, tu fausses compagnie à mon air rieur
La nourriture t’est restée, de ce pays-là
Terrestre ouverture, entrebâillée pour toi
En des restes de là-bas et quelques bâillements de midi
Dans ce nid dit magmatique, tu ensemences ta pensée
Tu sens ce manteau d’André, restituant ce Nord
Emblématique et curieuse, comme le désir
D’un genre de jardin tu émerges parfois des yeux
Des siens ou des tiens, d’essais de bord de mer
Au bord de moi tu reviens parfois
Dessiner le rien d’un baiser, de ces gestes qui font tout
Comme une fontaine à cet Ouest d’été
Comme un parfum de chaleur pas en reste
De ce que tu lis de cet homme, ce que ta faim chaloupe
De ce qui te lie à lui, à moi comme à la pâleur de l’aube
Délices qui se lisent désir, curieux et emblématique
Des îles de traits sur tes cent visages
Désignant l’attrait pour ce pays aux jardins en rivages
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle