Surajout
Dans cette ville comme en un monde, parallèle
Dans sa ville, même si elle n’est pas à elle
A elle ?
Allez, pourquoi illusionner ?
Dans ta ville à toi, même si elle est à d’autres
Elle est à de si lointaines silhouettes
Des passantes si ce n’est une, qui n’est pas le sujet
Car ici je suis sujet à ton sourire
Des pas sentis dans un parc, à un sourire
Et de passante à tout à coup un regard
Comme l’à-coup d’une et deux flèches, au bout d’un arc
Tout à coup plus tout à fait inconnus
Tu ne m’effraies pas mais nous jouons la retenue
De fois en fois, comme un fil au bout des flèches
On se retrouve, à la fois sereins, à la fois contenus
Aucun vide ne couve, on se sourit à plein
On se convoite sûrement, à se plaire sans le dire
Ce que je vois sincèrement, c’est une ride joyeuse
Je vois ce surajout, jeune et joyeux à tes fossettes
De fois en fois j’en suis le fil, sans tout à fait jouer au jeu
J’en ai le désir rageur, ton effet produit sa fièvre
De toi à moi, ce trait d’un surajout à ta fossette
Ce trait ajoute à ce désir que je retiens
De fois en fois pourtant je me limite à ta joue, m’abstiens
Pour toi cela nuit-il à nos va-et-vient de revoyures ?
De voir une même scène recommencer
Nos bras en lien mais un barrage que je maintiens
On se sème ici dans ta ville, on s’arroge des ailleurs
On s’arrange pour cheminer comme une torche
Je n’ai pas de rage à retenir mais fais durer le chemin
Je sais que le tien s’en va, j’attends qu’il revienne
Tu ne sais pas ce qu’il en va du mien, de mes ferveurs
Je n’hésite pas ce serait méfait, mais l’heure me dit d’attendre
Cécité sur ce qui brille, à tendre vers après
Dans ces sites de villes ou côtes je suis tenté
Par ce trait, surajout à ta fossette
Par, sur ta joue, dévier d’une lèvre ou deux
D’y prendre mon quart, oser te faire une vrille
Mais je ne veux pas briller pour peu, alors la retenue
A l’heure d’un autre jour, qui pourra scintiller mieux
De ce qu’à pile ou face, on pourra tout emporter
S’emporter à dévêtir et ta joue, et tes pensées, et ton sourire
A mettre à nu le désir, pleinement à portée
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle