Surajout - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Surajout

Dans cette ville comme en un monde, parallèle

Dans sa ville, même si elle n’est pas à elle

A elle ?

Allez, pourquoi illusionner ?

Dans ta ville à toi, même si elle est à d’autres

Elle est à de si lointaines silhouettes

Des passantes si ce n’est une, qui n’est pas le sujet

Car ici je suis sujet à ton sourire

Des pas sentis dans un parc, à un sourire

Et de passante à tout à coup un regard

Comme l’à-coup d’une et deux flèches, au bout d’un arc

Tout à coup plus tout à fait inconnus

Tu ne m’effraies pas mais nous jouons la retenue

De fois en fois, comme un fil au bout des flèches

On se retrouve, à la fois sereins, à la fois contenus

Aucun vide ne couve, on se sourit à plein

On se convoite sûrement, à se plaire sans le dire

Ce que je vois sincèrement, c’est une ride joyeuse

Je vois ce surajout, jeune et joyeux à tes fossettes

De fois en fois j’en suis le fil, sans tout à fait jouer au jeu

J’en ai le désir rageur, ton effet produit sa fièvre

De toi à moi, ce trait d’un surajout à ta fossette

Ce trait ajoute à ce désir que je retiens

De fois en fois pourtant je me limite à ta joue, m’abstiens

Pour toi cela nuit-il à nos va-et-vient de revoyures ?

De voir une même scène recommencer

Nos bras en lien mais un barrage que je maintiens

On se sème ici dans ta ville, on s’arroge des ailleurs

On s’arrange pour cheminer comme une torche

Je n’ai pas de rage à retenir mais fais durer le chemin

Je sais que le tien s’en va, j’attends qu’il revienne

Tu ne sais pas ce qu’il en va du mien, de mes ferveurs

Je n’hésite pas ce serait méfait, mais l’heure me dit d’attendre

Cécité sur ce qui brille, à tendre vers après

Dans ces sites de villes ou côtes je suis tenté

Par ce trait, surajout à ta fossette

Par, sur ta joue, dévier d’une lèvre ou deux

D’y prendre mon quart, oser te faire une vrille

Mais je ne veux pas briller pour peu, alors la retenue

A l’heure d’un autre jour, qui pourra scintiller mieux

De ce qu’à pile ou face, on pourra tout emporter

S’emporter à dévêtir et ta joue, et tes pensées, et ton sourire

A mettre à nu le désir, pleinement à portée

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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