Sur ma propre résonance
Quelles sont ces énergies étranges ?
Il y a quelques mois celle-ci, de comme une revenante
A commuer le silence et les peines entraînées
Par quelques lignes auxquelles on n’était plus accoutumés
Plus étrange cela dit, qu’elle fasse signe juste après toi, ta disparition
Ou la mienne, c’est selon ; ou de ma réapparition
Et la sienne, de ce long temps d’années passées
De retour ici dans ma ville, la voilà elle
Comme si après s’être longtemps damnés, elle avait perçu
Perception qui m’a surpris : que je sois ici, et que ton aura…
Ne soit pas dissipée mais à tout le moins, l’étau desserré
De ces rails de mots incompréhensibles, ceci :
Que dans les Andes voilà longtemps, nous partageâmes un sommet
De joie, de vitesse, de profondeur : un Cerro, comme on dit
Et commandité par mes souvenirs, je me redis ses mots
Qui parlaient des autres vies, non comme ésotérisme mais réalité
Une hypnose lui ayant révélé qu’en d’autres temps, d’autres formes
Qu’elle fût arbre avant d’être femme, et dans ces futaies
Nous en causâmes, de même qu’elle me parla d’une aïeule
Par là j’entends qu’il y a des parallèles entre elle toi et moi
Te connaissant ensuite, chamane aux perceptions accrues
A dos d’inconscient tu savais voir et m’enrobais de tes regards
Or elle, survint comme de nulle part à peine après
Que nous ne fûmes plus feu mais poussières de cendres dans la fumée
Je trouve curieux ces rapprochés
J’épouse hier et lui marie mes prochains présents
Et voilà qu’à peine ton absence constatée, un fantôme vient roder
Fureter dans mes abords, par numérique à des milliers de kilomètres
Comme si par nuées elle ou toi étiez capables d’émettre et saisir
Ce qui s’est démis, défait, ce qui s’est ouvert ; tournées :
Vers ma petite personne qui s’interroge seule, sur sa propre résonance
Comme si mes forces étaient un réseau dense
Parfois tu, parfois amoindri, parfois tumulte
Tu ne m’utilisas pas mais je fis mutinerie, pour nos raisons
Je nous mutilai soudain, et ce fantôme survint
Sans plus paraître depuis, et puis enfin : peu m’importe
Car si mon sang n’est pas devin, il a plu parfois d’appâts à apparitions
Sans que j’en sois devin mais parfois plus que supposées
Mélange de mysticisme et d’espérance, donnant éclat d’acuité
Comme celle de ta main à ma porte, dessinée par la Providence
Jean-Marie Loison-Mochon