Souterrain des allusions
Ici l’aube était ainsi
Voilà des mois j’écrivais qu’à de certaines dates
Il s’éteindrait un cycle, et à si peu !
De jours de ce pronostic, l’aube est ainsi
De ce qui se termine et renaît
De tout ça je n’ai rien déterminé, ni renié
La marguerite n’en est pas là, malgré les marques héritées
De ces coups du sort que l’on se mit
Des plaies cousues d’or mais lasses, amor
Ou du fil d’argent né des lunes qui nous traversèrent
Sans merci comme le cartel de Medellin
Et de l’astre je compte des quartiers : j’en fais des villes
Je m’imagine ce qui fût, ce qui n’a pas été, ce qui sera
Tout se fait diffus et fusionne à la fin
Dans ce que je mets des lignes à étirer
Comme l’écart terrible d’une ivresse redescendue
Avec ce qu’était notre réalité
Mêlasse des marais, puis hélas de paradis
Alité seul quand sous sommeil auprès de toi
A lire tes souffles, esseulé dans le volcanique
De mes troubles ascensionnels face à ce quota de jours
Cette quantité d’heures d’un quotidien pantouflard
Qui te tient par la misère, qui détient les secrets
De tes laves et ce qu’elles sécrètent de création
Je crayonne des affirmations mais plus fermement les questions
Dans ce firmament de cendres et projections
Sur des lits de magma il est à sacrifier
Tout ce qui pourrait s’apparenter à un putride sanctuaire
Tout ce qui pourrit nuirait aux scarifications
Des scories que nous nous fîmes, de lunaires ambitions
Car au fond je sais que tu erres, comme moi
Dans la très folle pensée que le monde est infidèle à ce qui est
Que l’ambre a des éclats, que le sentiment n’est d’aucune tactique
Il n’existe aucune tactique
Dans le lacunaire des canaux de l’inconscient
De leur reconstitution, quand j’en reviens de la chambre magmatique
En bris et ombrageux, sortant au soir dans l’obscurité
Vers ce qui est ostentatoire, et autant à toi qu’à nos éruptions ou envolées
Je fais ici irruption en volutes de syllabes
Et je scie la branche par une lame de fumée
Seule arme qui puisse dissiper l’étrangeté de ces feux
Ceux-là qui bruissent d’un surplus de passés : de présences
Appelant à l’aube ou à la résilience
Qui n’assouplissent rien de ce lien hurlant des terres
Qui brûlent ou subliment, dans des agrégats de nuit et d’antique
Comme nos esprits qui hantent ici ou là
Brièvement mais en fait durablement
Qui s’expriment d’élèvements et redescentes
A quasi sentir ce qui prédestine les lendemains
Puis à surestimer le pouvoir des laves ici présentes
De celles-là qui descendraient les pentes de ma main
Alors que de toutes ces fulgurances de futurs ensevelis
A songer bêtement qu’en aimant on se veut libres
Mes doigts, du magmatique des toiles tissées
Dans ces voiles d’aube ne présentent qu’un sens de vérité
Que je suis une voie d’ombre, écoutant un chant
Qui m’habite ou dont j’abrite la fusion
Comme un pantin des souterrains
Crépitant d’un poison me soutirant des illusions
Jean-Marie Loison-Mochon