A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Sous moi la poésie règne

Poésie que j’prêche,

A peine imbibé

Poésie que j’crache

Sur le biberon j’ai à peine lésiné

J’me rêve chat noir

Poésie que j’prêche

Poésie que j’crache

Tu t’caches en moi

La brèche en toi

On l’approche au loin

Poésie, poésie

D’ici la peau est si rêche

Sous moi la poésie règne

Saoul ? j’appose ici mon désir

Sous moi, sur toi, ta pose désinhibée

Ta posture qui m’désigne une baie

Ton ossature béante, ensanglantée

Mais ce sang versé ne t’fait pas sangloter

Car tu m’sens monter à tes versants éhontés

Comme un verlan à ton inconscient

A-t-on conscience qu’il y a volcan ?

A feu et à sang

Aphone et pourtant

Pour dans l’silence qu’ça raisonne

Nos peaux s’arraisonnent, dans ta posture

Nos flots s’assaisonnent, d’une sueur durable

Nos corps en foisonnent, pas d’imposture

Ton dos déraisonne, d’une humeur vulnérable

Mais dos à moi dis, à qui penses-tu ?

Mais dos à moi dis, à qui penses-tu ?

Quel est celui au fond

Quel est celui qui postule

Lequel est-ce, lui ou moi

Celui au fond de toi

Lequel est-ce, lui ou moi

Celui au fond de toi

Peut-être lui et moi

Peu d’êtres au fond d’soi

Fenêtre à cent miroirs

A feu et à sang

Aphone et absent

A feu et à sang

Au fond, si brûlant

A feu et à sang

Aphone et pourtant

A feu et pour toi

A sang nos pourtours

A feu et à sang

Nos sexes pour tout r’père

 

J’nous passe au crible mais j’crois

J’crois qu’c’est un abime, risible

J’crois qu’ça nous abime

J’sais pas c’qui t’anime, de dos

J’sais pas c’que tu t’imagines, de beau

Alors j’fais d’ces rimes pas terribles

J’crois qu’à tes reins j’fais que d’l’intérim

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires