Sous moi la poésie règne
Poésie que j’prêche,
A peine imbibé
Poésie que j’crache
Sur le biberon j’ai à peine lésiné
J’me rêve chat noir
Poésie que j’prêche
Poésie que j’crache
Tu t’caches en moi
La brèche en toi
On l’approche au loin
Poésie, poésie
D’ici la peau est si rêche
Sous moi la poésie règne
Saoul ? j’appose ici mon désir
Sous moi, sur toi, ta pose désinhibée
Ta posture qui m’désigne une baie
Ton ossature béante, ensanglantée
Mais ce sang versé ne t’fait pas sangloter
Car tu m’sens monter à tes versants éhontés
Comme un verlan à ton inconscient
A-t-on conscience qu’il y a volcan ?
A feu et à sang
Aphone et pourtant
Pour dans l’silence qu’ça raisonne
Nos peaux s’arraisonnent, dans ta posture
Nos flots s’assaisonnent, d’une sueur durable
Nos corps en foisonnent, pas d’imposture
Ton dos déraisonne, d’une humeur vulnérable
Mais dos à moi dis, à qui penses-tu ?
Mais dos à moi dis, à qui penses-tu ?
Quel est celui au fond
Quel est celui qui postule
Lequel est-ce, lui ou moi
Celui au fond de toi
Lequel est-ce, lui ou moi
Celui au fond de toi
Peut-être lui et moi
Peu d’êtres au fond d’soi
Fenêtre à cent miroirs
A feu et à sang
Aphone et absent
A feu et à sang
Au fond, si brûlant
A feu et à sang
Aphone et pourtant
A feu et pour toi
A sang nos pourtours
A feu et à sang
Nos sexes pour tout r’père
J’nous passe au crible mais j’crois
J’crois qu’c’est un abime, risible
J’crois qu’ça nous abime
J’sais pas c’qui t’anime, de dos
J’sais pas c’que tu t’imagines, de beau
Alors j’fais d’ces rimes pas terribles
J’crois qu’à tes reins j’fais que d’l’intérim
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang