J’aurais pas parié
Dans la froideur d’un décembre,
Dans ta chaleur indécente
Je prends sur toi
Tu prends sur moi
Que censure-t-on ici bas ?
Je penche sur toi
Tu m’prends en toi
Que susurre ton sang tout bas ?
Que du sûr y’a pas
Qu’on s’sentira, qu’tu t’sens tiraillée
A peu on s’consentira
A feu on s’consumera
Que susurre ton sang tout bas ?
Que du sûr y’a pas
Qu’on s’soutirera du beau
Qu’on s’consumera, débraillés
Sous moi j’te verrais bailler
Sous moi j’te verrais briller
A feu et à sang
Et la paille est ta peau,
Et là-bas y’a à s’t’ailler
Sa part ou tout court
Ça part et ton cou s’tend
Ton coup partira, étincelle
Tu éteins ces lieux déjà
C’est un lieu commun d’dire nous
C’est un lien comme mort de flou
Même si ma main à ton cou
Même si tes reins à ma merci
La fin du théorème, si proche
La fin du théorème s’approche
Comme une encoche au citadin
Citadelle qu’on amochera
Quand l’théorème on l’amorça
Et ça mord ça, pour sûr
Ça s’dira morsure ou fin
L’amorce ultime, étincelle : à ta main
Mon amarre s’arrime, avant demain
Et on r’part, sans repère
On répare rien, on s’repaît
De toi je pars, j’y reviens
De toi j’retiens, en moi j’prépare
J’me prépare à c’que toi, tu tires
Qu’à feu et à sang nos corps
Qu’à feu et à sang nos corps s’séparent
Et ils s’sépareront, j’parerai pas
En attendant j’me parerai, d’ton sang
Don d’feu, en se hâtant dans la nuit
Je m’attendais à tout mais pas à ça
Je n’me hâte en rien,
Je parerai rien
Même si j’aurais pas parié
Que ce coup partirait
Et ton coup partira
Tout comme toi
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang