A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

J’aurais pas parié

Dans la froideur d’un décembre,

Dans ta chaleur indécente

Je prends sur toi

Tu prends sur moi

Que censure-t-on ici bas ?

Je penche sur toi

Tu m’prends en toi

Que susurre ton sang tout bas ?

Que du sûr y’a pas

Qu’on s’sentira, qu’tu t’sens tiraillée

A peu on s’consentira

A feu on s’consumera

Que susurre ton sang tout bas ?

Que du sûr y’a pas

Qu’on s’soutirera du beau

Qu’on s’consumera, débraillés

Sous moi j’te verrais bailler

Sous moi j’te verrais briller

A feu et à sang

Et la paille est ta peau,

Et là-bas y’a à s’t’ailler

Sa part ou tout court

Ça part et ton cou s’tend

Ton coup partira, étincelle

Tu éteins ces lieux déjà

C’est un lieu commun d’dire nous

C’est un lien comme mort de flou

Même si ma main à ton cou

Même si tes reins à ma merci

La fin du théorème, si proche

La fin du théorème s’approche

Comme une encoche au citadin

Citadelle qu’on amochera

Quand l’théorème on l’amorça

Et ça mord ça, pour sûr

Ça s’dira morsure ou fin

L’amorce ultime, étincelle : à ta main

Mon amarre s’arrime, avant demain

Et on r’part, sans repère

On répare rien, on s’repaît

De toi je pars, j’y reviens

De toi j’retiens, en moi j’prépare

J’me prépare à c’que toi, tu tires

Qu’à feu et à sang nos corps

Qu’à feu et à sang nos corps s’séparent

Et ils s’sépareront, j’parerai pas

En attendant j’me parerai, d’ton sang

Don d’feu, en se hâtant dans la nuit

Je m’attendais à tout mais pas à ça

Je n’me hâte en rien,

Je parerai rien

Même si j’aurais pas parié

Que ce coup partirait

Et ton coup partira

Tout comme toi

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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