Parfois homme et femme s’ensorcellent - Jean-Marie Loison-Mochon

Si l’encre est un sortilège

Texte exclu de A feu et à sang

Si l’encre est un sortilège

Si l’cri s’en entend et s’écoute, en pays d’Providence

S’il crisse en moi, s’écoulant souple et léger

Qu’la sentence incante en autre chose

De c’puits en moi j’ferai sauter le liège alors

Bruissement d’libération, de forêts d’lave

De c’bruit en moi, j’voudrais revoir ce sourire

Ce sourire s’coudrait pour moi

Que c’sourire s’couse pour moi

Ses soupirs ensuite s’colleraient

S’colleraient contre moi

Et les soupapes des distances s’écroul’raient

Qu’les soupapes de distance s’écroulent, entre elle et moi

Qu’ces peuples en nous disent : il est temps

De distendre le magma, comme une pâte éruptive

De s’dire tendre, de s’tendre de sens

De s’tendre de sens, de vies enfin attentives

Tendres et attentives, déviant en confiance

En confiance, en désir, en deux vies s’émulsionnant

De l’une de l’autre s’émotionnant

De l’une de l’autre s’envisageant

Sous la lune ou l’autre lueur,

En vie et tout sauf sagement

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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