Ressourcer les reflets - Jean-Marie Loison-Mochon - Crépuscule d'un cycle

Ressourcer les reflets

En écho involontaire à E.R

 

Courir des rives de laves

De là, valser sur des coulées encore

Ecouler le temps à dériver au long de la côte

Dévaler le Sud, le temps de quelques à-côtés

Accolés dans l’idée du mouvement

L’île a calé nos cœurs sur le sien

Et au cœur de l’île nous allons

Quittons la ville et ses pages au goût de sable

Allons culminer au milieu de familles

De mines à mille lieux des plages

Venues s’humidifier de nuages tropicaux

On pique-nique là-haut, à mille ou plus

Deux mille yeux et plus sur un village

En contrebas, merveilleux à la rambarde

Et l’on repart sur des embardées de gorges

De virages ennuagés, qui dégorgent des plaines

On repart car pas d’ici, alors : au cœur

Pour entendre et sans pillage, l’hémicycle et son pouls

Le cœur biberonne son eau, ici ajourée

A jouer à aller, nous faisons mieux qu’essayer

Il n’y a pas de saison ici, pour se frayer une voie

Un sentier s’éparpille et mène en une chute

Silence ! On babille un cours

D’eau l’île s’emmène de ci, de là : percussions

Rien de triste ou belliqueux, du vert aqueux

Au cœur de l’île, un cœur du moins

Les embellis se dessinent en allant

Dans les cœurs, les circulaires refrains

On biberonne du paisible, on claironne du vert

Le frein n’est pas mis à la couleur

Du crépuscule qui environne

Puis viendra la pâleur après une palette de fruits

On hulule au dehors, à l’heure du noir

Un autre d’embellie ou de refrain

Aube aux abords des rêves

Et l’on dérive au rebord du lit

Reflets de l’aube ou de l’ombre

Qui au bord de la pénombre s’élisent

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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