Les cycles des volcans
Dans la Fournaise
L’enclos est effondré face Sud
Et qu’ont fait les troupeaux ?
En facéties de magma, ils ont forci, durci
Quelques pas, on fait route
Sur le sol durci on déroule nos foulées
On fait tout un tas de détours : aiguillés
Par ces confettis blancs en pointillés
L’enclos effondré, que fait-il le berger ?
Il avait fondé une hauteur, hébergé du feu
Y avait émergé de la fièvre insulaire
Car plus d’une île ainsi s’est forgée
Par plus d’une île je me suis efforcé
D’oublier, il est vrai sans jamais y parvenir
Que nous sommes fort similaires
A l’aube un feu sortant du sommeil
A midi l’air somme toute encore vaillant
Et similaire jusqu’au crépusculaire
Le cœur vibrant isolé comme une terre
Le corps si lunaire des éclats du temps
Les cycles des volcans sont éphémères
Et je me rends de temps en temps à l’idée
Que toute fin n’est jamais qu’interrogative ou subjective
Car si le corps feint, le cœur ne peut
Errer hagard et masquer sa fougue éruptive
Ainsi sort un fleuve, une île, une pensée captive
Car le cœur rive à l’œuvre présente
Comme une île hasardant sa chevelure de lave
Comme un baiser de feu à l’océan
Et c’est ainsi que nous caressons la fournaise
Que nous serpentons entre zébrures figées
En rien résidents, seulement passants
Sur cette autre mèche que l’île a érigée
Je souffle à la bougie et le feu me reprend
Le souffle se reprend et l’on bouge d’une lune au sommet
Je reprends de la fouge et des bonds
Je réponds aux nuages où guette un grondement
On ne regrette que les îles que l’on n’a pas fondées
En guettant de moins en moins celles effondrées
Car une île on en est une
Même inconstante et caressée de lacunes
Car c’est ainsi, cadencée, que se danse la joie
Cette opportune
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle