A partir de quelques mots
Quelques mots, puis contact établi
Te savoir il y a quelques mois, épanouie dans mes montagnes
Se savoir si proches, si loin
A quelques mots, à quelques routes :
Quelques lignes sur une carte
A quai descendre, au parc aller
Et quelque part, commencer
Quelques paroles, comme en sinuant sans mal
En signant ici, sans gager de rien
Gage est donné : s’adonner à se revoir
Désignant ici, des mots indicibles :
En disciples de la tendresse et de l’attente et du désir
Dissipés encore, ces quelques mots à dessiner
On dit si bien parfois, en disant si peu
On dissimule, en mots, ce que l’on sait pourtant si bien
On émulsionne ici ou là, dans ce qui est palpable
Pas de palabres, seuls quelques mots qui se frictionnent
Parfois l’on n’a pas l’art, mais est-ce à dire qu’on se questionne ?
Réponse en rien hâtive, mais négative
Non car en effet, là si vite on s’affectionne
Avec une carence lascive, qu’on omet
Mais omettre n’est-il pas déjà tentative ?
N’y a-t-il pas du jeu, à se revoir ?
De quelques mots nous mettant sur de tendres lignes
Un peu comme celle à ta joue, surajout à ton sourire
Sur la joue, plissure
Sur la joue, pris sur le fait : d’en sourire
Dans ce rien d’un trait je suis pris
Quelques mots : quelques traits, sur une plage à l’Ouest
En quête de quelques moments, de plus
Quelques mots de plus sur une page, des gestes
En tête une étreinte et plus
On teste un trait nouveau, quelques mots
Suspension de quelques points : deux, continents
Comptine entêtante pourtant : qu’on s’y reprenne à s’étreindre
Sous pulsion de quelques mots de plus
Sous l’impulsion d’une parenthèse, de plus
Puis la fusion des pouls : on part en des ailleurs
Les ailleurs d’une thèse à part, qu’est la nuit
Des appâts de lueurs, sur toi alunissent
Cette parenthèse nous met à part
De quelques mots dans les pores, la parenthèse se noue, se lie
On dévie dans le jour, un nous se délie
En deux vies et quelques mots, exerçant parenthèse
Puis les lignes peut-être grandiront
Et la parenthèse percera
Que diront ces pages alors ?
Ce que la braise en soufflera au feu
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle