Avoir une incidence
Dans des eaux cristallines
Ou d’autres, qu’une baie dessine
Et des sirènes emmurées dans leur cité
La voie la serine : elle est la nuit
Elle est la nuée d’un an, aiguisée, tranchante
La voilà sirène et qui appelle
La ? Nuit, qui règne ici tutélaire
Ici ? En moi, où tout a l’air ferveur
D’hier à tout à l’heure, à l’effort, au désir
La force du désir est d’irradier
Hier ou aujourd’hui : au jour, remédier
La voie, là sereine, est celle des eaux cristallines
Laissée là dans la pleine douceur du passé
Laissant la place à la couleur crépuscule
Car il se crée par ici, l’allure d’un futur
Le passé s’y récrée, le présent s’en nourrit
Sans présumer, le futur enchérit
En chairs et en désir, pour résumer
Ensemble à saisir, où transhumer
En ces îles d’instants, en césures au cours du temps
Je veux courir les courants, m’user dans les vagues
Je ne veux rien museler, sauf l’idée d’un mausolée
Je préfère les mots solaires, s’ils sont reflets
Si la lune en est replète et se répercute
Comme un uppercut de douceur, un à-coup de tendresse
Sur un surajout à sa bouche, en blancheur
Sur sa joue à l’embouchure des sourires
Je me fiche de durer je veux brûler
Mais je veux être une flamme caressante
Ce que trame la Providence, je n’en tiens pas les sens
Car l’essence t’apparaît quand incandescent
Je veux avoir une incidence, ici ou là en elle
Me sentir si dense, qu’à se voir on ne puisse redescendre
Car sous la lune aussi l’on plisse des yeux
Les crépuscules remplissent de ferveur et de flou
Pour abolir les empires du jour, qui méprisent de tôt
Je n’ai pas de prise sur le jour, mais sur la joie si
Et sur la joue je peux signer sans blesser
Avant qu’au jour solitaire, me blesser et saigner
Peu important le poids, ne pas s’y résigner
Dans la portance d’eaux cristallines, je veux baigner
Dans l’importance des étoiles qui s’alignent
Comme un port tant souhaité, une île si désirée
Ici ou là, en elle, sous l’été ou les trombes de vagues
Invisible houle, alliée tendre au crépuscule
Qui dans la nuit, fera voguer les ombres
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle