Avoir une incidence - Jean-Marie Loison-Mochon - Crépuscule d'un cycle

Avoir une incidence

Dans des eaux cristallines

Ou d’autres, qu’une baie dessine

Et des sirènes emmurées dans leur cité

La voie la serine : elle est la nuit

Elle est la nuée d’un an, aiguisée, tranchante

La voilà sirène et qui appelle

La ? Nuit, qui règne ici tutélaire

Ici ? En moi, où tout a l’air ferveur

D’hier à tout à l’heure, à l’effort, au désir

La force du désir est d’irradier

Hier ou aujourd’hui : au jour, remédier

La voie, là sereine, est celle des eaux cristallines

Laissée là dans la pleine douceur du passé

Laissant la place à la couleur crépuscule

Car il se crée par ici, l’allure d’un futur

Le passé s’y récrée, le présent s’en nourrit

Sans présumer, le futur enchérit

En chairs et en désir, pour résumer

Ensemble à saisir, où transhumer

En ces îles d’instants, en césures au cours du temps

Je veux courir les courants, m’user dans les vagues

Je ne veux rien museler, sauf l’idée d’un mausolée

Je préfère les mots solaires, s’ils sont reflets

Si la lune en est replète et se répercute

Comme un uppercut de douceur, un à-coup de tendresse

Sur un surajout à sa bouche, en blancheur

Sur sa joue à l’embouchure des sourires

Je me fiche de durer je veux brûler

Mais je veux être une flamme caressante

Ce que trame la Providence, je n’en tiens pas les sens

Car l’essence t’apparaît quand incandescent

Je veux avoir une incidence, ici ou là en elle

Me sentir si dense, qu’à se voir on ne puisse redescendre

Car sous la lune aussi l’on plisse des yeux

Les crépuscules remplissent de ferveur et de flou

Pour abolir les empires du jour, qui méprisent de tôt

Je n’ai pas de prise sur le jour, mais sur la joie si

Et sur la joue je peux signer sans blesser

Avant qu’au jour solitaire, me blesser et saigner

Peu important le poids, ne pas s’y résigner

Dans la portance d’eaux cristallines, je veux baigner

Dans l’importance des étoiles qui s’alignent

Comme un port tant souhaité, une île si désirée

Ici ou là, en elle, sous l’été ou les trombes de vagues

Invisible houle, alliée tendre au crépuscule

Qui dans la nuit, fera voguer les ombres

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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