Quimper 94+26

23 juin 2022

Me suivras-tu ?

Où tu voudras

Vraiment ?

Tant que tu m’aimeras

Le temps que tu m’aimeras

Couchés là, corps contre corps

L’étendue d’un futur, à même le sol du palier

Accord trouvé, dans un sel d’hiver

Don de nous qu’il n’y a pas eu bien à chercher

J’entends l’accordéon et le violon

Notre amour est entraînant, sans trémolo

Chantant l’accord de ces « je » qui deviennent « on »

Tu pars, on part

La part d’ombre des jeux

Ne la vois pas, alors on part

Là-bas des hauteurs et des fontaines

On y boit jusqu’à plus soif et sans peur

Les pavés d’allures mondaines

Nous les battons, d’un amour de ratures

Les pavillons levés, les ailes déployées

Nous nous battons, par amour des ratures ?

D’ébats en baie, nous allons

Glisser au soir sur des ballons de soleil

Nous déballons l’amour comme un cadeau quotidien

Nous dévalons le sel, car pas une larme ne vient

Aux dernières lueurs, nous sommes

Audierne hier ou ce soir : nous y serons

Nous y serrons nos cœurs, nos peaux noires de mer

Noires de soleil sous l’hystérie des lueurs

L’onde affleure, amour ou vague

Le mystère y est nôtre, une saveur

Te savoir là en bord de dune, en bord de plage

Tu es mon Nord, je suis l’envers

Je suis la lune comme je te suivrai

Nos phases s’étreignent, tes phrases m’atteignent

Je suis là, uni à nous sans emphase

Car à part nous rien n’est vrai

En face, un océan de possibles

L’eau s’étend, façonnant ces possibles

Au soir sur une place, s’asseoir sur le labeur

Le beurre et la vanille

La brillance de tes yeux

Tes yeux sont des sonneurs

A l’amour une glace

Des honneurs de vert, des heures données au vrai

Allumons des feux, à l’humeur de la colline

L’alcool inouï de tes yeux verts

Fontaine accolée, médecine que j’y lis

Nous nous dessinons de pleines lampées de vie

Les ampères pour seule destination

Nous descendons sur les pavés dans les cendres du jour

Pépinière de rayons, ruelle esseulée

En nous les nœuds se lient plus encore

L’amour se noue, de futurs affolés

Le corps d’îles affriolantes

Il était une fois, une fin ?

Non car encore nous nous voulons

L’île étaye les décors de mon été

Des îles sans corps étreignent ta pensée

Où est-ce enfin, que ton désir veut aller ?

L’île était une femme, une fin ?

Nos corps s’évitent ce déplaisir

Au port nous irons, ruer dans l’orient

Les cœurs encore, sont d’amour pavés

Nous pavons nos jours de sable, à l’anarchie des soirs

Les honneurs de ces mieux, les humeurs de tes yeux

Pépinière de rayons, qui happent les fardeaux

Appelez-la docteur ! D’hier ou demain nous pétillons

Répétition d’un gâteau sans fin, de verres sans un de trop

Au versant de l’amour, nous versons nos étreintes

Au versant de l’amour, nous verserons encore

De l’âme d’ici, nous relevons les teintes

Rythme entraînant, nous y levons des loin

Inarrêtable son, de nos pas sur la côte

Pas de leçon : plus d’extatique

Inévitable en toi, à tes côtés l’à-pic

Pas de côté ?

Non, que la musique continue !

Rythme entraînant, de la piquante vie

Ta lame use ma peau

En traînant dessus plus qu’il ne faut

Plutôt que de la refuser

Ma peau l’accueille en dessous, ta lame

Mon cuir la limera, elle s’usera

Je cueille ta peau d’en dessous les draps

J’effeuille ton flot, tes vagues scélérates

C’est le pacte ici et ton amour se grise

Il s’alimente en moi et moi je m’allume à nouveau

Nous pactisons des futurs dans nos tours et retours de flamme

Flamboyance d’été dans le sang des ratures

Flamboyance d’été, Hallali aux lourdeurs vaines

Là-bas l’île me livre l’ardeur de l’encre

La belle île, l’autre, enivre tes envies de vie pleine

Une vipère de blessure ne sut pas envenimer le libre

Elle empire, car tu veux donc tu vas

Tu vas donc tu veux, quitte à ne plus comprendre tes dires

Rythme entraînant, inévitable en toi

Quitte à ne plus savoir quoi dire, à cet été de libre

Rythme enseignant : « se libérer n’est rien… »

Quitte à ne plus savoir que lire, dans les délires de l’après

En saignant septembre, dans la prédation de l’après

L’art du sacrifice, l’accueillir ?

La vertu des îles est d’être loin

« … l’ardu c’est de savoir être libre » enfin

Comme un fruit enfoui dans l’arbre, une histoire à cueillir

Une figue à cueillir, dans un trop-plein de gourmandises

Les tremplins se multiplient, te figurant mille futurs

La fulgurance de tes brisants, je l’accueille

Quitte à nourrir l’écueil de tes espérances

Tes épées rentrent mais mon cuir est à nous

Rire alors, car mon âme est tannée

Tes espérances vont à nous

Tu venteras encore

Rythme entraînant, inévitable en toi

Tout est une histoire d’îles, de volcans enfouis

En fuite on pourrait aller, sans histoire

Mais l’ensuite n’aurait pas les honneurs d’une histoire

Le Nord te figure aussi des futurs

Figurants ou acteurs, comment nous veux-tu ?

Comme en nous va le futur, l’orient saura semer

Semis d’un bal, qu’on danse encore

Survécut-il en bord de port ?

Question tout sauf futile dans cette rue

Un port mène aux îles, le suivras-tu ?

Tout est une histoire d’îles

Il était une fois, l’île était une femme : me suis-tu ?

Me suivras-tu ?

Où tu voudras

Vraiment ?

Tant que tu m’aimeras

Le temps que tu m’aimeras

 

Sur fond d’un Quimper 94 de Tiersen

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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