La signature du silence
A la Lune, à l’unique laps
Non loin du Léman, j’ai l’une des plus belles lumières
Un hôtel de juin, de choix on s’en fout
Sans une loi pour m’élaborer un sens
Je me laisse aimanter par le rond
Le sang pris par le flou ? Prisme sans nuage
En mi mente, une rondeur à l’abordage
Piraterie lacustre ? Du grand lustre là-haut
Pimentée juste ce qu’il faut, d’une phase sans semblant
Sans lacune d’une seule, toutes assemblées
Il flotte là-haut, le faux air d’une éternité
J’alunis en regards, sur cette face esseulée
Mes yeux se font faussaires, de rondeurs répétées
S’allume ici mon sommeil hébété
Hôtel de juin, mi-cime mi-sans fond
Merveilleux front de mère, c’est leste une maternité
Autel déjouant le morose désert, d’un lit solitaire
Sous l’éclair de lune, des éclats sur le verre
La fenêtre s’est ouverte, il s’y lit le silence
La fenêtre et ses deux bras s’allient
Elle se lie à l’étreinte, de la grande endormie
Essais de brillance, reflets d’un corps au plus grand reflet
Hôtel déjouant le mot rose, fleur sans violence
Est-ce l’écho replet du passé ?
Sur les flots du lac, entendrais-je ton pas claquer ?
Les corps là-haut se liguent, en silence
Je n’entends pas ta voix ni ne te lis
Faussaire de paternité, de temps mal alignés
En tendant la main, j’espérais m’aliter dans tes mots
C’est moche, un espoir aux faux airs de fatalité
Ce petit rêve me pince, la rose aura fané
La face s’évincera, ton visage restera
Restes d’une aura, du sort volage que je me suis lancé
La peau largement baignée de Lune
Le pelage léché, comme d’une saignée de silence
A la Lune, à la mort !
Homme ! De silence c’est signé
A la Lune, à la mort !
D’un cycle en ce lieu
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle