Digitales - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Digitales

Dans un monde digital, pays à part

Pas de port ici, ni de grand Nord ni d’alpage

Forêts entourant d’autres forêts, toile à part

Pas de peur ici, seulement un grand pas puis un autre

Un autre tapage de verts et couleurs

Connexion de vergers sans l’ombre d’un cultivateur

Un autre monde digital, nous y entrons

Comme une sensation d’être observés

Au centre on prend ce chemin

En action, ces milliers de clochettes silencieuses

Son prenant, seulement, d’un vent à la page du printemps

Sa fin tend à venir, ses fleurs ne se vantent d’aucun avenir

Leur avenir est maintenant, tapage de vert et d’une couleur

Feintant l’immatériel du temps, elles effleurent le monde

Ces digitales y passeront, moins de temps même que des passereaux

Les paresseuses sourient, les plus joueuses pianotent dans nos yeux

Des jeux tels qu’elles y passeront toute leur vie

Elles dépenseront leur connexion à la terre

Nous ne vendrons pas leur ordonnée

Sur ce plan désordonné, le toxique est inconnu

Un connu qu’elles n’utilisent que le moment venu

Dans un monde digital en autolyse

Le cône humide de leurs clochettes devrait sonner

Rappeler que c’est ici que le monde s’irise

Les risées pour personne si ce n’est le vent

Leur monde digital est du vent

Ce monde digital nous fait une fleur,

Celle d’un rappel caressant

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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