Dans un monde digital, pays à part
Pas de port ici, ni de grand Nord ni d’alpage
Forêts entourant d’autres forêts, toile à part
Pas de peur ici, seulement un grand pas puis un autre
Un autre tapage de verts et couleurs
Connexion de vergers sans l’ombre d’un cultivateur
Un autre monde digital, nous y entrons
Comme une sensation d’être observés
Au centre on prend ce chemin
En action, ces milliers de clochettes silencieuses
Son prenant, seulement, d’un vent à la page du printemps
Sa fin tend à venir, ses fleurs ne se vantent d’aucun avenir
Leur avenir est maintenant, tapage de vert et d’une couleur
Feintant l’immatériel du temps, elles effleurent le monde
Ces digitales y passeront, moins de temps même que des passereaux
Les paresseuses sourient, les plus joueuses pianotent dans nos yeux
Des jeux tels qu’elles y passeront toute leur vie
Elles dépenseront leur connexion à la terre
Nous ne vendrons pas leur ordonnée
Sur ce plan désordonné, le toxique est inconnu
Un connu qu’elles n’utilisent que le moment venu
Dans un monde digital en autolyse
Le cône humide de leurs clochettes devrait sonner
Rappeler que c’est ici que le monde s’irise
Les risées pour personne si ce n’est le vent
Leur monde digital est du vent
Ce monde digital nous fait une fleur,
Celle d’un rappel caressant
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle