Qu’au passé
C’est ce jour de juillet
Ce jour où juillet n’est pas un mois, mais toi
Qu’il se dirait plutôt Julio avec a
Je pourrais me faire du mal
Mais n’y a-t-il pas de la magie à ce que tu me restes ainsi ?
Au bout de l’Ouest où le sort de ton image me poursuit
Toi tout à l’Est, à l’aise sûrement depuis
Au bout de mes gestes qui n’ont plus même une image à te dire
Ou à redire de cette histoire dont je nous ai délesté
Tout seul je me suis plumé
C’est illusoire de l’écrire encore mais je l’écris
Je n’ai plus mes sens pour te redessiner
Je ne t’écrirai pas, je n’écris qu’aux regrets
Je n’ai plus mal, plus vraiment
Je m’escrime avec de mêmes songes
Jusqu’à me demander parfois
Si je ne m’inspire pas le parfum du mensonge
Mais non : je respire pur
Le parfait ne nous ronge qu’au passé
Car le présent est une opacité
A part faire des rêves je n’y songe plus trop
Pourtant ce jour comment ne pas le citer ?
En pare-feu je suis parti, m’éponger la dépendance
Dans cette cité d’Argentine
Dont la répartie m’a sifflé : indépendance
Comment ma cécité a-t-elle pu me guider ici ?
Là-bas à B.A. où la patrie se fête un 9
Coma, je m’y fais un nœud, un garrot
Comme à dire que cette partie est perdue
Le 9 n’est qu’un jour mais gare au sort qui perdure
Je me nargue encore quand il s’écrit
Quand l’œuf éclot du calendrier
Ton reflet éclate comme une fumée grise
Que mes yeux clos ont du talent pour façonner
Façon de remuer le cendrier
Crépuscule d’un cycle
Jean-Marie Loison-Mochon