Le vent du soir balaie
A l’aile de la plage un horizon
A l’autre bout de la page, la baie
A l’élan des lueurs répond le vent
A l’eau bout la rageuse fin
Et lentement là-haut, douce
La tapageuse transparence enfin
Elan tenant de la blancheur maintenant
L’étape est à la danse des vêtements
Pour les gens du jour ayant tenu la main au soir
Etale un océan s’ensemence de la venue
Un autre s’étoilera séance tenante
Maintenant dis-moi, qui étais-tu ?
Toi qui manques, éparse comme une absence
Ta main tenait nos joies
Comme un banquet : parcimonieux jamais
Moi je maintenais l’harmonie
Comme au quai du départ toujours
A la mer, tu meurs d’acrimonie
Comme au clair d’un crépuscule encore jeu
Et l’amertume heureuse d’y être engloutie
D’une traite plus rien, qu’un trait d’horizon
L’enclume lumineuse a sombré
Lune traitant la liaison
L’humeur brumeuse d’un sable
D’un sable que le vent du soir balaie
Et l’histoire baille comme une vague écumeuse
La baguette du soir ridiculise l’humeur
Maléfice qu’est l’hystérie de l’homme
La bague était lourde et s’enlisait
Comme un édifice coulé car désuet
Sous des huées de vent ton jour s’en va
Sous les buées rosies j’irai
Dans ces yeux irisés de nuit, de moi
Dans les cieux électrisés des fuites
Des défuntes heures affectant la haute pâleur
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle