Passer plus de temps

«Pasar más tiempo conmigo»

« Passer plus de temps… » crois-moi

Je ne cherche pas à te semer des coups, du piquant

Tu l’écrivis seule avec la page « … avec moi-même »

Je n’ai dépêché aucune sentence, je ne te condamne pas

Ce fond d’âme qui me reste ou qui résista au chaos

Te l’écrit aussi, alourdi de ce péché d’être parti

Je ne veux pas insister sur cette solitude, que j’espère fertile…

Que tu cultives ta tristesse ou pratiques une apolitique à mon nom

En mes nombreux visages que tu gardes, pour en faire terre brûlée

Sache que moi aussi j’aimerais, travailler une croissance

Des semis de peine, des grains de déception : faire

Que le monde soit différent ; moins futile, moins absent

Tout ça est si abscond, sauf à dire

Qu’aujourd’hui est un pays sans toi

Et que paysan pour des étoiles de poésie à faire croître

Je crois très sincèrement que moi aussi, j’aimerais en être

Quand avec toi-même tu communies, sans sacrement

Et secrètement, j’ai comme une idée ici

Que loin de l’hydre que tout ça nous fût

Que tout ça fume de braises et que sous vaudou et autres magies

Tu voles de ces cendres par les vents, partante

Par virulence et pardon et survivance et parts d’ombres :

Par résilience tu survoles ce distant sillage mien

Qu’est l’horizon et que nous revenions à un enfantillage :

De jouer sérieusement, à passer plus de temps

Avec toi-même et moi avec

Par le vecteur de semis nouveaux, nus, pacifiés

Non par la lame, de tout disséquer

Mais par des signaux de fumée disant habemus

Que nous ayons par là l’âme, de tout dissiper

Jean-Marie Loison-Mochon

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